Qu’est-ce qu’un manga ? Définition, histoire et types de mangas

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Le manga est désormais incontournable dans la culture populaire

Un manga, c’est tout simplement le nom que l’on donne à une bande dessinée japonaise. Le mot vient de deux kanjis japonais et désigne, à l’origine, un « dessin fait sur le vif » avant de devenir le terme générique pour toute BD produite au Japon. Mais derrière cette définition toute simple se cache un univers avec ses propres codes : lecture de droite à gauche, dessins en noir et blanc, mangaka qui écrit et dessine seul son histoire, genres pensés pour un public précis… On vous explique tout, en détail, dans ce guide complet.

Si vous cherchez plutôt à comprendre la nuance avec les BD coréennes ou chinoises, on a un article dédié aux différences entre manga, manhwa, manhua et webtoon.

Sommaire

Qu’est-ce qu’un manga ? La définition simple

Plusieurs mangas

Le mot « manga » (漫画) est composé de deux caractères : « man », qui évoque quelque chose d’impromptu, de fantaisiste ou d’exagéré, et « ga », qui signifie « dessin » ou « image ». Littéralement, on pourrait donc traduire manga par « dessin fait à la volée » ou « croquis grotesque ».

Au Japon, le mot ne désigne pas uniquement la bande dessinée : il englobe aussi les dessins de presse et, plus largement, tout ce qui relève du dessin humoristique ou narratif. C’est en réalité en dehors du Japon que le terme s’est restreint à son sens actuel : une bande dessinée d’origine japonaise, que ce soit en version papier ou en e-book. C’est ce même mot japonais qui a donné naissance au terme coréen « manhwa » et au terme chinois « manhua », deux traditions de BD asiatiques bien distinctes du manga malgré une étymologie commune.

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Contrairement à une idée reçue, un manga n’est pas réservé aux enfants ou aux adolescents : c’est un médium à part entière, lu par toutes les tranches d’âge au Japon, et qui couvre absolument tous les genres possibles, de la comédie légère au drame le plus sombre.

D’où vient le manga ? Une histoire qui remonte à plusieurs siècles

Oeuvre de Yasuji Kitazawa

Impossible de désigner un inventeur unique du manga : l’idée de raconter une histoire à travers une suite d’images remonte au moins au XIIe siècle, avec les emakimono, ces longs rouleaux peints qui mêlent illustrations et textes calligraphiés pour dérouler un récit. On y trouve déjà, notamment dans les célèbres rouleaux Chōjū-jinbutsu-giga, des animaux personnifiés dans des scènes pleines d’humour qui préfigurent l’esprit du manga moderne.

Le mot « manga » lui-même apparaît à la toute fin du XVIIIe siècle. Mais c’est surtout le peintre Hokusai, l’auteur de la célèbre estampe La Grande Vague de Kanagawa, qui popularise le terme au début du XIXe siècle avec ses recueils de croquis intitulés Hokusai Manga : des carnets de dessins sur le vif représentant des scènes de vie quotidienne, des paysages ou des figures mythologiques.

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Il faut ensuite attendre 1902 pour voir apparaître ce que l’on considère comme le premier manga au sens moderne du terme : une bande dessinée humoristique publiée dans le supplément du journal Jiji Shinpō, reprenant le thème (déjà connu grâce au cinéma des frères Lumière) de l’arroseur arrosé. Son auteur, Yasuji Kitazawa, plus connu sous son nom de plume Rakuten Kitazawa, est le premier artiste à avoir repris le terme « manga » pour qualifier ses propres dessins et à s’être lui-même défini comme mangaka. C’est pour cette raison qu’on le considère souvent comme le véritable père du manga contemporain, même si la forme s’est ensuite largement transformée après-guerre, notamment sous l’influence décisive d’Osamu Tezuka (le créateur d’Astro Boy), à qui l’on doit le découpage cinématographique et les grands yeux expressifs devenus emblématiques du genre.

Pour creuser cette histoire dans le détail, direction notre article sur le premier manga du monde.

Comment un manga est-il fabriqué ? Le rôle du mangaka

L’auteur d’un manga s’appelle un mangaka. À la différence des comics américains, où le scénario, le dessin des personnages, celui des décors et l’encrage sont souvent répartis entre plusieurs professionnels différents, le mangaka japonais conçoit en général lui-même l’intégralité de l’histoire : l’univers, les personnages, le scénario et le découpage des planches. Il travaille toutefois rarement seul : dans son atelier, plusieurs assistants prennent en charge les tâches les plus longues, comme le dessin des arrière-plans, les trames et les finitions, pendant que le mangaka se concentre sur les personnages principaux et les scènes clés. Beaucoup de ces assistants deviennent eux-mêmes mangakas par la suite.

