Apprendre le japonais : langue, écriture japonaise et prononciation en guides

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La langue japonaise (日本語 Nihongo) est la langue des documents officieux et de l’éducation au Japon. Elle est parlée par le peuple japonais. Pourtant, aucune loi ne lui confère un statut de langage officiel. On estime que 128 millions de locuteurs sont nipponophones en 2020.

En 2022, la langue japonaise attire énormément de personnes. Elle intrigue aussi, notamment avec un jeu de double système de caractère spécifique : les kana (かな) et les kanji (漢字). Dans la mesure où nous sommes pour la plupart des Français et donc familiarisés avec des racines latines et un alphabet applicable pour la plupart des langues parlées, cela nous dépayse. Il n’y a pour ainsi dire presque pas de liens avec le français, ce qui a de quoi en émerveiller plus d’un. Le japonais ne se fonde pas sur un alphabet et les formulations de phrases ou de conjugaisons sont radicalement différentes.

Il y a certes une question qui obsède n’importe quelle personne courageuse qui se lance dans l’apprentissage du japonais. Est-ce difficile d’apprendre cette langue, de la parler ou de l’écrire au quotidien ? La réponse ne peut être aussi tranchée que ce que l’on souhaiterait. Cependant, tout le monde s’accorde pour dire qu’en général, la formation du japonais n’est pas si compliquée. Du moins, beaucoup moins que ce qu’on peut s’attendre en voyant les centaines, non, les milliers de caractères composés de plusieurs traits ordonnés !

Des lampes japonaises avec des kanji dans un sanctuaire

Il faut écouler énormément d’heures de par cœur pour maîtriser les fameux caractères à l’écrit. À l’oral, c’est une autre histoire, puisqu’il est plutôt aisé pour une personne motivée de savoir tenir une conversation du quotidien avec un résident japonais. Nous partons même avec un avantage de poids, en tant que Français, relatif à la prononciation du japonais. Le français est une langue dont les intonations sont relativement proches, à quelques exceptions près. Il n’y a pas à faire d’efforts pour lire ou parler la langue. Les anglophones, eux, doivent revoir leur prononciation du R, par exemple.

Il faut aussi prendre en compte que l’apprentissage japonais est une dynamique absolument passionnante. Des milliers de personnes se lancent dans l’aventure chaque année. Chacun peut y aller à son propre rythme et selon ses méthodes d’apprentissage préféré. Il y a d’ailleurs de tout, et l’offre s’étoffe chaque année : cours en ligne ou en établissement traditionnel, sur YouTube, via des bouquins, via des jeux vidéo, des applications ou de la compréhension orale. Il y avait plus de 21 000 élèves français qui apprenaient le japonais en 2018, selon l’Ambassade de France au Japon.

D'un point de vue historique

Le japonais est de la famille des langues japoniques, ce qui englobe aussi les dialectes ryukyu et t’amna. Jusqu’à il y a peu, on on le considérait parmi le groupe des langues altaïques en compagnie du mongol, du turc, du coréen et du toungouze. On parle désormais d’isolat linguistique qui n’a de lien de parenté qu’avec les dialectes japonais (dont les divers idiomes ryukyu d’Okinawa).

La rédaction de la langue utilisée par les Nippons ne commence réellement qu’au IVe siècle après J.-C. C’est grâce à l’importation de plusieurs caractères chinois par des moines bouddhistes que l’on relève les premières traces d’écriture. Cependant, les différences orales entre le japonais et le chinois sont significatives. Il est donc complexe de transposer les mots et les phrases à l’écrit. Par conséquent, de nouvelles prononciations sont établies sur les idéogrammes que l’on nomme kanji. C’est pour cela que le signe de « Personne » (人) se prononce hito avec la prononciation kun et jin avec la prononciation on.

Les kanas (katakana et hiragana) sont des syllabaires simplifiés qui servent aujourd’hui à apprendre le japonais, mais aussi dans de nombreuses situations. La forme existante possède des ascendances centenaires, mais a été officiellement créée en 1900. Une actualisation normalisée a eu lieu en 1946, après la Seconde Guerre mondiale. Ces 2 alphabets ont plusieurs utilités :

  • Écrire les mots d’origine étrangère ;
  • Écrire des morphèmes grammaticaux ;
  • Transcrire certains mots japonais ;
  • Écrire des emprunts lexicaux non chinois ;
  • Écrire les furigana.

