Fukuoka — Le centre de Kyushu

Fukuoka

Fukuoka (福岡) est la plus grande ville de Kyushu (quatrième île majeure du Japon) et l’une des dix villes les plus peuplées du Japon. Elle abrite 1 600 000 millions d’habitants et offre un climat tempéré. Très vivante, elle a la particularité d’être à proximité du continent asiatique : la ville est plus proche de Séoul, capitale de la Corée du Sud que de Tokyo, capitale du Japon. Ce n’est donc pas surprenant d’apprendre qu’elle a été tout au long de son histoire, une ville portuaire déterminante.

Il y avait à l’origine deux villes : Hakata et Fukuoka. La première hébergeait les marchands ainsi que les artisans. De son côté, Fukuoka était le lieu de résidence privilégiée des seigneurs. Elles seront finalement unifiées en 1889, et c’est bien Fukuoka qui prendra l’ascendant. Cependant, Hakata demeure l’un des quartiers centraux de la ville et figure dans l’appellation de la principale gare ferroviaire. La localité a marqué l’histoire japonaise par son artisanat de la soie ainsi que la fabrication de poupées.

Histoire

L’emplacement géographique de Fukuoka a favorisé depuis plus de 2000 ans les échanges commerciaux et culturels avec les voisins asiatiques. Les chercheurs considèrent aujourd’hui que les premières vagues d’immigrants sont arrivées dans le nord de Kyushu depuis l’Asie continentale. À ses débuts, Fukuoka était appelé le port de Daizaifu (大宰府). La ville éponyme se situait pourtant à quelque 15 km au sud-est. Cependant, Daizaifu était une grande capitale administrative en 663 après J.-C.

La ville prend progressivement de l’importance symbolique, religieuse et commerciale au fil des époques. En 923, le sanctuaire Hakozaki est érigé à Fukuoka. Surtout, la ville côtière devient très vite un élément stratégique pour Kubilai Khan de l’empire mongol à partir de 1268. Le Japon doit désormais faire face à une menace extérieure, ce qui constitue une première. Le dirigeant mongol envoie au compte-gouttes des émissaires au pays du soleil levant afin que ce dernier reconnaisse la suzeraineté au Khan.

Sans surprise, le shogunat de Kamakura refuse. Certains ambassadeurs mongols sont renvoyés quand d’autres sont mis à mort. Quelques années plus tard, en 1274, le chef mongol organise une invasion d’ampleurs de la partie nord de Kyushu. Il réunit une flotte impressionnante de 900 navires et 33 000 soldats. L’exécution de cette invasion tourne malheureusement en fiasco en raison de mauvaises décisions et de violentes tempêtes.

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蒙古襲来絵詞, vers 1293. Source : Wikipédia

Les samouraïs japonais ont dès lors conscience que la menace n’a été écartée que temporairement. Une barrière de pierre de 20 km de long qui borde la côte de la baie de Hakata est rapidement érigée entre 1276 et 1277. Nous sommes alors sur l’emplacement de l’actuelle ville de Fukuoka. Les fouilles qui ont permis de redécouvrir ces anciennes enceintes (d’une hauteur de 2 à 3 m de hauteur et d’une largeur de base de 3 m) ont été réalisées dans les années 1930.

La seconde invasion mongole se déroule en 1281. Deux années auparavant, en 1279, Kublai envoie à nouveau des émissaires. Les cinq seront tous décapités par Hojo Tokimune du clan Hojo. Cette seconde attaque est autrement plus imposante avec 140 000 soldats et 4000 navires. Le Japon a rassemblé ses forces, mais ne peut opposer que 40 000 samouraïs. Les Mongols ont rapidement progressé jusqu’à Dazaifu (à 15 km au sud de la ville de Fukuoka), mais seront balayés, une nouvelle fois par le mauvais temps. Un typhon va écraser une impressionnante proportion des troupes mongoles et forcer la retraite des envahisseurs.

Pour la petite histoire, c’est de là que vient l’appellation 神風 kamikaze, signifiant littéralement « vent divin ». Les Japonais estiment que les deux tempêtes ont sauvé le Japon de cette double invasion mongole. Ce ne sont pas les premiers événements climatiques d’ampleur au pays du soleil levant, mais une telle qualification relève probablement de l’influence croissante du bouddhisme zen parmi les soldats samouraïs de l’époque.

