Le Pocky Day, ou « Pocky & Pretz no hi » (ポッキー&プリッツの日), est la journée des biscuits Pocky et Pretz, fêtée au Japon chaque 11 novembre. La date a été choisie pour sa forme : quatre bâtonnets alignés dessinent « 1111 ». Lancée en 1999 par le fabricant Ezaki Glico, cette fête commerciale est devenue un vrai rendez-vous, des cours de récréation japonaises jusqu’aux réseaux sociaux du monde entier.
Pendant qu’en France le 11 novembre rime avec cérémonies et monuments aux morts, les Japonais s’échangent des boîtes de biscuits au chocolat et inondent X de photos de bâtonnets alignés. Derrière ce jeu de chiffres se cache l’histoire d’un des biscuits les plus célèbres de la planète, que vous connaissez sans doute sous un autre nom. Nous vous racontons l’origine de cette journée, l’histoire du Pocky, son lien avec nos Mikado, le fameux « Pocky game » et la façon de fêter le 11/11 à la japonaise.
Mis à jour le 8 novembre 2026.
Pourquoi le 11 novembre est-il le jour des Pocky ?
L’idée est purement visuelle. Un Pocky ou un Pretz, c’est un trait vertical, donc un « 1 ». Posez-en quatre côte à côte et vous obtenez 11/11, soit le 11 novembre. Ezaki Glico, le fabricant d’Ōsaka qui produit les deux biscuits, a déposé cette date auprès de l’Association japonaise des journées commémoratives (Nihon Kinenbi Kyōkai), qui l’a officiellement enregistrée en 1999. Ce n’est pas un jour férié, mais c’est devenu l’une des journées commerciales les plus connues du pays.

L’année n’a pas été choisie au hasard non plus. Au Japon, on compte encore les années selon l’ère de l’empereur (nous l’expliquons dans notre article sur les ères et empereurs japonais), et 1999 correspondait à l’an 11 de l’ère Heisei. Le tout premier Pocky Day a donc eu lieu le « 11/11/11 » du calendrier japonais. Difficile de rêver meilleure date pour lancer une tradition fondée sur le chiffre 1.
Le Japon adore ces journées nées d’un jeu de chiffres ou de mots, qu’on appelle des kinenbi. Le 22 février est la journée du chat parce que « 2 » se dit ni, ce qui rappelle le miaulement japonais nyan, comme nous le racontons à propos de la journée des chats. Le 29 de chaque mois est le jour de la viande, car 2-9 se lit ni-ku, « viande ». Il existe des centaines de journées de ce genre, souvent lancées par des marques, mais aucune n’a connu un succès comparable à celle des Pocky.
Comment les Japonais fêtent le Pocky Day
Le Pocky Day n’a rien de traditionnel, mais il est devenu un vrai moment de partage. Le geste le plus courant consiste à offrir une boîte de Pocky à ses amis, à ses collègues ou à ses camarades de classe, un peu comme on distribue des chocolats à la Saint-Valentin. On ouvre la boîte au bureau ou au lycée et chacun se sert. Le slogan de la marque, Share happiness! (« partagez le bonheur »), résume bien l’esprit de la journée, qui n’a pas de connotation amoureuse obligatoire.
Dès la fin octobre, les supermarchés et les konbini se mettent en rouge. Des présentoirs entiers sont consacrés aux Pocky et aux Pretz, avec des éditions limitées, des boîtes géantes et des emballages collectors. Glico organise chaque année une grande campagne : jeux concours, collaborations avec des artistes, des chanteurs ou des personnages d’anime, événements dans les rues de Tōkyō. Le 11 novembre lui-même, les réseaux sociaux se remplissent de photos de bâtonnets alignés en « 11/11 », de dessins de fans et de vidéos de « Pocky game ».
Cette ferveur numérique a même valu à la marque une place dans le Livre Guinness des records. En 2012, Glico invite les internautes à tweeter le mot « Pocky » le 11 novembre et bat le record du nom de marque le plus cité sur Twitter en 24 heures, avec 1 843 733 mentions, devant l’iPhone 5. L’année suivante, la marque recommence et pulvérise son propre record avec 3 710 044 mentions le 11 novembre 2013. Ce chiffre est resté une référence chez tous ceux qui organisent des campagnes sur les réseaux sociaux.
L’histoire du Pocky, de la « Chocotec » au biscuit le plus célèbre du Japon
Tout commence avec un autre biscuit. En 1963, Ezaki Glico lance le Pretz, un bâtonnet salé inspiré du bretzel allemand, d’où son nom. Le succès est immédiat et donne une idée aux équipes de la marque : pourquoi ne pas tremper ce bâtonnet dans du chocolat ? Trois ans plus tard, en 1966, Glico présente ce qu’elle appelle « la première friandise au chocolat en forme de bâtonnet ». Pendant les tests, le produit s’appelle Chocotec, parce qu’on peut le manger en marchant, teku teku étant l’onomatopée japonaise du bruit des pas.

