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Les suffixes honorifiques en japonais

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La langue japonaise se fonde sur un système de discours honorifique nommé keigo (語). Chaque individu, natif comme étranger, doit apprendre à maitriser diverses particules honorifiques et à les employer convenablement dans chaque conversation. On les rattache essentiellement à la fin des noms. Elles sont pour la majorité spécifiques au genre et indiquent le niveau de relation et de respect entre l’orateur et son interlocuteur.

Il arrive parfois que des Japonais n’utilisent pas de suffixe honorifique, ce qui est désigné par l’expression yobisute (呼び捨て). Cela insinue que deux personnes sont très proches ou familières. Par exemple, un frère et sa sœur, ou des amis d’enfance. Dans le doute, nous vous conseillons toujours d’employer un suffixe lorsque vous prenez la parole. Il vaut mieux être trop poli que pas assez, surtout au Japon. De plus, leur utilisation est jugée essentielle pour un discours approprié et compétent.

Par chance, il est assez simple d’apprendre tous les différents suffixes à rajouter après les noms japonais. Si vous regardez des mangas et des animes, vous en connaissez probablement beaucoup. S’ils peuvent être comparés à nos « Madame, Monsieur, Mademoiselle, etc », les Japonais les utilisent bien plus fréquemment, avec plus de conviction et une gravité accrue.

Tous les suffixes honorifiques japonais

La première partie de cet article vous présente un tableau récapitulatif pour rapidement faire le tour du sujet. Vous pouvez vous y référer afin de trouver l’information recherchée et correctement vous adresser à votre interlocuteur. Gardez bien à l’esprit que plusieurs suffixes peuvent convenir pour une même personne. De plus, il faudra bien souvent juger par vous-même de votre proximité ainsi que le respect que vous attribuez à votre interlocuteur.

Nous essayons de rapporter le sens le plus proche dans la colonne « français ». Gardez à l’esprit qu’il n’existe pas d’équivalent direct pour la plupart des suffixes honorifiques japonais.

Français Romaji Kana Kanji Utilisation
Monsieur, Madame, Mademoiselle san さん - Identique au français. C'est le suffixe le plus employé. Niveau de politesse standard.
Maitre sama さま Utilisé pour s'adresser à une personne d'une classe sociale supérieure. Niveau de politesse élevé.
Professeur, médecin, artiste sensei せんせい 先生 Utilisé pour s'adresser à une personne respectée qui exerce ces métiers. Niveau de politesse standard.
Personne ainée senpai せんぱい 先輩 Utilisé pour s'adresser à une personne plus âgée que soi, surtout à l'école. Niveau de politesse standard.
Personne proche (homme) kun くん Utilisé pour s'adresser à une personne proche et généralement masculine.
Elle est souvent très jeune ou plus jeune que soi. On peut utiliser chan pour un animal ou une personne que l'on trouve mignonne. Niveau de politesse léger.
Personne proche (femme) chan ちゃん - Utilisé pour s'adresser à une personne proche et généralement féminine.
Elle est souvent très jeune ou plus jeune que soi. Niveau de politesse léger.
Cadet kohai こうはい 後輩 Utilisé pour s'adresser à une personne moins âgée que soi, le plus souvent dans le cadre scolaire. Niveau de politesse standard.
Notice officielle dono どの 殿 Utilisé pour s'adresser à une personne importante dans certaines notices officielles. Historiquement utilisé pour les nobles et les samouraïs. Niveau de politesse élevé.
P.D.G. kaicho かいちょう 会長 Utilisé pour s'adresser au chef d'une société (pas une entreprise) ou le président du conseil d'administration. Niveau de politesse très élevé.
Président d'une entreprise shacho しゃちょう 社長 Utilisé pour s'adresser au président d'une entreprise. Niveau de politesse très élevé.
Chef de section kacho かちょう 課長 Utilisé pour s'adresser à un supérieur dans une entreprise, souvent chef de section. Niveau de politesse élevé.
Elite io エlイテ Utilisé rarement, pour s'adresser à l'élite d'une discipline intellectuelle. Niveau de politesse élevé.
Bébé tan た ん - Utilisé assez rarement pour s'adresser à un bébé ou un enfant encore très jeune. Variante plus mignonne de "chan". Niveau de politesse faible.

Kohai et senpai

Dans la langue japonaise, il arrive que deux personnes se qualifient mutuellement de senpai et de kohai. Il s’agit d’une relation hiérarchique informelle que l’on retrouve essentiellement dans le milieu scolaire. Cependant, il arrive que deux personnes l’utilisent dans des associations, des clubs sportifs ou même certaines entreprises.

