OAV et OVA en anime : définition, origine, différences

Dragon Ball Z OAV

Un OAV (ou OVA, pour « original video animation ») désigne un anime ou un épisode spécial produit directement pour une sortie en vidéo, sans passage préalable par la télévision ou le cinéma. Le terme, apparu au Japon au début des années 1980 avec l’essor du magnétoscope, recouvre aussi bien des séries autonomes que des épisodes bonus rattachés à une franchise déjà existante. Derrière ces trois lettres se cache en réalité toute une histoire, celle d’un format qui a façonné une partie du paysage de l’animation japonaise et qui continue, sous une forme adaptée, d’exister aujourd’hui.

OAV ou OVA : d’où viennent ces deux sigles ?

Les deux abréviations désignent exactement la même chose et sont aujourd’hui employées de façon interchangeable. OAV signifiait à l’origine « original animated video », tandis qu’OVA correspond à « original video animation ». Si le Japon a d’abord privilégié la formule OAV, celle-ci a progressivement été délaissée au profit d’OVA, pour une raison assez inattendue : selon une discussion approfondie sur l’origine du terme, le sigle « AV » y était trop facilement associé à l’industrie du « adult video », c’est-à-dire de la vidéo pour adultes, ou confondu avec le terme technique « audio/vidéo ». Pour éviter tout malentendu, l’ordre des lettres a été inversé, donnant naissance à OVA, qui s’est imposé aussi bien au Japon que dans les pays anglophones.

Certains professionnels de l’industrie ont par ailleurs suggéré une nuance plus subtile entre les deux termes à leurs débuts : OVA aurait été un terme de production, utilisé en interne par les studios pour distinguer les œuvres destinées à la vidéo de celles pensées pour la télévision ou le cinéma, tandis qu’OAV aurait davantage été un terme marketing, employé du côté de la distribution pour signaler qu’il ne s’agissait pas d’un simple sous-produit recyclé d’une œuvre déjà diffusée. Cette distinction s’est toutefois estompée avec le temps, au point que les deux sigles sont aujourd’hui parfaitement synonymes dans l’usage courant.

Publicité

Une définition simple : l’anime pensé pour la vidéo

Concrètement, un OAV est une production animée conçue dès le départ pour une diffusion directe sur support vidéo, qu’il s’agisse de VHS, de LaserDisc ou plus tard de DVD et de Blu-ray, comme le rappelle la fiche de référence consacrée au format. Contrairement à une série télévisée, il n’est pas soumis aux contraintes de diffusion hertzienne : pas de case horaire à respecter, pas de censure liée aux normes télévisuelles, et des budgets souvent plus souples. Cette liberté a permis aux studios de produire des œuvres à l’animation particulièrement soignée, mais aussi d’aborder des thématiques plus sombres, violentes ou matures qui n’auraient pas eu leur place sur le petit écran.

Un OAV peut prendre des formes très variées : un épisode unique d’une trentaine de minutes, un court métrage, ou au contraire une série pouvant compter plusieurs dizaines d’épisodes. Certains sont des œuvres entièrement originales, d’autres des adaptations de mangas ou de romans, et d’autres encore des compléments à une série ou à un film déjà existants, sous forme de suites, de spin-offs, de compilations ou d’épisodes bonus. Il n’est pas rare qu’un OAV apporte une conclusion à une intrigue restée inachevée dans la série télévisée originale, faute de temps ou de budget lors de la diffusion initiale.

L’histoire du format : naissance, âge d’or et déclin

Dallos

Les débuts, dans le sillage du magnétoscope

Le format OAV voit le jour au tout début des années 1980, à mesure que le magnétoscope se démocratise dans les foyers japonais. La demande en animation devient telle que le public n’hésite plus à acheter directement des œuvres inédites en vidéo, sans attendre une diffusion télévisée. La première tentative connue remonte à 1983 avec The Green Cat, mais son statut de tout premier OAV reste discuté, la série n’ayant apparemment jamais été distribuée dans son intégralité. C’est donc généralement Dallos, sorti la même année chez Bandai, qui est considéré comme le premier OAV officiellement désigné comme tel.

Publicité

Le boom des années 1980

Le succès de Dallos ouvre la voie à de nombreux autres studios. Portée par la bulle économique japonaise, la fin des années 1980 voit le marché de l’OAV littéralement exploser : les producteurs n’hésitent pas à financer des projets d’un ou deux épisodes sur un simple pari commercial, avant de décider, en fonction des ventes, de transformer certains titres en séries télévisées complètes. C’est de cette manière que des œuvres devenues cultes, comme Tenchi Muyo!, Gunbuster ou plus tard Little Witch Academia, ont d’abord existé sous forme d’OAV avant de connaître une diffusion télévisée ou cinématographique. Le format sert aussi de véritable carte de visite pour de jeunes réalisateurs qui n’auraient pas encore eu accès aux grands studios ou aux chaînes de télévision, à l’image de Makoto Shinkai à ses débuts.