Avant de devenir un livre, un manga est presque toujours publié par chapitres dans un magazine de prépublication, hebdomadaire ou mensuel, aux côtés de dizaines d’autres séries. Si une histoire rencontre son public, ses chapitres sont ensuite regroupés et réédités sous forme de volumes reliés, appelés tankōbon : ce sont ces fameux tomes que l’on retrouve en librairie. Le succès (ou l’échec) d’une série auprès des lecteurs du magazine détermine directement si elle continue, s’arrête brutalement, ou si elle a un jour droit à son adaptation en anime.

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Pour découvrir ce métier de l’intérieur de façon ludique, la série Bakuman, qui suit un duo de jeunes scénariste et dessinateur voulant percer dans l’industrie, reste une référence incontournable, tout comme l’emploi du temps de Eiichiro Oda, l’auteur de One Piece, qui donne un bon aperçu du rythme de travail exigeant des mangakas les plus populaires.

Les codes graphiques qui distinguent le manga

Pourquoi un manga est-il (presque) toujours en noir et blanc ?

Avertissement sur le sens de lecture dans le tome 1 de GTO

La grande majorité des mangas sont imprimés en noir et blanc, à l’exception de la couverture et, parfois, de quelques pages exceptionnelles pour marquer un événement particulier (un anniversaire, un tome symbolique…). Cette habitude n’a rien d’une tradition artistique figée : c’est avant tout une question de rentabilité. Un tome fait en moyenne 200 pages, la cadence de publication est très soutenue (parfois plusieurs dizaines de pages par semaine, assistants compris), et coloriser un tel volume ferait exploser les coûts d’impression tout en ralentissant considérablement la production. Il existe malgré tout des éditions entièrement colorisées, au Japon comme en France, mais cela reste l’exception plutôt que la règle.

On en parle plus en détail dans notre article dédié à cette question.

Le sens de lecture : de droite à gauche

Autre particularité bien connue : un manga traditionnel se lit de droite à gauche et de haut en bas, à l’inverse des livres occidentaux. Cela reflète simplement le sens de lecture japonais, utilisé aussi bien pour les romans que pour la presse. Certains éditeurs occidentaux ont, dans les années 90, tenté d’inverser ce sens de lecture en mettant les planches en miroir pour « faciliter » la lecture des nouveaux lecteurs. Le problème, c’est que cela oblige à inverser l’ensemble des dessins, ce qui casse la mise en page voulue par l’auteur et peut créer de vraies incohérences (un personnage droitier qui devient soudain gaucher, un nom de personnage qui perd son sens…). C’est notamment le cas dans Parasyte, où le nom de l’extraterrestre Migi (« droite » en japonais) n’aurait plus aucun sens si le manga était lu à l’envers. C’est pour cette raison que la quasi-totalité des éditeurs français ont fini par conserver le sens de lecture japonais, quitte à glister un petit mode d’emploi en début de tome pour les débutants.

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Plus de détails dans notre article sur pourquoi un manga se lit de droite à gauche.

Un style graphique reconnaissable entre mille

Grands yeux expressifs, coiffures démesurées, onomatopées intégrées directement aux dessins, silhouettes parfois volontairement exagérées pour renforcer une émotion ou un trait de caractère… Le manga a développé au fil des décennies un véritable langage visuel. Beaucoup de ces codes ont été popularisés par Osamu Tezuka dans l’après-guerre : ses fameux gros yeux servaient avant tout à accentuer l’expressivité des personnages et à faciliter l’identification émotionnelle du lecteur. Certains mots japonais, comme Kanpai (« santé ! ») ou les onomatopées de bruitages, sont d’ailleurs si spécifiques qu’ils restent parfois non traduits, avec une simple note en bas de page.

Manga, anime, comics, BD franco-belge : on arrête de tout confondre

Différences visuelles entre le manga et l'anime Bleach

On entend très souvent « je regarde un manga à la télé », ce qui est, techniquement, une erreur. Un manga est une bande dessinée, en papier ou en numérique. Un anime, littéralement une « animation », désigne une série ou un film d’animation japonais, le plus souvent adapté d’un manga qui a rencontré son public. C’est exactement le même principe que Batman, bande dessinée américaine régulièrement adaptée en dessin animé.

Format Origine Support Sens de lecture Couleur
Manga Japon Papier / numérique Droite à gauche Noir et blanc (le plus souvent)
Anime Japon Animation vidéo Couleur
Comics États-Unis Papier / numérique Gauche à droite Couleur
BD franco-belge France / Belgique Papier / numérique Gauche à droite Couleur

Envie de découvrir des séries d’animation japonaises ? On a justement classé les meilleurs animes de tous les temps.

Les différents types de mangas : à qui s’adressent-ils ?

