100-yen-shop

Le 100 yen shop (100円ショップ, Hyaku en Shop ou 百均, Hyakkin) est un type de commerce abordable au Japon qui vend toutes sortes de marchandises pour 100 yens, soit environ 70 centimes d’euros. Le tarif des articles n’inclut pas la taxe à la consommation qu’il faut rajouter au moment de régler les courses (quelques dizaines de yens supplémentaires). Ce petit magasin propose un large choix de produits : vaisselle, nourriture, ustensiles de cuisine, outils de bricolage, de jardinage, papeterie, etc.

Les différentes chaînes de boutiques se livrent une compétition féroce sur le marché. De nouveaux articles sortent chaque mois et les Japonais apprécient y faire un passage. Ces modestes boutiques commercialisent des biens bon marché et de bonnes qualités pour se tenir la vie quotidienne des personnes. Le processus de sélection des marchandises est relativement sévère.

Histoire

Au Japon, le concept d’un commerce qui distribue des produits à un prix uniformément bas remonte à la période Edo. On trouvait plusieurs échoppes qui écoulaient des articles à 19 mon, puis à 38 mon. Ils étaient très populaires parmi toutes les classes sociales. À l’époque Meiji, la notion s’est ensuite étendue aux magasins de vêtements et de nourriture. On identifiait déjà de nombreuses boutiques qui ne vendaient que des articles à 1 yen (la valeur était différente).

En 1926, le magasin Takashimaya à Osaka inaugure un emplacement « 10 sen » (l’équivalent de 100 yens) à titre d’essai. L’accueil est enthousiasmant pour les propriétaires qui décident de généraliser le concept. Le commerce de la gare de Nankai est temporairement aménagé en 1930. Le sous-sol et une partie du 2e étage sont transformés en « coin 10 sen ». L’ambition est d’exploiter les boutiques existantes pour observer la réaction des clients. Ces magasins vendaient essentiellement des uniformes et du textile. Ils étaient ouverts jusqu’à 21 heures ou 22 heures. L’exigence de base était qu’ils devaient se trouver accessibles à pied ou en véhicule dans un rayon de 20 minutes des principales zones d’habitation. Les propriétaires employaient des femmes, des « shop girls », une tendance à la mode à l’époque.

On commence à constater dans les années 1960 une méthode de distribution uniforme à bas prix. Mais à cette époque, elle était limitée à une période d’environ une semaine en tant que phénomène dans les supermarchés et les grands commerces. C’était la vente d’événements spéciaux (催事販売).

daiso

Le véritable lancement de la boutique à 100 yens contemporains remonte à 1985 avec un premier commerce ouvert à Kasugai dans la préfecture d’Aichi. Il se nomme littéralement magasin à 100 yens (100円ショップ). Les débuts sont difficiles et le succès n’est pas au rendez-vous. Mais avec la récession amorcée dans les années 1990, ce type d’enseignes gagne en popularité.

Finalement, ce modèle inspire Hirotake Yano, le fondateur de Daiso Industries. Le premier magasin de la chaîne Daiso est inauguré en 1991. Yano s’attache à perfectionner la qualité des produits. En effet, les consommateurs considérent que des articles aussi abordables ne peuvent qu’être médiocres. Les efforts du fondateur de l’entreprise Daiso sont rapidement récompensés lorsqu’il conquiert la confiance de nombreux clients. Des dizaines de commerces ouvrent chaque mois (entre 20 et 30 de moyenne dans les années 2010) si bien qu’il en existe plus de 2800 pour la seule marque Daiso. Le plus imposant est celui du quartier Harajuku à Tokyo, qui s’étend sur 4 étages et plus de 980 m².

