Voici pourquoi la France est le deuxième pays du manga

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Radiant, symbole de réussite du manga français

On entend souvent dire que la France est le second pays du manga, après le Japon. Mais est-ce vraiment la réalité ? Les autres communautés hispaniques et anglophones sont également très actives et très nombreuses. On vous donne toutes les raisons ci-dessous.

#1 - La France, deuxième pays consommateur de mangas au monde

L’affirmation selon laquelle la France est le deuxième pays du manga se vérifie d’abord par les chiffres de vente de ces derniers. Depuis son arrivée en France en 1989, le manga a vu ses ventes bondir de 54 % en 10 ans d’après La Voix du Nord. Seul le Japon fait mieux, sans surprise puisqu’il s’agit du pays de production.

L’appétit des Français pour ce média ne cesse de grossir : avec plus de 29 millions de tomes vendus entre janvier et août 2021, le manga est devenu une véritable locomotive dans le milieu de la BD en France. Seul Astérix parvient à prendre la première place, une année sur deux.

On apprend le 19 mars 2022 que 47 millions d’exemplaires de mangas se sont écoulés pendant l’année 2021. Cela représente le double de l’année 2020, une croissance extraordinaire qui ne devrait pas s’arrêter en si bon chemin.

Derrière la France, on retrouve les États-Unis. Les Américains se montrent de plus en plus importateurs et les maisons d’édition ouvrent régulièrement. Il est probable que les États-Unis dépassent la France en tant que second pays importateur de mangas. En 2021, les Américains ont acheté au moins 24,4 millions de tomes. Cela représente une augmentation de 15 millions par rapport à 2020. Cette croissance de 160 %, si elle ne s’arrête pas, profitera à une population toujours plus consommatrice.

D’ailleurs, si l’on évoque le cas des animes, ce sont bien les États-Unis qui sont loin devant la France. Ce n’est pas une surprise, quand on pense aux principaux diffuseurs d’animes en France à l’image de Netflix ou Crunchyroll, qui sont américains.

#2 - Il existe des mangas français

Cela fait maintenant plusieurs décennies que le manga japonais est traduit en France. Il a donc logiquement influencé des générations entières et continue de le faire. Résultat des courses, plusieurs artistes français se sont mis à s’inspirer du manga, voire à en produire.

Dans le jargon, on les appelle parfois des manfras : des œuvres qui reprennent le même aspect du manga japonais traditionnel, avec des styles graphiques similaires, des scénarios ou des développements de personnages que l’on connaît bien. Leur particularité ? Leur auteur est français !

Aujourd’hui, on peut se vanter d’avoir plusieurs grands mangas made in France. Voici quelques exemples : City Hall, Pink Diary, Dofus et surtout Radiant ! Ce dernier a bouleversé les codes de l’industrie, puisqu’il est devenu le premier manga français à être publié au Japon.

L’œuvre ne s’est d’ailleurs pas arrêtée en route et a réalisé un véritable exploit : c’est le premier manga français à être adapté en anime au Japon, par un studio japonais. On doit son histoire et sa réalisation à l’auteur toulousain Tony Valente qui a réalisé un véritable tour de force.

#3 - La France, berceau de la Japan Expo

Si le manga est aussi populaire en France, c’est également en raison de nombreux rendez-vous que se donnent les passionnés chaque année. On les retrouve le plus souvent sous la forme de conventions. La plus connue et la plus massive est certainement la Japan Expo.

Elle a vu le jour en 1999 en France et s’est progressivement imposée comme la convention la plus importante de l’Europe de l’Ouest. En 2019 par exemple, elle a accueilli pas moins de 252 500 visiteurs. Le rendez-vous est donné chaque été, au Parc des expositions de Paris Nord Villepinte. Son équivalent américain est la Comic-Con.

Pourquoi est-elle si importante ? À certaines occasions, des annonces de mangas sont révélées spécialement durant la Japan Expo. Mais ce qui rend cette convention si unique, c’est sa capacité à faire venir des acteurs, des mangakas et des personnes de l’industrie japonaise en France, le temps d’une semaine.

C’est l’occasion en or pour certains, parfois l’occasion d’une vie, de pouvoir rencontrer le mangaka que l’on adore et lui demander une dédicace. Au-delà du manga, la Japan Expo s’attache à mettre en avant la culture japonaise avec de nombreux stands uniques, la musique japonaise ou encore l’animation nipponne.

Et si l’on veut aller plus loin, de multiples autres conventions ont vu le jour ces dernières années : la Paris Manga, par exemple, est spécialement tenue chaque année pour célébrer le manga en France et dispose de dizaines de stands importants.

#4 - La France, source d'inspiration chez les mangakas

Premier tome du manga Les Misérables
Premier tome du manga Les Misérables

Ce n’est pas spécifique au manga, mais la France est une inspiration de taille pour les mangakas japonais. Ce n’est donc pas une surprise si l’on retrouve de nombreuses références à la culture, l’histoire ou à certains personnages de France dans de nombreux mangas.

Parmi les plus connus, on peut citer Les Misérables qui a été adapté de multiples fois en manga, en anime ou tout simplement par petites touches, par exemple en reprenant certains personnages comme Causette.

L’idée que les Japonais se font d’un Français, du savoir-vivre ou même d’une atmosphère se retrouve très souvent dans des mangas. Lorsque l’on croise un personnage blond, il y a de fortes chances pour qu’il soit français (ou d’inspiration), à l’instar de Sanji dans One Piece. Si la nationalité française n’est pas toujours explicite, le contexte l’est souvent.

Cela n’est cependant pas une surprise, lorsque l’on sait que la France est l’un des pays préférés des Japonais de manière générale. Toutefois, il est bon de mentionner que l’inspiration française se retrouve également dans les mangas.

#5 - Des parutions simultanées

Si la France peut se vanter d’être le deuxième pays du manga dans le monde, c’est tout simplement car les nouveaux tomes et chapitres sortent parfois en simultanée, en France et au Japon. Une caractéristique exceptionnelle qui s’est démocratisée ces dernières années.

Bien souvent, la traduction d’un manga en France se fait avec un à deux mois de décalage. Mais pour certaines œuvres, comme One Piece ou Boruto, les chapitres sortent en simultané en France et au Japon via des scans !

On peut y rajouter que de nombreux acteurs de l’industrie ont émergé ces dernières années : des traducteurs bien sûrs, mais aussi des sites spécialisés, des applications développées en nombre et de nombreux services de lecture en ligne qui nous facilitent l’accès aux mangas.

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