Comment fonctionne l'écriture japonaise ?

Kana

Bien qu’il va y consacrer plusieurs articles spécifiques que l’on vous recommande de consulter sur notre site, voici comment on peut diviser le système d’écriture japonais. Il se scinde en deux grandes parties :

  • 2 x 46 kana (ひらがな hiragana qui sert à écrire les mots japonais et le カタカナ katakana pour les mots étrangers). C’est par leur apprentissage que vous commencerez votre étude de la langue nipponne. Ils sont assez simples à maîtriser : il faut compter en moyenne quelques jours à quelques semaines pour le commun des mortels.
  • 2 136 kanji (常用漢字 jôyô kanji officiels). Ce sont les idéogrammes d’origine chinoise que l’on rencontre au quotidien dans les journaux, à la télévision ou sur les panneaux d’affichage. Il y en aurait plus de 50 000 selon certaines sources, mais il faut officiellement en maîtriser plus de 2000 pour être en mesure de lire le journal sans difficulté. Ils peuvent être des pictogrammes, des idéogrammes ou des phonogrammes selon les cas.

Le principe de base à assimiler concernant les kanji est de savoir qu’ils sont constitués de plusieurs clés (ce que les anglophones appellent « Radical »). Il y en a une dizaine au total. Leur tracé suit un ordre et des règles précises auxquelles il ne faut pas déroger. Chaque caractère japonais représente une idée. On peut les lire de plusieurs façons, au minimum deux. Ce sont les lectures kun et on. On sait quelle lecture employer selon la position ou la fonction dans une phrase.

Quelques règles pour l'apprentissage

Un des gros avantages du japonais est qu’il s’agit d’un langage qui fait preuve assez peu d’irrégularités. Vous avez réussi à apprendre le français et toutes ses exceptions. Vous serez heureux d’apprendre que cela n’existe presque pas en japonais !

Le japonais n’est pas une langue tonale. Sa prononciation est facile à maîtriser, avec 90 % de la langue japonaise qui se retrouve en langue française. Il est beaucoup plus facile d’apprendre le japonais pour un Français que l’inverse, puisque 30 % seulement des sons sont connus des Japonais. Il faut donc se saisir de cet atout précieux pour la communication orale !

Le japonais est une langue qui évite très souvent les pronoms personnels. L’idée du groupe est une notion qui domine toute la société nipponne et se retrouve logiquement dans la construction des phrases. Quant aux verbes, ils sont en général positionnés à la fin des propositions. Cela incarne un défi de taille pour l’apprentissage du japonais et les traductions. Vous l’aurez compris, on ne peut pas se contenter de transposer mot à mot un texte français en japonais, puisque son sens serait totalement biaisé.

Chacun pourra se consoler en retenant qu’il n’y a pas de réelle conjugaison, du moins dans le sens qu’on lui porte dans la langue de Molière. Le japonais préfère s’appuyer sur une série de déclinaisons simples à assimiler. Elles portent, pour la plupart d’entre elles, sur le niveau de langue ou les structures temporelles. Bref, cela dépend des circonstances et c’est un aspect clairement abordable pour chaque élève qui est un minimum studieux.

On ne place pas d’espace entre les mots de la langue nipponne. Cette coutume est de moins en moins vraie avec le développement de la technologie et de la numérisation à outrance. Quoi qu’il en soit, il ne faut jamais positionner d’espace dans une copie de japonais, puisque les mots sont naturellement enchaînés avec les idéogrammes. De même, la lecture d’un texte se fait de gauche à droite, comme le français. Traditionnellement, on lit un prospectus de haut en bas avec des colonnes qui se suivent de droite à gauche.

La politesse règne en maître sur les relations au Japon, et donc dans la langue japonaise. Il faut faire attention à l’âge de votre interlocuteur, son genre, son groupe social, son poste en entreprise et toute une série de facteurs. Le faux pas représente un risque majeur lorsque l’on n’est pas familiarisé avec la culture nipponne. La politesse a dès lors des répercussions concrètes sur la manière de parler le japonais. Elle ne modifie certes pas la structure de la phrase, mais bien la forme des mots et leurs déclinaisons. Il y a des particules à prendre en compte et qu’il faut ajouter dans ou autour d’une phrase.