Au fil des années 90 et 2000, les fabricants reconnaissent ce type d’établissement comme un nouveau canal de vente viable. Avec le marasme et la déflation qui ont suivi l’éclatement de la bulle économique dans la fin des années 1990, nombre de boutiques ont augmenté aussitôt. C’était l’une des seules industries de croissance pendant l’ère de la récession. Les années 2000 voient aussi l’éclosion du format de magasins de proximité de produits frais à 100 yens, surtout concentrés sur l’alimentation. C’est ainsi que les commerces Shop99 commencent à surgir à partir de 1996. Ils sont aujourd’hui absorbés par Lawson avec ses Store100.

Principales chaînes

Au Japon, le marché des magasins à 100 yens est dominé par 4 principales chaînes : Daiso, Seria, Watts et Can Do. Elles comptent plus de 5500 commerces répartis aux 4 coins de l’archipel en 2012. Un nouveau concept d’échoppe à 99 yens voit le jour à partir de 2010. Il s’agit en réalité d’une variante des boutiques à 100 yens. Daiei entend aller plus loin et ouvre régulièrement des aires à 88 yens.

Daiso (ザ・ダイソー)

Entreprise fondée en 1997 sous le nom de Daiso Sangyo. Elle compte plus de 3300 magasins au Japon et 2000 à l'étranger dans 26 pays. Il possède le plus grand nombre de boutiques au Japon. Environ 80 % des articles sont couverts par sa propre marque.

Seria (セリア)

Entreprise fondée en 1987. Elle abrite plus de 1500 magasins au Japon et la plupart de ses articles sont "Made in Japan". Les établissements sont particulièrement appréciés des femmes pour leur atmosphère détendue et des couleurs calmes. Le nom n'a pas été choisi au hasard, Seria signifiant "sérieux" en italien. Le personnel se veut à l'écoute des besoins et des opinions de ses clients. Il s'efforce de créer de bons produits en conséquence.

Can★Do (キャン★ドゥ)

Can★Do est une entreprise fondée en 1993. Elle dénombre plus de 1000 magasins au Japon. Elle ne se concentre pas sur un groupe cible spécifique, mais plutôt sur une gamme équilibrée d'articles faciles à acheter pour tous les clients. Elle est particulièrement active sur Internet. Le compte Instagram de la société présente quotidiennement des produits recommandés et est suivi par 600 000 personnes.

Produits vendus

Que faut-il acheter ?

Les 100 yen shop sont des magasins appréciés par les étrangers comme les locaux. Ils présentent un vaste choix d’articles et ils dépannent au même titre que les konbini. Il y a toutefois un tri à effectuer pour ne pas se faire berner avec des marchandises de mauvaise qualité. En général, voici les produits vers lesquels on peut se tourner :

  • Articles de cuisine
  • Produits de nettoyage (durables et économiques)
  • Article de rangement et de stockage (ils sont conçus en fonction des retours clients)
  • Articles de blanchisserie (ciseaux à linge, cintres, filets à linge)
  • Articles pour smartphones (protection d’écran, coque transparente)
  • Articles numériques (adaptateur pour prise électrique, câble USB)
  • Articles de festivités (jouets, décorations)
  • Parapluies (moins résistants que leurs équivalents vendus 3 à 5 fois plus chers, mais dépannent suffisamment)

Ce qu'il ne faut pas acheter

Il existe plusieurs catégories d’articles disponibles dans les magasins à 100 yens qui n’ont pas réellement besoin d’être achetés. Vous pouvez toujours en prendre de temps en temps, ce sont davantage des produits qui ne sont pas rentables. Certains d’entre eux conviennent pour une ou 2 manipulations, mais pas sur une ou plusieurs années d’utilisations. Aussi, d’autres sont plus abordables dans d’autres lieux comme les konbini ou les supermarchés ordinaires.

