Un employé de Toyota se suicide, à cause du harcèlement au travail

Une bien triste histoire dans les locaux de Toyota, le groupe emblématique japonais. Les faits remontent à 2017, mais la décision prise par les autorités du travail nippones est claire : le suicide a été causé par le harcèlement de son supérieur au travail.

Une histoire tragique

À l’âge de seulement 28 ans, l’homme aurait été constamment maltraité verbalement par son supérieur hiérarchique, qui l’appelait en permanence « idiot ». Le quotidien était alors devenu un calvaire pour le jeune individu, qui entendait à longueur de journée des phrases ahurissantes comme « tu ferais mieux de mourir ».

Il avait déjà pris un congé en juillet 2016, après avoir été diagnostiqué avec un trouble de l’adaptation. À son retour, il avait changé de section au travail, mais le supérieur était resté le même. Il a été expliqué dans le rapport que ses mains tremblaient en permanence, et qu’il réalisait fréquemment des erreurs inquiétantes. À son entourage, il avait déclaré, quelques jours avant de passer à l’acte : « je veux mourir ».

Au cours de l’enquête interne qui a suivi les faits, le supérieur hiérarchique a avoué.

Harcèlement au travail, une cause de mortalité non négligeable

Cela permet de relancer une nouvelle fois la question épineuse de harcèlement au travail. Au sein de l’archipel, cela fait des années que ce sujet sous-jacent est de plus en plus abordé dans l’opinion publique. Personne n’est dupe, et les diverses persécutions, qu’elles soient morales, au travail ou sexuelles sont désormais décriées.

Sorehara est une initiative mise en place l’année dernière qui avait pour but d’alerter intelligemment les auteurs de ces acharnements : sous couvert de design mignon, ce site proposait aux utilisateurs d’y dénoncer anonymement tous les types de harcèlement et de comportements inappropriés qu’un employé peut subir au quotidien.

L’objectif était alors très limpide, permettre aux salariés victimes d’envoyer un mail anonyme à la personne qui persécute. Une messagerie instantanée était également proposée sur le site Internet, afin de demander de l’aide, de simplement discuter ou de se confier.

En 2015, un article de RTL reprenait une étude statistique sur ce phénomène très alarmant : pour la première fois, le cas de brimades par des supérieurs hiérarchiques au sein même du lieu de travail aurait atteint le nombre historique de 60 000 sur une année. Les statistiques étaient gouvernementales, ce qui ajoute du crédit à cette enquête. Le stress mental est donc quotidien au Japon, et représente l’un des principaux défauts du système professionnel japonais…

À lire également : Le taux de suicide chez les enfants n’a jamais été aussi élevé au Japon

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