Hama Rikyu – Le jardin à côté de Shiodome

Hama Rikyu

Hama Rikyu (浜離宮, Hama Rikyū), est un grand jardin de 25 ha situé dans le quartier de Tsukiji, au cœur de Tokyo. Il est à proximité des gratte-ciel du centre d’affaires de Shiodome. Ces derniers accompagnent la promenade de centaines de voyageurs quotidiens. Ce jardin est un espace de verdure apprécié qui a été créé au XVIIe siècle.

Visite

Surnommé le « jardin du palais isolé de la plage », Hama Rikyu est un jardin de promenade (kaiyū-shiki). Il s’articule autour de plusieurs étangs d’eau de mer qui changent de niveau avec les marées. On trouve un salon de thé sur une île qui accueille les visiteurs pour se reposer et profiter du paysage. Il n’est pas si éloigné du Koishikawa Korakuen, un autre poumon vert de la capitale nipponne.

On explore ce jardin tout le long de la saison. Il offre de nombreux érables, des ginkgo et plusieurs espèces qui lui procurent une apparence agréable à l’œil sous ses couleurs d’automne. Il faut le visiter entre le terme de novembre et le commencement du mois de décembre. Cependant, ce n’est pas l’endroit le plus en vogue pour observer les feuillages d’automne.

Beaucoup le préfèrent en début d’année, essentiellement entre la fin de février et le début de mars pour les fleurs de prunier ; entre mars et avril pour les cerisiers en fleurs (sakura). Le printemps est aussi l’occasion de contempler de superbes champs de fleurs, de pivoines et de canola. Ils sont cultivés sur le site de la villa des Tokugawa et comprennent 800 espèces, dont 60 de pivoines.

Hama Rikyu
Hama Rikyu

Le gros de la balade dans le jardin de Hama Rikyu est l’étang Shiori-no-ike (潮入の池). C’est le plus grand des plans d’eau du parc. Cette lagune artificielle est en lien direct avec la baie de Tokyo. Le niveau suit les horaires de marée et va donc fluctuer au gré des heures. C’est une attraction insoupçonnée qui fait son charme. Elle est en réalité réalisée par une porte d’écluse dissimulée. Le jardin de 25 ha est bordé sur 3 côtés par une douve remplie d’eau de mer.

L’emplacement se divise en deux grandes parties distinctes :

  • l’ancien jardin du daimyo (époque Edo) ;
  • un jardin récent au nord (époque Meiji).

Il n’est pas rare de croiser de nombreux poissons d’eau de mer comme des anguilles ou des mulets lorsque vous vous baladez dans ce jardin. La plupart naviguent autour de l’île centrale Nakajima. Cette dernière abrite une maison de thé (Nakajima-no-ochaya) qui est en activité. Elle a été restaurée en 1983 et peut accueillir des visiteurs. On apprécie aussi sa petite sœur Matsu-no-ochaya (la maison de thé des pins) qui est reconstruit en 2010. Une 3e, réédifiée en 2015, se nomme la Tsubame-no-ochaya (maison de thé de l’hirondelle).

Hama Rikyu
Hama Rikyu

La proximité avec les immeubles résidentiels modernes et les bureaux des quartiers d’affaires de Tokyo n’est pas anodine. Les gratte-ciel dessinent une toile de fond technologique qui vient trancher avec l’aspect traditionnel du jardin Hama Rikyu. Plusieurs employés arrivent pour se ressourcer le temps d’une pause déjeuner en dégustant leur panier-repas bento.

Histoire

Hama Rikyu

Le terrain où se situe le jardin était à l’origine une zone marécageuse à proximité de la baie de Tokyo. Elle se remplissait logiquement d’eau de mer lorsque la marée était haute. À l’époque, la chasse aux canards était extrêmement pratiquée dans ce genre de lieu et Hama Rikyu ne faisait pas exception.

Tsunashige Matsudaira, le frère cadet de Ietsuna Tokugawa, décide en 1654 de construire une résidence et un parc. Elle est nommée Kōfu Hama-yashiki et sert à accueillir certains dignitaires. Son fils la fait passer sous le contrôle direct du clan Tokugawa pour l’élever au rang de palais.

Tout au long de son histoire, l’actuel jardin subira les aléas climatiques, les guerres et les accidents. Un grave incendie ravageur à tout le site en 1725. Progressivement, les différents parcs, les établissements et les infrastructures sont rebâtis.

Il semble que le lieu ait pris de l’importance au fil des années. Les dirigeants japonais, notamment les shoguns, ont décidé d’y implanter plusieurs maisons de thé. Ce sont ces dernières qui ont été réhabilitées au XXIe siècle et que l’on peut visiter dans les installations contemporaines.

Le ministère de la Marine hérite en 1867 (avant la restauration de Meiji) du domaine. La même procédure sera renouvelée l’année suivante pour aboutir dans les griffes du ministère des Affaires étrangères. Le rôle du site ne change pas : accueillir les diplomates. Un bâtiment en pierre sur modèle de l’architecture occidentale est érigé en 1869. Malheureusement, il sera démoli quelques années plus tard en 1889 pour vétusté.

Lors du tremblement de terre de Kanto en 1923, la majeure partie du site sera accidentée. Les bombardements américains qui surviennent 22 ans plus tard, en 1945, continueront de détruire la totalité des infrastructures. Les autorités japonaises se décident rapidement à tout reconstruire selon les plans d’origine. Dès novembre 1945, le parc est cédé par la famille impériale à la ville de Tokyo. Celle-ci entreprend de vastes rénovations pour le rendre accessible au public dès le 1er avril 1946.

Le jardin retrouve peu à peu son éclat d’antan. Il est consacré « site célèbre » et « site de haute importance historique » le 22 novembre 1952. Il est aujourd’hui considéré comme l’un des 29 « sites à la beauté exceptionnelle du paysage » du Japon, d’après le ministère de la Culture.

Comment s’y rendre ?

Hama Rikyu se trouve à 5-10 minutes à pied :

  • du train surélevé Yurikamome ;
  • de la gare Shiodome sur la ligne de métro Oedo.

À 10-15 minutes à pied :

  • de la gare JR Shimbashi.

Informations pratiques

Adresse : 1-1 Hamarikyuteien, Chuo City, Tokyo 104-0046, Japon

Téléphone : +81 335 410 200

Site internet : https://www.tokyo-park.or.jp/park/format/index028.html

Entrée : 300 yens

Horaires : 9 h à 17 h (entrée jusqu’à 16 h 30)

Date de fermeture : 29 décembre au 1er janvier

Temps de visite : 30 minutes à 3 heures