Le nom définitif, « Pocky », vient de pokkin (ポッキン), le petit bruit sec d’un bâtonnet qui se casse sous la dent. Le biscuit sort d’abord dans la région d’Ōsaka, Kyōto et Kōbe en 1967, puis dans tout le Japon en 1968. Son idée de génie tient en un centimètre : le bout du bâtonnet n’est pas enrobé. Cette petite poignée permet de manger du chocolat sans se salir les doigts, même en plein été, et elle est devenue la signature du Pocky. Elle est d’ailleurs si reconnaissable qu’en 2025, la forme du biscuit a été enregistrée comme marque tridimensionnelle au Japon.
Au fil des décennies, le Pocky s’est décliné en centaines de versions : fraise, amandes, matcha, version « ultra-fine », éditions régionales vendues seulement dans certaines villes, parfums de saison au marron ou à la patate douce. Il est aujourd’hui vendu dans une trentaine de pays et de régions. Dès 2015, Glico annonçait plus de 10 milliards de boîtes vendues dans le monde depuis sa création, et environ 500 millions de boîtes par an.
Pocky et Mikado : le même biscuit ?
Oui, le Mikado est la version européenne du Pocky. En 1982, Glico s’associe avec le groupe français Générale Biscuit, la maison de LU, pour fabriquer son biscuit en Europe dans une usine de Cestas, près de Bordeaux. Pour le marché européen, on choisit un nom plus parlant pour le public local : Mikado, en référence au jeu de bâtonnets du même nom. Le biscuit est aujourd’hui produit sous licence par Mondelēz International, propriétaire de LU, et vendu sous ce nom dans une grande partie de l’Europe.

Les deux produits restent proches sans être identiques. Les recettes varient selon les marchés, et le Pocky japonais propose une gamme de saveurs bien plus large que nos Mikado. Si vous voulez goûter les vrais, vous les trouverez en France dans les épiceries asiatiques, dans le rayon du monde de certaines grandes surfaces et dans les boutiques de produits japonais. Au Japon, les 100 yen shops et les konbini en vendent toute l’année, mais novembre reste le meilleur moment pour dénicher des éditions limitées.
Le « Pocky game », star des anime et des réseaux sociaux
Impossible de parler du Pocky sans évoquer le Pocky game (ポッキーゲーム). La règle est simple : deux personnes croquent chacune une extrémité du même bâtonnet et avancent bouchée après bouchée. Le premier qui lâche ou détourne la tête a perdu, et si personne ne recule, les lèvres finissent par se rencontrer. C’est à l’origine un jeu de soirée, très populaire pendant les gōkon, ces dîners de rencontre entre deux groupes d’amis où l’on cherche à briser la glace.
Le jeu est devenu un grand classique de la culture otaku. On le retrouve dans les comédies romantiques, dans les vidéos de cosplay et surtout dans les illustrations de fans qui mettent en scène leurs couples préférés. Chaque 11 novembre, des milliers de dessins de personnages d’anime en plein Pocky game fleurissent sur les réseaux sociaux. Plus largement, le Pocky est l’une des friandises que l’on voit le plus souvent dans les anime et les mangas : c’est le goûter typique des lycéens japonais, au même titre que les onigiri achetés au konbini à la sortie des cours.
Le 11/11 ailleurs en Asie, et comment le fêter chez vous
Le Japon n’est pas le seul pays d’Asie à avoir fait du 11 novembre une fête des bâtonnets. En Corée du Sud, c’est le Pepero Day, du nom d’un biscuit très proche fabriqué par Lotte. Les Coréens s’y échangent des boîtes entre amis et surtout entre amoureux, une tradition qui apparaît dans la presse dès 1996 et qui est devenue énorme. En Chine, le 11/11 est la « fête des célibataires » (Guanggun jie), parce que les quatre « 1 » évoquent des personnes seules : c’est aujourd’hui la plus grande journée de soldes en ligne au monde. Au Japon, la journée reste plus légère, tournée vers le partage plutôt que vers l’amour ou le shopping.

Pour fêter le Pocky Day en France, le plus simple est de faire comme les Japonais : glissez une boîte de Pocky ou de Mikado dans votre sac et partagez-la avec vos collègues ou vos amis, avec un petit « Pokkī no hi omedetō ! », « joyeux jour des Pocky ! ». C’est aussi l’occasion d’organiser une dégustation de saveurs introuvables dans nos supermarchés, matcha, fraise, amandes ou éditions limitées venues du Japon. Prenez la photo du jour, quatre bâtonnets alignés pour former « 11/11 », et partagez-la avec le mot-clé #PockyDay. Quant au Pocky game, nous vous laissons juges du moment opportun.
Questions fréquentes sur le Pocky Day
Quand est le Pocky Day ?
Chaque 11 novembre. En 2026, il tombe un mercredi.
Pourquoi le Pocky Day est-il le 11 novembre ?
Parce que quatre bâtonnets de Pocky ou de Pretz posés côte à côte forment le nombre 1111, soit le 11/11.
Le Pocky Day est-il un jour férié au Japon ?
Non. C’est une journée commerciale créée par Ezaki Glico en 1999 et enregistrée par l’Association japonaise des journées commémoratives.
Le Pocky et le Mikado, c’est la même chose ?
Oui, Mikado est le nom européen du Pocky depuis 1982, fabriqué sous licence de Glico. Les recettes et les parfums varient selon les pays.
Que veut dire « Pocky » ?
Le nom vient de pokkin, l’onomatopée japonaise du bruit d’un bâtonnet qui se casse.
Sources
- Ezaki Glico, histoire de la marque Pocky (site officiel) et brochure de marque.
- Guinness World Records, Most mentions of a brand name on Twitter in 24 hours.
- Glico, histoire du développement en Europe (Générale Biscuit Glico France, 1982).
- Kōbe Shimbun, anecdotes sur l’histoire du Pocky (novembre 2021).
- The Korea Times, histoire du Pepero Day (novembre 2024).
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