Fukuoka jouera un rôle non négligeable dans l’histoire médiévale du Japon. La ville était le siège de résidence d’un puissant daimyō (de la province de Chikuzen). Il y avait même un célèbre temple à l’effigie de Tokugawa Ieyasu, qui sera détruit par un incendie pendant la guerre de Boshin en 1868.

Comme évoqué dans l’introduction de cet article, la municipalité telle que nous la connaissons aujourd’hui résulte de l’unification de Hakata et Fukuoka le 1er avril 1889. La coutume veut que Hakata ait initialement été la dénomination retenue, mais un groupe de samouraïs aurait fait irruption et forcé les personnes présentes à choisir Fukuoka comme appellation de la ville fusionnée. La région de Fukuoka abritait de nombreux samouraïs, à l’inverse de Hakata qui était un port et le quartier marchand.

L’histoire contemporaine de Fukuoka est dans la tradition des villes japonaises du XXe siècle. Le tramway fait son apparition en 1910 et cessera de fonctionner en 1979. La localité est également marquée par un terrible incendie le 19 juin 1945 qui va détruire jusqu’à 22 % de sa zone urbaine. L’aéroport de Fukuoka ouvre en 1951. Deux ans plus tôt, en 1953, c’est au tour du zoo d’attirer les visiteurs de tout le pays.

La ville prend de l’importance à partir de 1975. Cette année symbolise l’absorption de la ville Sawara à proximité, mais aussi l’inauguration du chemin de fer à grande vitesse Sanyo Shinkansen, avec la gare de Hakata. L’exposition Asie-Pacifique a lieu à Fukuoka en 1989 et enfin, la 30e assemblée annuelle de la banque asiatique de développement se tient dans la même ville en 1997.

Transports

Fukuoka est une ville connectée avec l’extérieur. Elle est par exemple raccordée à la Corée du Sud (Busan) en permanence par des ferries quotidiens. Elle est aussi reliée aux principales villes japonaises avec le Shinkansen. Un train rapide rallie la voisine Nagasaki. Enfin, les autres villes de Kyushu sont desservies avec des lignes ferroviaires régionales.

Un nombre impressionnant de bus intercités partent dans diverses directions tout au long de la journée. Il faut pour cela se rendre à Tenjin (centre-ville de Fukuoka). Ce moyen de transport à l’avantage d’être confortable, apaisant et surtout moins cher aux tarifs des trains.

Nous vous recommandons de passer par le centre d’information touristique dans la gare JR Hakata. Il est ouvert de 8 heures du matin à 21 heures et vous permet d’obtenir des brochures intéressantes sur la ville ainsi que les environs. C’est une bonne occasion de découvrir la localité à travers des plans détaillés, digestes et surtout de mesurer la diversité entre les différents quartiers.

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Circuler à l’intérieur de la ville est un jeu d’enfant. Il faut toutefois faire attention à la distance entre deux stations de métro qui peut être conséquente. Le métro a l’avantage d’être fonctionnel et rapide.

On peut aussi se déplacer dans la ville avec le réseau de bus qui est très bien fait, complet et qui dessert les principales destinations touristiques. Si vous êtes un voyageur occasionnel, vous pourrez profiter du Fukuoka Tourist City Pass, qui offre d’utiliser les différents réseaux de bus, les trains ainsi que le métro en illimité pour seulement 820 ¥. Le tarif est divisé par deux pour les enfants. Nous vous recommandons cet achat, car il vous fait accéder à des réductions sur de nombreuses visites culturelles. Ce passe-droit est vendu dans les principaux guichets des stations ou ceux des offices de tourisme.

Climat et géographie

Fukuoka est une ville particulière, bordée sur trois côtés par des montagnes. Elle se jette dans la baie de Hakata et s’ouvre au nord sur la mer de Genkai. Elle se situe à quelque 1100 km de Tokyo, la capitale du Japon. Elle est à proximité de la côte sud-est de la Corée du Sud, puisqu’elle n’est éloignée que de 180 km de la ville de Busan. Fait notable, les deux sont maintenant considérées comme « villes sœurs ».

La ville de Fukuoka offre un climat modéré avec une température moyenne annuelle de 16,3 °C. L’humidité médiane est de 70 %, et 40 % des jours de l’année sont nuageux. Le climat est subtropical humide, ce qui se traduit en des étés chauds et humides ainsi que des hivers doux.

