Drapeau du Japon

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Le drapeau du Japon est appelé 日の丸の旗 Hinomaru no hata ou 日章旗 Nisshōki. Il est l’un des plus identifiables dans le monde. Avec une évidente tache rouge centrée sur un fond blanc, il se distingue aisément.

Histoire du drapeau nippon

Le drapeau du Japon tel que nous le connaissons a été solennellement promulgué par une loi du 13 août 1999. Avant cela, aucun texte officiel ne proclamait cet étendard comme la bannière publique du Japon.

Il faut remonter au 27 février 1870 et l’ère Meiji pour retrouver un pavillon similaire. Il était employé lors d’une déclaration et par la suite comme symbole national sur une poignée de navires marchands. Il était fréquent de le voir ressortir sur des manuels scolaires, dans des films de propagande ou encore sur des affiches plaquées au mur. Il fallait éveiller le patriotisme et une source considérable de fierté.

Mais ce drapeau n’était pas adopté par tous. Pour témoignage, la marine intérieure a retenu une autre bannière à partir de 1889 : il disposait aussi d’un soleil rouge sur fond blanc, mais avec 16 rayons concentriques.

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Le drapeau de la marine : on remarque que le disque n'est pas centré

À en croire certains historiens et en particulier les textes de la Shoku Nihongi, les origines du drapeau japonais remonteraient à l’époque médiévale. L’empereur Monmu avait utilisé le premier étendard à thème solaire en 791 après J.-C.

Autre preuve, on trouve dans le temple Unpo-Ji à Koshu (préfecture de Yamanashi) que le plus ancien drapeau japonais que nous possédons. Il daterait de bien avant le XVIe siècle. Selon les légendes, il a été donné à Minamoto no Yoshimitsu par l’empereur Go-Reizei (1025-1068). Aujourd’hui, il est considéré comme un trésor familial par le clan Takeda.

Les polémiques et le drapeau impérial

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Le drapeau de l'armée impériale japonaise

Si vous discutez avec des Coréens ou des Chinois, vous saisissez aussitôt qu’ils ont une animosité envers le drapeau du Japon. Pas pour celui que l’on connaît actuellement, mais surtout pour celui de l’armée impériale japonaise. Il ressemble à s’y méprendre à celui de la marine japonaise, que vous avez vu précédemment en image. Le cercle est cela dit au centre de l’étendard.

L’armée impériale japonaise, Dai-Nippon Teikoku Rikugun, est l’armée de Terre des forces armées de l’Empire du Japon entre 1867 et 1945. Elle a employé ce drapeau nommé Jyūrokujō-Kyokujitsu-ki pendant ses campagnes tactiques.

Durant cet intervalle de temps, l’armée du Japon ne chôme pas et multiplie les conflits militaires : 

  • deux guerres sino-japonaises ;
  • une guerre russo-japonaise ;
  • colonisation de Corée ;
  • première Guerre mondiale ;
  • colonisation et mise en place du Mandchoukouo (Mandchourie) ;
  • campagnes d’Asie (Malaisie, Singapour, Birmanie, etc.) ;
  • guerre du Pacifique.

L’armée impériale japonaise prend de court toute la région asiatique entre 1941 et 1942, en enchaînant les succès stratégiques. Cela lui permet de conquérir une partie de la Chine, plusieurs pays asiatiques et de s’emparer de leurs richesses et ressources naturelles.

Sphère de co-prospérité de la Grande Asie Orientale
Sphère de co-prospérité de la Grande Asie Orientale

À cette époque, l’Empire du Japon désire mettre en place la Sphère de co-prospérité de la Grande Asie Orientale. Cette théorie, qui consiste en un bloc autosuffisant de provinces asiatiques dirigées par le l’empire du Soleil levant et qui ne dépendraient pas des puissances occidentales, peine à s’installer.

Le Japon tâchera de la constituer à coup d’envahissements et de domination militaire. L’adhésion ne sera que forcée et cette idéologie « l’Asie aux Asiatiques » ne sera qu’une devanture. L’authentique enjeu pour l’empire du Japon demeurait l’expansion coloniale du territoire.

