😀👍 Est-ce que les Japonais sont gentils ?

Japonais etranger poignee de main

Les Japonais sont gĂ©nĂ©ralement dĂ©crits comme des personnes extrĂȘmement amicales, polies et prĂ©venantes. Elles sont donc gentilles Ă  l’Ă©gard du moindre Ă©tranger (qui plus est lorsqu’il est Français) qui se rend au Japon et visite l’archipel. Cependant, c’est une gĂ©nĂ©ralitĂ© qui ne s’applique pas partout. Voyons ensemble dans cet article pourquoi les Japonais sont gentils, ainsi que d’autres Ă©lĂ©ments Ă  savoir.

Les Japonais, des humains trĂšs polis

C’est tout simplement l’une des premiĂšres choses que vous dĂ©couvrirez en visitant le Japon. Les Japonais sont extrĂȘmement polis (trop, d’aprĂšs certains). Si vous complimentez un Japonais, il va immĂ©diatement vous contredire en disant « non, ce n’est pas vrai, je ne suis pas si bon ». Certains iront mĂȘme jusqu’Ă  s’excuser si vous les complimentez.  On identifie rapidement une culture de l’excuse et la politesse est poussĂ©e Ă  l’extrĂȘme. Chacun doit bien se comporter en maitrisant de nombreux codes sociaux et hiĂ©rarchiques. Nous vous invitons d’ailleurs Ă  consulter nos articles sur les rĂšgles de politesse, Ă©tiquettes et normes comportementales au Japon.

Cependant, gardons en tĂȘte que les Nippons sont des humains, comme nous. La culture locale influence grandement la maniĂšre d’aborder des inconnus, qui plus est des Occidentaux. Quand des Japonais s’adressent Ă  des inconnus, ils prennent soin d’accorder toute leur attention. Ils vous font gĂ©nĂ©ralement face, quittent leurs appareils portables et hochent rĂ©guliĂšrement la tĂȘte lorsque vous les remerciez. C’est trĂšs apprĂ©ciable, puisque l’on se sent Ă©coutĂ© et compris.

Une femme japonaise parle avec une femme etrangere

Pour les Japonais, le pays et la famille sont considĂ©rĂ©s comme plus importants que soi. Cette idĂ©e dĂ©coule des enseignements de Confucius. Pendant des siĂšcles, les Nippons ont appris dĂšs leur plus jeune Ăąge qu’ils devaient ĂȘtre des membres responsables de leur famille et de leur pays. Aujourd’hui encore, c’est vrai, notamment dans les milieux les plus conservateurs. Chacun se doit de servir les besoins des autres avant les siens. En consĂ©quence, les gens sont devenus obĂ©issants et relativement passifs. Ils sont habituĂ©s Ă  voir leur vie rĂ©gie par des rĂšgles.

Ce conditionnement sous-jacent profite Ă  un Ă©tranger qui va demander des services au Japon. Chacun souhaite aider son prochain en faisant bien attention Ă  son apparence et surtout Ă  l’idĂ©e que l’on renvoie. Non seulement on doit reprĂ©senter de la meilleure façon son clan, sa famille ou son entreprise, mais aussi le Japon ! Il est donc logique que votre interlocuteur japonais soit trĂšs serviable et vous aide au-delĂ  de vos attentes


La jeune génération

Avant de passer Ă  une partie qui critique en rĂšgle de tout un pan de la communication au Japon, abordons rapidement le cas des plus jeunes interlocuteurs japonais. Si vous allez visiter le Japon pendant vos vacances ou dans le cas d’un Ă©change universitaire, vous serez majoritairement confrontĂ© Ă  des gens de votre Ăąge. Les personnes qui ont entre 20 et 35 ans Ă©changeront avec des Japonais de la « nouvelle gĂ©nĂ©ration ».

Cette nouvelle gĂ©nĂ©ration de personnes s’oppose aux « anciens » qui ont connu les dĂ©boires de l’Ă©conomie japonaise dans les annĂ©es 1990. Elle se caractĂ©rise par une attitude plus favorable aux Ă©trangers. Elle est aussi moins investie dans la politique nationale. Ces jeunes, Ă  l’image de leurs Ă©quivalents français, sont nĂ©s dans une pĂ©riode de transition numĂ©rique. Ils connaissent par cƓur le code des rĂ©seaux sociaux et des usages digitaux. Rappelons que le Japon possĂ©dait dĂ©jĂ  Internet sur les tĂ©lĂ©phones Ă  clapet !

Jeune fille japonaise en plein air

Cette plus grande connaissance de l’extĂ©rieur (comprenez : tout ce qui est externe au Japon) facilite grandement la comprĂ©hension et la communication. Les personnes qui frĂ©quentent des universitĂ©s, des bars pour jeunes, des rĂ©seaux sociaux ou des environnements propices auront plus de facilitĂ© Ă  se faire des amis. Les jeunes Japonais ont trĂšs souvent une forte appĂ©tence pour tout ce qui provient de l’Ă©tranger. La France est d’ailleurs l’objet de fascination, et ce parmi toutes les couches de la sociĂ©tĂ© nipponne.

