Le samedi 17 octobre 2026, le NieR:Orchestra Concert 12026 [YoRHa] faisait étape au Palais des Congrès de Paris, Porte Maillot. Nous y étions. Deux heures et demie d’orchestre, de chœur et de chant autour de l’univers de Yoko Taro, avec une particularité que peu de spectateurs avaient vue venir : ce concert est d’abord un récit. Un récit projeté sur grand écran, qui raconte une histoire inédite se déroulant avant NieR:Automata, et que la musique vient habiller. Voici notre avis, ce qui nous a emportés et ce qui nous a moins convaincus.
En bref, pour ceux qui hésitent encore pour la seconde date parisienne :
- Le concert : NieR:Orchestra Concert 12026 [YoRHa], sous la direction d’Eric Roth, avec l’Ensemble Symphony Orchestra & Chorus et les chanteuses Emi Evans et J’Nique Nicole.
- Durée : environ 2 h 30, de 20 h à 22 h 30, entracte de 20 minutes compris.
- Musiques : 18 morceaux issus de NieR:Automata, NieR Replicant, NieR Re[in]carnation, Drakengard 3 et de l’univers YoRHa.
- Langue : narration en japonais, sous-titrée uniquement en anglais.
- Prochaine date à Paris : mardi 20 octobre 2026, au même endroit (billetterie et infos officielles).
Un concert qui se vit comme un visual novel

C’est la grande surprise de la soirée. On s’attend à un concert de musique de jeu vidéo classique, où les morceaux s’enchaînent avec quelques images en fond. Ici, le principe est inverse : pendant 2 h 30, on suit une histoire complète, projetée sur l’écran géant à la manière d’un visual novel. De longues scènes de dialogues, des images du jeu, des prises de vues réelles de déserts et de paysages en ruine, puis l’orchestre et les voix prennent le relais pour porter l’émotion des moments forts.
Cette histoire suit quatre androïdes YoRHa envoyés sur Terre pour l’opération de descente sur Pearl Harbor, bien avant les événements de NieR:Automata. Chacune a sa personnalité, ses doutes et sa façon d’affronter la mission. Les voix japonaises enregistrées sont celles de Yui Ishikawa (No.2), Reina Tanaka (No.4), Mio Hanana (No.21) et Chihira Mochida (No.16).
Si vous avez vu toutes les fins de NieR:Automata, vous reconnaîtrez très vite l’une d’entre elles. Le récit ne la nomme pas tout de suite et le doute reste permis un moment, mais son matricule, No.2, ne laisse guère de place au hasard : il s’agit bien de A2. Le concert devient alors l’occasion d’en apprendre davantage sur son passé et sur les événements qui ont fait d’elle la combattante froide, détachée et solitaire que l’on croise dans le jeu. Pour les amateurs du lore de Yoko Taro, c’est un vrai cadeau.
Ce format n’est pas une lubie isolée : la narration fait partie de l’ADN des concerts NieR. Mais elle n’avait jamais pris autant de place que cette fois-ci. Il y a deux ans, la musique restait au centre de la soirée. En 2026, c’est l’histoire qui mène la danse.
Une musique riche, portée par deux voix remarquables

Musicalement, la soirée est d’une grande richesse. NieR:Automata fournit le plus gros du programme, mais NieR Replicant est presque aussi présent, et l’on entend aussi des thèmes de NieR Re[in]carnation, de l’univers YoRHa et même de Drakengard 3, un jeu plus ancien que tout le monde n’a pas fait mais qui s’inscrit pleinement dans le lore de la saga. Les clins d’œil sont nombreux et feront plaisir aux connaisseurs.
Les arrangements varient beaucoup d’un morceau à l’autre. Parfois, quelques instruments seulement rythment une séquence projetée, comme un accompagnement de cinéma. Parfois, l’orchestre et le chœur au complet déploient toute leur puissance. Eric Roth, qui dirige toute la tournée, mène l’ensemble avec précision.
Les deux chanteuses sont le grand point fort de la soirée. Emi Evans et J’Nique Nicole, toutes deux voix originales de la saga, montent en intensité au fil du concert. Leur chant est juste, puissant quand il le faut, et elles se complètent très bien. Leurs robes colorées tranchent avec les tenues sombres de l’orchestre et du chœur, ce qui attire naturellement le regard sur elles à chacune de leurs apparitions. La clôture sur Weight of the World est un très beau moment.
La tracklist complète du concert
Voici les 18 morceaux joués au Palais des Congrès le 17 octobre 2026, dans l’ordre, avec le jeu ou l’œuvre dont ils sont issus.
| # | Morceau | Œuvre d’origine |
|---|---|---|
| Premier acte | ||
| 1 | The Dark Colossus Destroys All | NieR Replicant |
| 2 | Bipolar Nightmare | NieR:Automata |
| 3 | Mourning | NieR:Automata |
| 4 | Emil | NieR Replicant |
| 5 | Kainé | NieR Replicant |
| 6 | Voice of No Return | NieR:Automata |
| 7 | Kusabi (Wedge) | NieR Re[in]carnation |
| 8 | The Last Song | Drakengard 3 |
| Entracte (20 minutes) | ||
| 9 | City Ruins | NieR:Automata |
| 10 | Fleeting Words | NieR Replicant |
| 11 | Inori (Prayers) | NieR Re[in]carnation |
| 12 | Normandy | YoRHa (pièce de théâtre), repris dans NieR Re[in]carnation |
| 13 | Song of the Ancients | NieR Replicant |
| 14 | Gods Bound by Rules | NieR Replicant |
| 15 | A Beautiful Song | NieR:Automata |
| 16 | The Sound of the End | NieR:Automata |
| 17 | Hai to Inori | Anime NieR:Automata Ver1.1a (ending de la partie 2) |
| 18 | Weight of the World (Prelude Version) | NieR:Automata |
Ce qui nous a moins convaincus
Un récit uniquement sous-titré en anglais