Naruto

Au Japon, les magazines de prépublication ciblent en priorité un lectorat précis, défini par l’âge et le genre. Ce classement par « démographie » reste la façon la plus courante de catégoriser un manga, même si un garçon peut parfaitement lire un shojo et inversement.

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  • Le kodomo : destiné aux jeunes enfants, avec des histoires simples et un dessin tout en rondeur (Pokémon, Doraemon, Chi une vie de chat).
  • Le shonen : le genre le plus populaire et le plus exporté, pensé pour les adolescents garçons. Action, amitié, dépassement de soi (Dragon Ball, Naruto, One Piece, My Hero Academia).
  • Le shojo : son équivalent féminin, centré sur les sentiments, l’amitié et les histoires d’amour (Sailor Moon, Fruits Basket, Nana).
  • Le seinen : la version « adulte » du shonen, pour de jeunes adultes masculins, avec des thématiques plus matures, parfois violentes (Berserk, Vagabond, Monster).
  • Le josei : l’équivalent féminin du seinen, souvent centré sur le travail, le couple ou le célibat des jeunes femmes.
  • Le hentai : la version explicitement pornographique du manga, strictement interdite aux mineurs.

Ces genres se déclinent eux-mêmes en de nombreux sous-genres transversaux : mecha (robots géants, comme dans Neon Genesis Evangelion), isekai (un héros transporté dans un autre monde), sport, tranche de vie, horreur ou encore magical girl. Un même manga peut d’ailleurs très bien mélanger plusieurs de ces étiquettes.

Le manga en France et dans le monde : où en est le marché ?

Dragon Ball

La France est aujourd’hui le deuxième plus grand marché du manga au monde, juste derrière le Japon, et loin devant le reste de l’Europe. Le manga a d’abord été découvert dans l’Hexagone via les dessins animés diffusés à la télévision dès les années 70, avant de véritablement exploser dans les années 90 grâce à des émissions comme le Club Dorothée, qui ont fait connaître Dragon Ball, Ghost in the Shell ou encore Nicky Larson à toute une génération. Ce n’est qu’ensuite que les tomes papier se sont réellement démocratisés en librairie.

Concrètement, les ventes de bandes dessinées en France ont représenté 837 millions d’euros en 2024, un marché où le manga occupe désormais plus de la moitié des volumes vendus, devant les BD franco-belges et les comics réunis. Le marché américain progresse lui aussi très fortement ces dernières années : selon Wikipédia (en anglais), le manga représentait déjà environ 76 % des ventes de comics et graphic novels aux États-Unis en 2021, porté notamment par le streaming d’anime et les applications de lecture numérique. Au Japon même, le marché du manga (papier et numérique confondus) a atteint un niveau record en 2024, le numérique représentant désormais largement plus de la moitié des ventes.

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Quels mangas lire pour débuter ?

Berserk

Difficile de se lancer sans quelques repères. Voici une petite sélection selon vos goûts :

  • One Piece : le manga le plus vendu de tous les temps, une aventure de pirates toujours en cours de publication.
  • Naruto et Dragon Ball : deux classiques incontournables du shonen, parfaits pour découvrir le genre.
  • Death Note : un thriller psychologique qui questionne la notion de justice.
  • Fruits Basket : un shojo fantastique et romantique, accessible à tous.
  • Berserk ou Vagabond : pour un public plus mature en quête d’un seinen exigeant.
  • L’Attaque des Titans : une aventure sombre pleine de rebondissements.

Pour aller plus loin, notre top 35 des meilleurs mangas de tous les temps devrait vous donner encore plus d’idées.

FAQ : tout savoir sur le manga en quelques questions

Qui a inventé le manga ?

Il n’existe pas d’inventeur unique, puisque les récits en images existent au Japon depuis le XIIe siècle. Mais Yasuji Kitazawa (Rakuten Kitazawa) est considéré comme le père du manga moderne : c’est le premier artiste à avoir utilisé ce terme pour désigner ses propres dessins, en 1902.

Un manga, c’est toujours en noir et blanc ?

Presque toujours, sauf la couverture et quelques pages exceptionnelles. C’est avant tout une question de coût de production et de rapidité de fabrication, pas une règle artistique absolue.

Quelle est la différence entre un manga et un anime ?

Le manga est une bande dessinée imprimée ou numérique. L’anime est une série ou un film d’animation, très souvent adapté d’un manga qui a déjà connu du succès.

Comment bien lire un manga ?

En commençant par ce qui serait, pour un livre occidental, la dernière page, puis en lisant chaque planche et chaque bulle de droite à gauche et de haut en bas.

Quelle différence entre manga, manhwa et manhua ?

Le manga vient du Japon, le manhwa de Corée et le manhua de Chine. Les trois partagent une étymologie commune mais ont développé des codes graphiques et narratifs différents, à découvrir dans notre comparatif dédié.

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