Durant cette présence en sol étranger, l’armée nipponne a commis d’innombrables crimes de guerre. On trouve de multiples exemples effrayants d’actes ou d’ordres militaires qui ne respectent pas les traités : homicide systématique de prisonniers chinois, massacres sur civils, expérimentation chimique…

La Chine a été l’un des principaux martyrs de l’occupation japonaise. On pense bien sûr au carnage de Nankin en 1937. Si vous souhaitez en savoir plus, divers livres d’histoire sont parus en français sur le sujet. Vous pouvez également lire « Tokyo », de Mo Hayder, un thriller intéressant qui offre de pénétrer efficacement la question sans en négliger ses épouvantes. Pour récapituler, Nankin est un condensé de ce qui se faisait de pire dans l’armée nipponne : tuerie de civils, de détenus, l’Unité 731 qui mène des expériences sur des cobayes humains…

Les couleurs du drapeau japonais

La palette de couleurs du drapeau japonais n’est pas étendue : il se compose d’un fond blanc et d’un rond rouge en son centre. Ce dernier, que l’on nomme disque solaire, ou « Hi no Maru » représente le Soleil.

Il symbolise la déesse solaire Amaterasu Omikami. Dans la religion shintoïste, largement répandue dans l’archipel nippon, c’est la plus importante et la plus vénérée. C’est elle qui a fondé le Japon et les empereurs sont ses descendants directs.

L’iconographie de l’étendard japonais fait également référence à l’esprit éthique shintoïste du « cœur pur, juste, doux, équitable » :

  • le blanc fait référence à la pureté, l’innocence et l’intégrité ;
  • le rouge fait référence à l’intelligence, la chaleur et la sincérité.

Si vous cherchez les codes couleurs officiels, les voici : 

  • le blanc N9.2 pour un drapeau en nylon et blanc N9.4 pour un drapeau en acrylique ;
  • le rouge 6.2R pour un drapeau en nylon et rouge 5.7R 3.7 pour un drapeau en acrylique ;

Pour ce qui est des couleurs HTML (utilisées sur Photoshop, Internet, Word etc.) :

  • le blanc est #FFFFFF ;
  • le rouge est #BC002D.

Attention, il existe des tailles officielles qu’il faut impérativement respecter :

  • le ratio entre hauteur et largeur doit être de 2/3 ;
  • le diamètre du cercle rouge doit correspondre au 3/5 de la hauteur du drapeau.

Particularité du drapeau japonais

Drapeau japonais devant un batiment
Drapeau japonais devant un batiment

Le rapport que nourrissent les Japonais avec leur drapeau national est assez singulier. On peut dire, sans trop s’avancer, qu’il est moins passionnel que ce que l’on peut observer en Occident, et particulièrement aux États-Unis. Bien sûr, la bannière du Japon est montrée dans les bâtiments publics, sur les ambassades et chaque Japonais le chéri.

Cela dit, on aperçoit qu’il est bien moins mis en avant lors des triomphes sportifs ou pendant les fréquentes fêtes intérieures qui se tiennent chaque année. Contrairement à la France, par exemple, détériorer le drapeau national n’est pas un délit selon la loi. En revanche, si l’on s’en prend à une bannière étrangère, comme celui de la France ou de l’Italie au Japon, c’en est un (chapitre 4, article 92 du Code pénal) ! Même si cela tient sans doute son origine de pressions extérieures et que les gouvernements ont décrété cette loi pour ne pas encourager ce genre d’actes criminels, il est curieux de voir que l’étendard intérieur n’a pas le pareil traitement.

Bandeau hachimaki
Bandeau hachimaki (avec inscription "Victoire assurée")

Pour autant, le drapeau du soleil levant reste commercialement très lucratif et il est décliné à toutes les sauces. Par exemple, les étudiants achètent des bandeaux hachimaki avec le disque rouge pour attester de leur ténacité à réussir un examen ou une épreuve décisive pour le déroulement de leur carrière.

Si l’on évoque l’étendard de guerre aux rayons pourpres du Japon, qui est haï dans un bon nombre de pays asiatiques, il n’a pas été supprimé par les autorités américaines. Il n’est pas interdit non plus par le gouvernement japonais. D’ailleurs, on le voit assez fréquemment dans la rue au Japon, surtout au sein des mouvements nationalistes politiques. Sa relation avec l’armée japonaise impériale n’existe plus, si ce n’est pour les forces navales d’autodéfenses (qui est légèrement différent, car décalé sur le côté gauche).