Population

Population japonaise

Selon le Worldometer, qui a élaboré les dernières données des Nations Unies, la population actuelle du Japon est de 126 323 166 habitants au dimanche 22 novembre 2020. Mais pour aller plus loin, Furansu vous propose un article complet et régulièrement mis à jour sur la démographie japonaise.

Evolution de la population

La population japonaise occupe la 11e place et représente 1,6 % du total mondial. En 2015, la densité de population du Japon était de 340,8 personnes par kilomètre carré, ce qui le plaçait au 11e rang des pays ou régions comptant 10 millions d’habitants ou plus.

Entre le XVIIIe siècle et la première moitié du XIXe siècle, la population du Japon est restée stable à environ 30 millions d’habitants. Depuis la restauration Meiji en 1868, le pays a commencé à se développer en parallèle avec la volonté de construire un État-nation moderne. Cette augmentation est directement liée à une croissance urbaine lente mais régulière, au développement de Hokkaido, Tōhoku, et du sud de Kyushu, et à l’introduction de l’agriculture commerciale.

La population a atteint 50 millions d’habitants en 1912, et a dépassé la barre des 100 millions en 1967. Mais la croissance démographique du Japon s’est ensuite ralentie, avec un taux de changement démographique d’environ 1 % entre les années 1960 et 1970.

Elle a ensuite fortement diminué depuis les années 80. Selon le recensement de la population de 2015, la population totale du Japon était de 127,09 millions d’habitants. Il s’agit d’une diminution de 962 607 personnes par rapport au recensement précédent (2010), ce qui indique le premier déclin de la population depuis le début du recensement en 1920. Pour 2019, elle était de 126,17 millions, soit une baisse de 0,28 million par rapport à l’année précédente.

Après la Seconde Guerre mondiale, la caractéristique démographique frappante du Japon était la baisse des taux de natalité et de mortalité, conséquence de la diminution du nombre d’enfants dans les familles et de l’amélioration sensible des conditions de santé. Le rythme d’accroissement de la population japonaise s’est considérablement ralenti à la fin du XXe siècle et a essentiellement stagné au cours de la première décennie du XXIe siècle. Au terme de cette décennie, le Japon, dont le taux de natalité est l’un des plus faibles du monde, enregistrait une perte nette de population chaque année, malgré une espérance de vie parmi les plus élevées du monde.

La fertilité au Japon et dans sa population

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Après avoir connu plus de 40 ans de taux de natalité très bas, la population japonaise est aujourd’hui l’une des plus âgées au monde. La faiblesse persistante des taux de natalité se traduit par un faible nombre d’enfants dans la population et, en fin de compte, par peu d’adultes en âge de travailler pour stimuler la croissance économique et soutenir la proportion relativement importante de personnes âgées, nées à une époque où la fécondité était plus élevée. Mais comment se fait-il que les jeunes Japonais aient si peu d’enfants ?

Depuis la moitié des années 1970, le niveau de fécondité du Japon est tombé à un niveau bien inférieur de remplacement, atteignant l’ISF d’environ 1,5 enfant par femme en au début des années 1990. Depuis cette date, l’ISF a n’a jamais retrouvé le niveau de 1,50, en diminuant même entre 1,3 à 1,4 enfant par femme – le niveau le plus bas selon Kohler, Billari et Ortega (2002).

Ce faible taux de natalité a provoqué un vieillissement extrême de la population, voire son déclin. À compter de 2015, 27 % de la population japonaise était âgée de 65 ans et plus, et les projections indiquent que d’ici 2060, environ 40 % de la population japonaise sera âgée. En période de prospérité et de paix, le Japon est en outre le premier grand pays au monde dont la population globale diminue. Selon les projections, elle diminuera régulièrement au cours des prochaines décennies, passant de 128 millions d’habitants en 2010 à environ 87 millions en 2060. À cette échelle, le vieillissement et le déclin de la population posent de graves problèmes pour l’économie japonaise et le bien-être des Japonais.

En 2022, le déclin continu

Les statistiques de l’année 2021 sont tombées le 15 avril 2022. La population du Japon s’élevait à 125 502 000 personnes au 1er octobre 2021. Si l’on rapporte cela avec l’année passée, cela représente une baisse de 644 000 personnes par rapport à l’année précédente. Les données gouvernementales nous prouvent ainsi que c’est la plus forte baisse jamais enregistrée, ce qui met en doute toutes les mesures portées par le gouvernement au sein des ménages.

Les autorités se défendent en expliquant que cette diminution extrême se produit en raison des restrictions frontalières. En effet, le décompte comprend également les ressortissants étrangers, qui reviendront, pour ceux qui ne sont pas déjà de retour à Tokyo et dans les villes nipponnes, dès que les frontières seront de nouveau ouvertes.