Les précipitations sont élevées si bien qu’il pleut régulièrement dans la ville. La saison des pluies (tsuyu) se poursuit sur six semaines entre juin et juillet. Les températures sont généralement comprises entre 25 °C et 30 °C. Les étés sont âpres avec des chaleurs pouvant grimper jusqu’à 37 °C. En revanche, il est inhabituel d’apercevoir de la neige, les températures hivernales descendant rarement sous la barre des 0°.

Les habitants de Fukuoka ainsi que les vacanciers apprécient l’intersaison. Il s’agit d’un très bon endroit pour observer les fleurs de cerisier qui apparaissent à la fin du mois de mars ainsi qu’au début d’avril. L’automne offre un climat doux et sec, ce qui permet de se balader et d’explorer les emplacements touristiques dans les meilleures conditions. Par contre, il faut bien faire attention, car c’est également la saison des typhons qui se déroule entre août et septembre.

Que visiter à Fukuoka ?

Fukuoka est une ville réputée pour sa vie nocturne ainsi que pour ses ramen. Les voyageurs adorent se promener et se restaurer dans les multiples cafés et bars près de Tenjin. En fonction de la saison, on peut profiter de certaines soirées originales ou des concerts artistiques. Il peut être intéressant de se rendre dans l’office de tourisme pour ne rien manquer.

Un des bars les plus populaires est la Citadel qui se situe à quelques minutes du métro Akasaka. Il offre d’excellents et de nombreux (plus de 40) cocktails dont certains sont à base de café, la spécialité locale. On vous recommande aussi d’essayer le Yorozu, non loin du quartier de Tenjin, qui est un salon de thé et de bar à saké.

Les stands de nourriture en plein air de Fukuoka, les 屋台, Yatai sont certainement le symbole le plus connu de la ville. On peut y entrer par groupe de sept à huit personnes afin de déguster des plats simples, mais copieux. On trouve des dizaines d’établissements de ce type à travers la ville. Les plats typiques sont les brochettes de poulet grillé (yakitori), le oden et surtout le Hakata Ramen. Il s’agit d’un plat de nouille local composé de ramens fines dans une soupe à base de tonkatsu. À cela s’ajoutent traditionnellement de multiples boissons alcoolisées.

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Visiter une ville japonaise passe souvent par l’exploration de certains musées. Le Fukuoka Asian Art Museum est ouvert de 10 heures à 19 h 30 sauf le mercredi. Pour 200 ¥, on peut observer des œuvres contemporaines asiatiques de qualité. Outre les créations nippones, c’est l’occasion d’élargir ses horizons en contemplant l’art birman, indien, malais ou chinois.

Le temple Shōfukuji (聖福寺) est une belle bâtisse fondée en 1195 par le prêtre Eisai. Il se classifie dans la secte Rinzai du bouddhisme zen de Chine au Japon. Il n’est malheureusement pas possible d’entrer dans les édifices du temple, mais chacun peut déambuler dans les magnifiques jardins et regarder depuis l’extérieur.

Les parcs de Fukuoka sont de qualité. Le parc Ohori (大濠公園) offre une bouffée d’oxygène dans le centre de la ville avec un grand étang en son centre. Il est entouré par un sentier pédestre qui fait plus de 2 km de long. Les joggers l’apprécient au même titre que les propriétaires d’animaux de compagnie. Le terme Ohori fait référence aux douves et ce n’est pas une coïncidence : jadis, l’étang faisait partie du système de fossés du château voisin de Fukuoka.

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Nous vous recommandons également d’explorer le parc Uminonakamichi (海の中道海浜公園). C’est un vaste espace vert parfait pour une visite familiale qui est situé sur une péninsule étroite de l’autre côté de la baie depuis le centre de Fukuoka. Il se décompose en plusieurs zones plus ou moins intéressantes. On préconise de parcourir les jardins fleuris, le parc aquatique et le zoo. D’aucuns préféreront se rendre sur les terrains de sport ou de jeux qui sont accessibles gratuitement. L’exploration du lieu peut se faire à pied, même si sa superficie de près de 4 km d’un bout à l’autre pousse de nombreux touristes à se servir de l’efficace réseau de pistes cyclables. On peut ainsi louer des vélos aux différentes entrées du parc pour 500 ¥ (pour une durée de trois heures) ou 500 ¥ (sur un jour).

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