Le terme senpai désigne un individu masculin ou féminin qui a plus d’expériences, qui est plus âgé ou qui a un niveau d’études plus avancé que le kohai. Il est à même de lui prodiguer des conseils et de l’aide. Le kohai est donc une personne moins qualifiée, généralement plus jeune qui découvre son milieu ou qui est en phase d’apprentissage. Il reçoit les conseils de son ainé et doit lui faire preuve de gratitude, de respect et parfois de fidélité.

Même s’il y a une notion de hiérarchie, un senpai et un kohai se comportent comme deux amis. La relation s’apparente à ce que nous nommons en France un tuteur. Ce mécanisme d’interdépendance est particulièrement utile dans le transfert d’expériences et de connaissances. De plus, à l’instar d’une relation père-fils, le lien tissé entre ces deux individus respecte une certaine chaine de commandement et la notion d’ainé, ce qui, au sens des Japonais, renforce l’unité d’un groupe.

Cette relation spécifique trouve son origine dans l’enseignement confucéen et se retrouve dans d’autres cultures asiatiques. Par exemple, la Corée du Sud emploie les termes seonbae et hubae pour désigner le même type de relation senior-junior (avec les mêmes caractères chinois).

Les titres honorifiques de profession

Costume-entreprise

En entreprise, les Japonais utilisent souvent un titre de profession/poste juxtaposé au nom d’une personne en guise de titre honorifique. Il est possible d’appliquer ce procédé à toutes les professions (athlètes, charpentiers, etc.) mais c’est surtout essentiellement dans les grands groupes que cela se fait au quotidien.

On désignera toujours, sauf indication contraire du concerné, une personne par son poste d’autorité. Un chef de département sera ainsi nommé « bucho ». Il est même fréquent de multiplier les politesses en rajoutant, en plus de son poste, un suffixe honorifique classique. Cela dépend toutefois de la situation :

  • Quand on parle d’une autre entreprise ou que l’on est au sein de son entreprise : on utilise le titre + le suffixe « san ». Un P.D.G. sera désigné par Shacho-san.
  • Quand on parle de sa propre entreprise à un client ou à une entreprise : on utilise le titre seul ou avec un suffixe honorifique. Un chef d’entreprise nommé Satoru sera donc designé par Bucho ou Satoru-bucho.
  • Quand on se réfère à soi-même : on utilise le titre mais avec la particule « no » qui permet de l’employer indirectement afin de ne pas paraitre arrogant. Un chef de département nommé Satoru se présentera comme bucho no Satoru.

Accusés et criminels

Pendant très longtemps, les Japonais ne témoignaient d’aucun respect pour les prisonniers (du moins, en termes de titre honorifique). La notion de culpabilité a été revue et la présomption d’innocence est aujourd’hui appliquée formellement dans les échanges.

Il existe une poignée de titres référant à ces catégories de personnes aux prises avec la justice. Lors de leur invention, ils ambitionnaient d’êtres neutres en se limitant à préciser la nature de la charge qui pesait sur une personne. Aujourd’hui, les Japonais emploient les termes d’accusé et de suspect avec une image péjorative.

Français Romaji Kanji
Suspect yogisha 容疑者
Accusé hikoku 被告
Condamné jukeisha 受刑者
Condamné à mort shikeishu 死刑囚

Quand ne pas utiliser les titres honorifiques japonais ?

Bien qu’il soit recommandé de toujours employer des formules de politesse dans une discussion, il existe cependant des exceptions à respecter. Dans certains cas, vous paraitrez arrogant, grossier ou impoli. Voici trois cas spécifiques dans lesquels il ne faut pas employer de suffixe honorifique.

  • En parlant de soi : votre interlocuteur vous jugera comme quelqu’un de grossier et qui n’a pas la tête sur les épaules. Ne l’utilisez pas, même pour rigoler.
  • En parlant de l’un de vos meilleurs amis : même si vous devez parler de votre meilleur ami d’enfance à une personne que vous respectez, par exemple votre patron, vous ne devez pas changer la nature de votre discours. Au contraire, ne pas employer de suffixe honorifique permettra à un Japonais de saisir la proximité de la relation.
  • Lorsque l’on vous dit de ne pas le faire : certains Japonais vous demanderont de ne pas employer de formule de politesse avec eux. Simple comme bonjour !

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