  • Nourritures et snacks (moins cher dans les supermarchés)
  • Feuille d’aluminium, film plastique, ruban adhésif (moins cher dans les supermarchés)
  • Fournitures médicales (moins chères et de meilleure qualité dans les pharmacies)
  • Produits de soins pour la peau et les cheveux (faible choix qui ne conviendra pas à tous les types de personnes)
  • Détergents (moins efficaces que ceux des principaux fabricants vendus dans les supermarchés)
  • Stylos à bille (ils sont souvent vendus sans encre et deviennent rapidement inutilisables)
  • Outils (ne conviennent pas pour une utilisation sur le long terme, mais peuvent dépanner pour un usage ponctuel)
  • Batteries (elles ne durent pas aussi longtemps que les modèles des grands constructeurs comme Sony ou Toshiba)
  • Vêtements (ils ne résistent pas bien au lavage et ne durent pas dans le temps)

Prix

Tous les articles vendus dans un magasin à 100 yens ne sont pas, en réalité, à cette somme. L’adoption d’un prix uniforme est censée faciliter les calculs des consommateurs. Depuis une dizaine d’années, dans le but d’accroître la diversité de produits et d’augmenter les marges bénéficiaires brutes, certains articles sont distribués à 200 yens, 300 yens, 500 yens ou même plus de 800 yens. Un tableau blanc tripode chez Daiso a même été commercialisé à 6800 yens hors-taxes.

Les boutiques sont en mesure de maintenir des prix faibles et attractifs en achetant des marchandises à l’internationale et en gros. Elles proviennent de pays où les montants de confection sont moins élevés. La Chine et la Thaïlande sont notamment des fournisseurs récurrents pour ce type d’établissement. Sinon, quelques chaînes de magasins s’appuient sur des chaînes de production locales pour recueillir des biens made in Japan à bas prix. Par exemple, Daiso s’efforce de réduire les sommes en fabriquant par lot de plusieurs millions d’unités. Mais cela engendre bien souvent une autre problématique : des coûts d’inventaire conséquents.

La qualité des marchandises est sujette à débat. Certaines chaînes n’hésiteront pas à vous dire que les produits sont de très bonne facture et qu’ils peuvent être employés au quotidien. Dans les faits, cela reste des marchandises abordables qui sont moins endurantes et efficaces que les articles des grands constructeurs japonais (Sony, Toshiba, etc.). La plupart des Nippons voient les magasins à 100 yens comme des lieux de dépannage pour se fournir en outils à bas coût. Les étrangers sont aussi des clients fréquents, notamment lorsqu’ils doivent se procurer le nécessaire en arrivant sur l’archipel.

Aujourd’hui, de nombreux articles sont sous-traités à des fabricants situés en dehors du Japon. Ils dépendent essentiellement d’un transport par bateau peu onéreux pour maintenir les prix bas. L’approvisionnement est ainsi peu flexible. Surtout, les commerçants n’ont pas de marge de manœuvre pour répliquer à des tendances de marchandises dans l’immédiat. La moindre décision exige plusieurs mois pour être mise en œuvre et acheminée vers les magasins. Ce souci de délai est particulièrement embarrassant, puisqu’on ne peut pas moduler l’offre (par exemple en l’augmentant) en cas de pénurie. Dès lors, la promotion d’un produit dans les médias ou plus récemment par des influenceurs est redoutée par les enseignes, car elles ne sont pas en mesure de réagir à une rupture de stock.

TVA

Le prix des boutiques à 100 yens est considéré comme très attractif de la part des locaux et des voyageurs étrangers. En effet, presque tous les articles peuvent être réglés avec une seule pièce de 100 yens, soit un tarif très raisonnable. La TVA japonaise n'est cependant pas incluse dans les prix indiqués. Il faut donc la rajouter au moment de passer à la caisse. Elle dépend de la catégorie d'article que l'on achète :

Produit TVA
Alimentaire 8%
Alcool 10%
Bière non alcoolisée, sucreries alcoolisées 8%
Médicaments 10%
Boissons vitaminées ou énergisantes, produits de beauté 8%

Exemples :

Prix indiqué Prix final TVA
Assiette 200 yens 220 yens 10%
Sucrerie 100 yens 108 yens 8%
Tournevis 100 yens 110 yens 10%
Chaussettes 100 yens 110 yens 10%