Les statistiques nous montrent que la baisse démographique concerne toutes les parties du Japon. En effet, la population de Tokyo a décliné pour la première fois en 26 ans. C’est un signal très puissant qui vient compléter les 46 autres préfectures du Japon (à l’exception d’Okinawa) qui ont relevé une réduction du nombre de résidents en 2021.

Le problème contemporain de naissance au Japon

Pour la première fois depuis que le gouvernement a commencé à en tenir le compte il y a plus d’un siècle, il y a eu moins d’un million de naissances en 2017, alors que la population du pays a diminué de plus de 300 000 personnes. La responsabilité en a longtemps été attribuée aux jeunes Japonais, accusés de ne pas avoir assez de relations sexuelles, et aux femmes, qui, selon l’histoire, font passer leur carrière avant de penser à se marier et à fonder une famille.

La réticence à se marier ou à avoir des enfants au Japon s’explique très probablement, du moins en partie, par la diminution des possibilités d’emploi pour les jeunes hommes. Si en 1960, 97 % des hommes âgés de 25 à 29 ans avaient un emploi, ce pourcentage était tombé à 86 % en 2010. Sur la même période, le taux d’emploi des jeunes femmes a augmenté de façon spectaculaire, passant de 50 % en 1960 à 72 % en 2010.

Autre élément encore plus significatif que les taux d’emploi globaux, une proportion importante des jeunes hommes qui travaillent aujourd’hui occupent des emplois provisoires, ce qui compromet sans doute leurs perspectives de mariage. Si les possibilités d’emploi limitées et précaires des hommes font d’eux de mauvais candidats au mariage, la fécondité du Japon risque de rester très faible pendant un certain temps encore.

En dehors des efforts visant à améliorer les relations hommes-femmes au sein du foyer, la solution la plus prometteuse pour inverser la tendance à la baisse du mariage et de la procréation semble être la mise en place de programmes gouvernementaux qui rendent le mariage et la parentalité plus attrayants. Ces derniers aident les couples à équilibrer leurs obligations professionnelles et domestiques. La pression publique pour lancer et étendre de tels programmes est forte au Japon.

Le Japon a consigné un triste record de 811.604 naissances en 2021. Le nombre de bébés nés au pays du soleil levant n’a jamais été aussi bas. Le ministère de la Santé recueille ces informations depuis 1899. Le total de 2021 (publié en 2022) constitue une diminution de 29 231 par rapport à l’année dernière. C’est une catastrophe pour le Japon qui ne parvient pas à juguler le déclin de sa population.

Le nombre d’enfants moyens qu’une femme aura au cours de sa vie a décru de 0,03. Il se fixe à présent à 1,30. Le seuil de renouvellement des générations (nombre moyen d’enfants par femme nécessaire pour que chaque génération en engendre une suivante de même effectif) se situe à 2,05.

Le ministère de la Santé et du Travail a aussi constaté un déclin de la quantité de mariages. Il y en a eu 24 391 de moins, pour un total de 501.116. C’est le nombre le plus faible de l’après-guerre. La pandémie y est sûrement pour quelque chose. Mais dans un pays où la natalité a toujours rimé avec mariage, cela suscite des interrogations.

Des polémiques récurrentes

Bien que le problème de natalité soit national, le Japon reste la troisième puissance économique du monde. Le statut en déclin de l’archipel ne manque pas faire réagir les observateurs, de tous les bords. Le 9 mai 2022, Elon Musk avance que le Japon disparaîtrait. Tout simplement. Il répliquait à un tweet de Kyodo News qui précisait que le nombre de naissances en 2021 était historiquement bas.

Les enquêtes sur l’égalité des sexes mettent en lumière les problématiques contemporaines. Les Japonais ne se fréquentent pas assez. Les liaisons sont plutôt rares. Une analyse officielle du gouvernement indique le 16 juin 2022 que près de 40 % des hommes célibataires dans la vingtaine n’ont jamais eu de rendez-vous ! La statistique recule à 25 % chez les femmes.

On ne peut se contenter de clamer la timidité culturelle japonaise pour expliquer de tels chiffres. Les facteurs sociologiques sont cruciaux. La société est trop axée sur le groupe. Cela s’étend à la vie sociale des étudiants. C’est dans cette dernière que l’on passe la majeure partie de notre vie jusqu’à la fin de la vingtaine.

Ce n’est pas le gokon, cette institution sociale qui se définit en un dîner de groupe pour célibataire organisée de manière informelle qui suffit à « caser » les Japonais. On commence par « tester sa compatibilité », juger et jauger l’autre avant de convenir d’un rendez-vous officiel. Des procédures qui ne vous étonneront pas si vous avez été en contact des Japonais !

L'espérance de vie au Japon

La baisse de la mortalité, en particulier la baisse de la mortalité des personnes âgées, est le deuxième facteur démographique du vieillissement et du déclin de la population du pays. Pour le dire autrement, l’allongement de l’espérance de vie dans la vieillesse est l’une des principales causes du vieillissement rapide et extrême du Japon.