Pour autant, sont-ils tous plus gentils que les « vieux Japonais » ? Bien sĂ»r que non ! Dans les faits, il n’y a pas de diffĂ©rence. Cependant, la jeune gĂ©nĂ©ration est souvent considĂ©rĂ©e comme plus Ă  mĂȘme de surmonter les diffĂ©rences culturelles, de faciliter votre intĂ©gration au Japon et de se mettre Ă  votre place. C’est avec elle que vous pourrez aborder des sujets sensibles tels que le racisme, la discrimination, les diffĂ©rences ethniques ainsi que les problĂšmes de fond.

LĂ  encore, ne nous engouffrons pas dans la gĂ©nĂ©ralitĂ© toute faite. Ce que nous avançons dans les lignes ci-dessus est un ressenti gĂ©nĂ©ral partagĂ© par des dizaines d’interlocuteurs familiarisĂ©s avec le pays du soleil levant. Il y a de fortes chances pour que vous rencontriez des Japonais ĂągĂ©s, tout Ă  fait ouverts d’esprit et agrĂ©ables avec vous !

Une façade ?

Les Japonais sont trĂšs gentils avec les voyageurs occidentaux dans leur grande majoritĂ©. Ils sont aimables, vous renseignent avec gĂ©nĂ©rositĂ© et font leur possible pour que vous vous sentiez Ă  l’aise. Cela est applicable dans les Ă©tablissements occidentaux comme dans les milieux plus authentiques (les ryokan, notamment). Toutefois, certains n’hĂ©sitent pas Ă  parler de façade pour caractĂ©riser et critiquer cet aspect des Nippons. Serait-ce un numĂ©ro d’acteur ?

Cela est particuliĂšrement vrai lorsque vous passez du statut de voyageurs de temporaire Ă  un rĂ©sident permanent (ou de longue durĂ©e). Lorsque l’on habite au Japon un peu plus d’un mois, on va lentement ĂȘtre confrontĂ© au problĂšme sous-jacent du racisme passif des Japonais et de la xĂ©nophobie ambiante. Cela ne concerne Ă©videmment pas tout le monde, et c’est un problĂšme qui s’efface peu Ă  peu avec les nouvelles gĂ©nĂ©rations. Cependant, que vous maĂźtrisiez le japonais de façon courante ou non, vous allez vous retrouver confrontĂ© Ă  un mur, une barriĂšre qu’il vous sera impossible de franchir : celle de l’acceptation universelle dans la sociĂ©tĂ© japonaise. Vous ĂȘtes un Ă©tranger Ă  la base, vous resterez un Ă©tranger.

Main d'un homme avec le drapeau du Japon

Alors bien sĂ»r, les Japonais restent polis dans la majoritĂ© et leur xĂ©nophobie ne va pas se manifester de maniĂšre frontale, avec des critiques et des insultes Ă  haute voix. Cela s’exprime davantage dans la subtilitĂ© des maniĂšres. L’apprĂ©hension face Ă  un gaijin (Ă©tranger), les petits regards furtifs sur le cĂŽtĂ© lorsque vous remarquez que quelqu’un vous fixe, l’obstination avec laquelle certains interlocuteurs font mine de ne pas comprendre votre japonais, le refus pour l’accĂšs Ă  des logements ou Ă  un travail
 Les exemples sont courants et peuvent vous ronger le moral Ă  force d’y ĂȘtre confrontĂ©s.

Tous les Japonais ne sont pas si dĂ©sireux que ça de comprendre ou d’apprendre Ă  connaĂźtre les Ă©trangers. La plupart sont Ă  l’aise et heureux dans leur environnement natal. Ils ne montrent aucun intĂ©rĂȘt Ă  apprendre d’autres cultures. LĂ  encore, c’est une gĂ©nĂ©ralitĂ© qui est superposable Ă  une bonne partie des personnes entre 35 et 80 ans. Les nouvelles gĂ©nĂ©rations y sont moins confrontĂ©es, puisque davantage connectĂ©es avec le monde via les rĂ©seaux sociaux notamment.

Il est difficile de parler de racisme, tant le mot est trop puissant pour qualifier l’attitude des Japonais Ă  l’Ă©gard des Ă©trangers. La xĂ©nophobie est plus appropriĂ©e, mais sa manifestation est moins abrupte que dans nos sociĂ©tĂ©s occidentales. Les Japonais sont naturellement polis, introvertis et prĂ©venants. Ils n’expriment pas facilement des opinions extrĂȘmes ou du racisme. Le citoyen ordinaire n’ira jamais jusqu’Ă  vous insulter dans la rue ou Ă  vous traiter avec hostilitĂ© du fait de votre nationalitĂ© Ă©trangĂšre. Mais en mĂȘme temps, la xĂ©nophobie existe Ă  un niveau trĂšs profond dans la sociĂ©tĂ© japonaise. L’Ă©ducation nationaliste qui se renforce d’annĂ©e en annĂ©e ne risque pas de faire changer la donne