Boire du thé vert japonais réduirait de 40% le risque de cancer du foie, selon une étude sur 42 000 personnes

Thé vert au Japon [source url="https://pixabay.com/fr/photos/th%C3%A9-biologique-poterie-vert-6568547/"]Pixabay[/source]
Thé vert au Japon © Pixabay

Une étude scientifique japonaise de grande ampleur vient d’établir un lien frappant entre la consommation de thé vert et la prévention du cancer du foie. Menée sur près de 42 000 Japonais suivis pendant en moyenne dix-huit ans, l’étude montre que les personnes buvant sept tasses ou plus par jour voient leur risque de développer cette maladie chuter d’environ 40 % par rapport aux petits buveurs. Une nouvelle qui résonne particulièrement au Japon, où le cancer du foie reste l’une des causes de décès les plus fréquentes.

Une étude de référence menée sur près de vingt ans

Les résultats proviennent de la JACC Study, une vaste enquête de cohorte pilotée notamment par des chercheurs de l’université d’Osaka. L’objectif était de suivre sur le très long terme les habitudes de consommation de thé vert d’hommes et de femmes âgés de 40 à 79 ans, afin d’observer d’éventuels effets sur l’apparition de cancers du foie. Selon les données rapportées par le média japonais Nikkan Gendai, l’écart de risque entre gros et petits buveurs de thé vert est apparu statistiquement très net dès le seuil de sept tasses quotidiennes, même si une tendance à la baisse du risque était déjà perceptible à partir de deux à six tasses par jour.

Attention aux « 7 tasses » : un format bien plus petit qu’il n’y paraît

Ce chiffre de sept tasses par jour a de quoi surprendre, voire inquiéter, un lecteur occidental habitué à des mugs de 250 ml. Il mérite pourtant une précision importante : au Japon, l’unité de comptage traditionnellement utilisée pour le thé (hai) désigne une petite tasse japonaise, du type yunomi, dont le volume est nettement inférieur à celui d’une tasse occidentale classique. La source d’origine ne précise pas de volume exact en millilitres, mais cette unité correspond généralement à de petites contenances, de l’ordre de quelques dizaines de millilitres chacune. Sept tasses de ce format représenteraient donc, au total, une quantité bien plus raisonnable qu’un premier calcul basé sur des tasses occidentales pourrait le laisser penser, probablement de l’ordre d’un demi-litre par jour plutôt que d’un litre et demi. De quoi relativiser l’effort à fournir pour espérer bénéficier de cet effet protecteur.

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L’EGCG, une molécule aux propriétés anti-cancer

Cet effet protecteur s’expliquerait par la richesse du thé vert en polyphénols, et plus particulièrement en catéchines. Parmi elles, l’EGCG (épigallocatéchine gallate) est pointée comme la molécule clé : elle possède de puissantes propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires, capables de freiner la prolifération des cellules cancéreuses et de favoriser leur destruction naturelle. Certains minéraux présents dans le thé vert, comme le manganèse, pourraient également contribuer à limiter les dommages subis par les cellules du foie.

Un bénéfice plus marqué chez certains profils

L’effet protecteur du thé vert n’est toutefois pas uniforme selon les chercheurs. Il se révèle particulièrement fort chez les hommes, chez les personnes qui continuent de consommer de l’alcool et chez celles n’ayant pas d’antécédent de maladie hépatique. En revanche, chez les personnes déjà atteintes d’une hépatite chronique ou d’une autre pathologie du foie, le thé vert seul ne semble pas suffire à empêcher une évolution vers un cancer. Le message des chercheurs est donc clair : mieux vaut adopter cette habitude tant que le foie est encore en bonne santé, plutôt que d’attendre l’apparition de complications.

Un geste simple aux effets mesurables à l’échelle du pays

Selon les estimations citées par l’étude, généraliser la consommation de sept tasses de thé vert par jour à l’ensemble de la population japonaise permettrait d’éviter plus de 2 000 nouveaux cas de cancer du foie chaque année. Ramené aux petits volumes évoqués plus haut, l’effort demandé reste tout à fait accessible au quotidien : réparti sur les repas et les pauses de la journée, ce rythme ne demande pas un effort insurmontable. Les chercheurs précisent que le thé infusé traditionnellement à la théière comme les boissons en bouteille du commerce contiennent tous deux les composés actifs recherchés.

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Sencha, bancha, gyokuro : quel thé vert privilégier ?

Au Japon, le terme générique de « thé vert » recouvre en réalité une grande diversité de préparations, toutes issues du même théier mais transformées différemment. Le sencha, thé non ombragé et étuvé à la vapeur, constitue à lui seul près de la moitié de la production nationale et reste la boisson du quotidien par excellence. Le bancha, élaboré à partir de feuilles plus matures ou récoltées entre deux cueillettes principales, en est la version la plus économique. À l’inverse, le gyokuro, cultivé à l’ombre pendant une vingtaine de jours avant la récolte, est nettement plus riche en caféine et se déguste traditionnellement dans de très petites tasses, en quantités minimes. Le hojicha, thé torréfié à forte chaleur, et le genmaicha, mélangé à du riz grillé, complètent ce paysage avec des teneurs en caféine plus faibles, ce dernier étant souvent recommandé pour une consommation en soirée. Un guide détaillé consacré aux différentes catégories officielles de thé vert japonais permet d’y voir plus clair pour choisir la variété la plus adaptée à ses habitudes, notamment si l’objectif est d’atteindre sans excès de caféine les fameuses sept tasses quotidiennes évoquées par l’étude.

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