C’est notre principal regret. La narration est en japonais, sous-titrée en anglais, et rien d’autre. Nous n’avions pas été prévenus de ce choix au moment de réserver. Pour une représentation donnée en France, devant un public français, c’est vraiment dommage. Le récit étant une vidéo préenregistrée, une traduction française n’aurait pourtant rien eu d’insurmontable. Si vous ne lisez pas l’anglais, vous passerez à côté de l’essentiel de l’histoire, et donc de la majeure partie de la soirée.
Plus de texte que de musique
Les scènes de dialogues occupent facilement plus de 60 % des 2 h 30, et elles sont souvent un peu trop longues. Certaines sont accompagnées d’une musique douce, quelques notes de violon par exemple, mais beaucoup se déroulent en silence. On finit par repérer le signal : l’éclairage d’une partie de l’orchestre se rallume à la fin d’un dialogue, les musiciens se lèvent, et l’on sait qu’un nouveau morceau arrive. Le rythme qui en découle est assez bancal et ne conviendra pas à tout le monde. Si vous venez uniquement pour la musique, vous risquez d’être déçu.
Une salle immense, pas idéale pour l’acoustique
Avec près de 3 700 places, la grande salle du Palais des Congrès est gigantesque. Ce n’est certainement pas le lieu le plus adapté pour l’acoustique d’un orchestre symphonique. Placés à peu près au milieu de la salle, mais assez excentrés sur la droite, nous avons tout de même profité d’un son très agréable. La salle en pente est en revanche un vrai atout : chacun profite d’une vue dégagée sur la scène, ce qui est très appréciable.
Un écran trop lumineux
L’écran géant paraît moins géant dès que l’on est un peu éloigné de la scène. Surtout, sa luminosité est très forte, au point de piquer les yeux. Nous n’étions pas les seuls à le remarquer autour de nous, même si la sensibilité à la luminosité varie d’une personne à l’autre.
Une soirée accessible et un public exemplaire
Côté organisation, rien à redire. Les places allaient de 54,90 € à 109,90 €, ce qui permettait à chacun de trouver un tarif à sa portée. La salle était assez grande pour que presque tout le monde puisse obtenir un billet, sans la frustration que l’on a connue pour d’autres concerts de musique de jeu vidéo, comme ceux de Clair Obscur: Expedition 33. La date du 17 octobre affichait complet, et une seconde date a été ajoutée le mardi 20 octobre.
Le public français a été remarquable : très réactif, enthousiaste et respectueux du début à la fin. Le chef d’orchestre et les deux chanteuses l’ont d’ailleurs remercié à plusieurs reprises. Après le concert, les détenteurs d’un billet VIP pouvaient participer à une séance de rencontre et de dédicaces avec Eric Roth, Emi Evans et J’Nique Nicole. La soirée a aussi été l’occasion de croiser plusieurs figures du jeu vidéo français, comme Kayane ou Le Joueur du Grenier.
Notre avis : faut-il aller voir NieR:Orchestra Concert 12026 ?
Oui, à condition de savoir à quoi s’attendre. Le NieR:Orchestra Concert 12026 [YoRHa] n’est pas un concert au sens classique, mais une expérience multimédia où le récit prend le pas sur la musique. Si vous aimez l’univers de Yoko Taro, que vous voulez en savoir plus sur le passé de A2 et que vous lisez l’anglais sans difficulté, c’est un excellent moment, riche en clins d’œil jusqu’à Drakengard 3. Si vous venez seulement pour entendre la musique de Keiichi Okabe en live, ou si l’anglais vous pose problème, le format risque de vous frustrer.
De notre côté, malgré ces réserves, nous ne regrettons pas un instant. L’orchestre, le chœur et surtout les deux chanteuses ont offert une interprétation de grande qualité, et l’émotion était au rendez-vous. Une très belle soirée, en somme.
Vous étiez au Palais des Congrès le 17 octobre, ou vous comptez y aller le 20 ? Partagez votre ressenti dans les commentaires, nous serons ravis d’en discuter avec vous.
Questions fréquentes
Combien de temps dure le NieR:Orchestra Concert 12026 ?
Environ 2 h 30 : à Paris, le concert a commencé peu après 20 h et s’est terminé vers 22 h 30, avec un entracte de 20 minutes.
Le concert est-il traduit en français ?
Non. La narration est en japonais avec des sous-titres en anglais uniquement. Une bonne compréhension de l’anglais écrit est nécessaire pour suivre l’histoire.
Qui chante pendant le concert ?
Emi Evans et J’Nique Nicole, voix originales de la saga NieR, accompagnées par l’Ensemble Symphony Orchestra & Chorus sous la direction d’Eric Roth.
Faut-il avoir joué à NieR:Automata pour apprécier le concert ?
C’est fortement conseillé. Le récit se déroule avant NieR:Automata et prend tout son sens si vous connaissez le jeu et ses différentes fins.
Une question ou un avis ?
Nous lisons chaque commentaire et nous vous répondons. Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.