Le ralentissement des années 1990

L’éclatement de la bulle économique japonaise au début des années 1990 marque un net coup de frein pour la production d’OAV inédits. Les budgets se resserrent, et le format se recentre progressivement sur des contenus liés à des franchises déjà établies plutôt que sur des créations totalement originales. Dans le même temps, la démocratisation des chaînes câblées et satellite, moins strictes en matière de censure, permet à des séries auparavant réservées à la vidéo d’être diffusées directement à la télévision, ce qui réduit encore l’intérêt du format pour ce type de contenu.

Du DVD à l’ère du streaming

Avec la généralisation du DVD, on voit apparaître dans les années 2000 le terme OAD (« original animation DVD » ou « original animation disc »), qui désigne plus spécifiquement les épisodes bonus vendus avec le manga dont ils sont adaptés. Aujourd’hui, l’OAV a largement perdu son rôle de format expérimental et grand budget des années 1980. Comme le souligne un panorama consacré à l’évolution de ces formats direct-to-video, il sert surtout aujourd’hui à proposer des épisodes bonus ou des histoires annexes, glissés dans des coffrets collector aux côtés du manga ou du Blu-ray d’une série déjà populaire, à l’image de ce que proposent des franchises comme Attack on Titan, Hunter x Hunter ou Gintama. De grandes licences comme One Piece ou Détective Conan ont elles aussi multiplié les OAV, sous forme d’histoires originales en marge de l’intrigue principale ou de condensés d’arcs narratifs populaires.

Publicité

OAV, ONA : quelle différence ?

Plus récemment, un nouveau terme est venu s’ajouter au vocabulaire de l’animation japonaise : l’ONA, pour « original net animation ». La distinction avec l’OAV est simple : là où ce dernier suppose obligatoirement un support physique (cassette, DVD ou Blu-ray) au moment de sa sortie, l’ONA est d’abord pensé pour une diffusion en ligne, sans passage télévisé ni sortie vidéo immédiate. Certaines séries commencent ainsi en ONA avant de recevoir une adaptation télévisée classique, comme Hetalia: Axis Powers, tandis que d’autres sont produites directement pour une plateforme de streaming, à l’image de Cyberpunk: Edgerunners sur Netflix. Comme pour l’OAV, la majorité des ONA restent toutefois de courts contenus bonus ou promotionnels liés à une franchise déjà connue, à l’exemple des épisodes courts d’Assassination Classroom: Extracurricular Lesson.

Qui regarde des OAV ?

Historiquement, le public de l’OAV au Japon est majoritairement masculin et adulte. Des études menées dans les années 2000 par de grands éditeurs comme Bandai Visual situaient l’essentiel des acheteurs de DVD d’anime dans la tranche des 25-40 ans, avec une très large majorité d’hommes. Ce profil s’explique en partie par le contenu de nombreux OAV historiques, souvent plus matures, violents ou explicites que ce qu’autorisait la télévision japonaise, mais aussi par le prix plus élevé de ces sorties vidéo par rapport à un simple visionnage télévisé.

Repères chronologiques

Période Ce qu’il faut retenir
1983 Sortie de Dallos, généralement considéré comme le premier OAV officiellement désigné comme tel
Années 1980 Âge d’or du format, porté par la bulle économique japonaise ; nombreuses créations originales à gros budget
Années 1990 Ralentissement lié à la crise économique ; recentrage sur les contenus liés à des franchises existantes
Années 2000 Apparition du terme OAD pour les épisodes bonus vendus avec le manga ; essor du DVD puis du Blu-ray
Années 2000-2010 Apparition de l’ONA, pensé pour une diffusion en ligne plutôt que sur support physique
Aujourd’hui L’OAV sert surtout d’épisode bonus ou d’histoire annexe rattachée à une série ou un manga déjà populaire

FAQ

OAV et OVA, est-ce vraiment la même chose ?

Oui, les deux sigles désignent aujourd’hui exactement le même type de production. Seule l’origine du terme diffère : OAV vient de « original animated video » et OVA de « original video animation », ce dernier ayant fini par s’imposer pour éviter la confusion avec le terme japonais désignant la vidéo pour adultes.

Publicité

Quel est le premier OAV de l’histoire ?

Dallos, sorti en 1983 chez Bandai, est généralement considéré comme le premier OAV à avoir été présenté comme tel, même si The Green Cat, la même année, en fut une tentative antérieure mais incomplète.

Quelle est la différence entre un OAV et un ONA ?

Un OAV implique une sortie sur support physique (VHS, DVD, Blu-ray), tandis qu’un ONA, apparu plus tard, est d’abord conçu pour une diffusion en ligne, sans support vidéo immédiat.

Un OAV peut-il devenir une série télévisée ?

Oui, c’est même arrivé à plusieurs reprises : des œuvres comme Tenchi Muyo! ou Gunbuster ont débuté en OAV avant d’être développées en série télévisée ou en film, en fonction du succès rencontré auprès du public.

Qu’est-ce qu’un OAD ?

L’OAD (« original animation DVD ») est un terme apparu dans les années 2000 pour désigner spécifiquement les épisodes bonus vendus en DVD, généralement accompagnés du volume de manga correspondant.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.