En 1985, le pourcentage de personnes âgées de 65 ans et plus dépassait 10 % au Japon, mais en 1950, ce pourcentage était déjà de 11,4 % en France et de 10,2 % en Suède. En 1955 en Allemagne, en 1965 en Italie et en 1970 aux États-Unis, le pourcentage dépassait 10 %, et ce, plus tôt qu’au Japon. Mais en 2015, le pourcentage de la population âgée de 65 ans et plus au Japon était de 26,6 %, dépassant les États-Unis (14,6 %), la France (18,9 %), la Suède (19,6 %), l’Allemagne (21,2 %) et l’Italie (21,9 %), ce qui indique que le vieillissement de la société au Japon progresse assez rapidement par rapport aux États-Unis et aux pays européens.

Le rôle de l'homme

Les hommes sont encore largement considérés comme les principaux gagne-pain et soutiens de famille, mais le manque de bons emplois peut créer une catégorie d’hommes qui ne se marient pas et n’ont pas d’enfants parce qu’ils savent, tout comme leurs partenaires éventuelles, qu’ils n’en ont pas les moyens.

Cette situation peut être surprenante au Japon, un pays où l’économie se porte plutôt bien (sauf cette année en raison du coronavirus) et où le taux de chômage est inférieur à 3 %. Mais les opportunités économiques en baisse résultent d’une tendance plus large qui est de nature mondiale : l’augmentation de l’emploi instable.

Depuis la période de l’après-guerre, le Japon a une longue histoire de  » l’emploi régulier « , comme l’appellent communément les spécialistes du travail. En effet, les hommes commencent leur carrière en occupant des emplois qui leur donnent de bons avantages sociaux, des augmentations de salaire fiables et en sachant que s’ils travaillent dur, ils peuvent garder leur emploi jusqu’à la retraite. Mais aujourd’hui, selon Jeff Kingston, professeur au campus japonais de l’université Temple et auteur de plusieurs livres sur le Japon, environ 40 % de la main-d’œuvre japonaise est « irrégulière ».

Les jeunes ne se sentent pas adultes

La moitié des jeunes de 18 ans ne se sentent pas adultes malgré l’abaissement de l’âge de la majorité au Japon. Depuis avril 2022, l’âge officiel de l’âge adulte a été abaissé à 18 ans au pays du soleil levant, dans le but d’encourager les jeunes à participer à la société. Selon une enquête menée fin janvier par la Nippon Foundation auprès de jeunes de 18 ans, moins de la moitié des personnes interrogées, soit 47,9 %, ont déclaré qu’elles pensaient devoir être considérées comme des « adultes », même si l’âge officiel de l’âge adulte prévu par le code civil a été abaissé au Japon de 20 à 18 ans. Environ 60 % des femmes interrogées ont notamment déclaré qu’elles se considéraient toujours comme des enfants ou, du moins, qu’elles ne se sentaient pas tellement adultes.

Le sondage comportait d’autres questions visant à donner une image plus réaliste des jeunes de 18 ans d’aujourd’hui. Interrogés sur le média par lequel ils ont obtenu le plus d’informations au cours de la semaine écoulée, 45,3 % ont désigné les chaînes de télévision commerciales, ce qui suggère que même pour une génération élevée dans le monde numérique, la télévision reste une source d’information pratique. Par contraste, peu de personnes interrogées consomment régulièrement des médias imprimés, puisque seulement 7,9 % d’entre elles obtiennent des informations dans des journaux, 1,7 % dans des livres et 0,4 % dans des magazines. Toujours selon l’enquête, aucun de ces supports imprimés ne figure parmi les dix principales sources d’information.

Emigration et immigration

Les Japonais vivant à l’étranger étaient environ 663 100, dont environ 75 000 avaient le statut de résident permanent à l’étranger, soit plus de six fois le nombre de ceux qui avaient ce statut en 1975. En 1990, plus de 200 000 Japonais sont partis à l’étranger pour des périodes prolongées d’études, de recherche ou de missions commerciales. Alors que le gouvernement et les entreprises privées ont mis l’accent sur l’internationalisation, un plus grand nombre d’individus ont été directement touchés, ce qui a réduit l’insularité historique du Japon.

Bien qu’il soit avantageux de vivre à l’étranger, les personnes qui ont vécu hors du Japon pendant de longues périodes ont souvent été confrontées à des problèmes de discrimination à leur retour, car les autres ne les considèrent plus comme des Japonais à part entière. Vers la fin des années 1980, ces problèmes, en particulier les brimades des enfants de retour dans les écoles, sont devenus un problème public majeur au Japon et dans les communautés japonaises à l’étranger.

Sources : Google Stats, Eastwestcenter.org