Meilleure période pour visiter le Japon : le guide complet

Touristes au Japon sous les cerisiers en fleur

Poser la question du « meilleur moment pour partir au Japon » revient un peu à demander quelle est la meilleure saison pour visiter la France : tout dépend de ce que l’on cherche. L’Archipel s’étire sur plus de 3 000 kilomètres, des neiges d’Hokkaido aux plages subtropicales d’Okinawa, et cultive un rapport aux saisons presque obsessionnel, où chaque mois a sa fleur, son plat et son festival. Résultat : il n’existe pas de réponse universelle, seulement des arbitrages entre météo clémente, budget, affluence et envies particulières. Voici de quoi trancher.

Printemps et automne, la beauté qui se paie cher

Cerisier en fleurs sakura

Si l’on s’en tient au consensus général, le podium revient sans surprise au printemps et à l’automne. De fin mars à début avril, les sakura 🌸 transforment parcs et berges en nuages roses, tandis que les températures oscillent agréablement entre 13 et 20°C à Tokyo. Le pic de floraison, généralement situé entre le 24 mars et le 2 avril selon les années et les régions, déclenche chaque printemps une ruée touristique quasi hystérique : hôtels complets des mois à l’avance, prix qui s’envolent, guides indisponibles. À Kyoto en particulier, la pénurie chronique de chambres transforme la réservation en course contre la montre pour quiconque s’y prend moins d’un an en avance.

L’automne, de la mi-octobre à fin novembre, offre une expérience presque miroir, avec le koyo (les feuillages flamboyants) qui remonte le pays du nord au sud, à l’inverse de la vague des cerisiers. Températures autour de 15 à 20°C, ciel généralement dégagé, ambiance moins survoltée qu’au printemps : beaucoup de voyageurs aguerris finissent par préférer cette saison, jugée plus reposante tout en restant spectaculaire. Elle reste néanmoins de plus en plus prisée, novembre concentrant désormais une affluence comparable à celle du printemps.

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Été et hiver, les mal-aimés qui ont tout pour plaire

L’été japonais, de juin à septembre, souffre d’une réputation peu enviable : chaleur écrasante, humidité étouffante, avec des maximales dépassant régulièrement les 30°C à Osaka ou Kyoto dès juillet. La saison des pluies (Tsuyu ☔), qui démarre début juin pour s’achever mi-juillet selon les régions, n’arrange rien, sans pour autant se traduire par des pluies torrentielles quotidiennes. S’ajoute à cela le risque de typhons, plus marqué en fin d’été et surtout en septembre, période particulièrement exposée pour les liaisons aériennes et ferroviaires vers Okinawa.

Mais l’été, c’est aussi la saison la plus festive de l’année : le Gion Matsuri de Kyoto tout au long de juillet, les gigantesques feux d’artifice sur la Sumida à Tokyo, ou encore les danses de l’Obon en plein cœur de l’été. Pour qui accepte de composer avec la chaleur — sorties tôt le matin, pauses climatisées, hydratation permanente —, c’est une période d’une intensité culturelle rare.

L’hiver, de décembre à février, reste la grande période boudée, hormis autour du Nouvel An. Températures fraîches (autour de 5 à 10°C dans le centre du pays), mais aussi la promesse d’un Japon presque désert, de tarifs d’hébergement plus doux, et bien sûr d’une poudreuse mondialement réputée à Niseko ou dans les Alpes japonaises. Le festival de la neige de Sapporo, début février, et les onsen en plein air enneigés complètent un tableau que beaucoup de voyageurs regrettent de ne découvrir que trop tard.

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Les pièges à éviter : quand tout le Japon voyage en même temps

Au-delà des saisons, un autre facteur mérite une attention particulière : le calendrier des congés japonais. La Golden Week, cette succession de jours fériés qui s’étale généralement du 29 avril au 5 mai, voit des millions de Japonais se déplacer simultanément dans tout le pays, faisant grimper les prix et saturant transports et hébergements sans qu’aucun événement particulier ne justifie l’engouement. L’Obon, à la mi-août, provoque le même phénomène, tout comme la période du Nouvel An, de fin décembre au 3 ou 4 janvier, durant laquelle de nombreux commerces et restaurants ferment leurs portes.

À l’inverse, certaines fenêtres restent des angles morts du tourisme international : janvier et février (hors Nouvel An chinois), le mois de juin, ou encore la fin septembre et le tout début octobre. Des périodes où l’on peut espérer visiter un temple de Kyoto sans se frayer un chemin dans la foule, à des tarifs sensiblement plus raisonnables.

Alors, quand partir ?

Au final, la question n’est peut-être pas tant « quand est-ce le mieux » que « qu’est-ce que je suis prêt à sacrifier ». Cerisiers ou tranquillité, chaleur festive ou froid photogénique, chacun de ces choix a son revers. Le Japon, lui, n’a pas de mauvaise saison — seulement des saisons qui ne conviennent pas à tout le monde. Reste à savoir ce que vous êtes venu y chercher.

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