Okinawa : histoire, îles, culture et conseils pour visiter l’archipel

Plage de sable blanc et eau turquoise dans les îles Kerama, à Okinawa
Une plage des îles Kerama, à l'ouest de Naha. Photo : SteFou!, Wikimedia Commons, licence CC BY 2.0.

Okinawa est la préfecture la plus méridionale du Japon : un archipel de 160 îles subtropicales, étiré sur un millier de kilomètres entre Kyūshū et Taïwan. Ancien royaume indépendant, théâtre de la bataille la plus meurtrière de la guerre du Pacifique, administrée par les États-Unis jusqu’en 1972, Okinawa a une histoire et une culture très différentes du reste du Japon. C’est aussi l’une des destinations balnéaires préférées des Japonais. Voici ce qu’il faut savoir avant de partir, à jour en octobre 2026.

Sommaire

Okinawa en bref

Statut Préfecture du Japon depuis 1879, administrée par les États-Unis de 1945 à 1972
Îles 160 îles, dont 47 habitées, sur environ 1 000 km d’est en ouest
Superficie 2 281 km², environ 0,6 % du Japon
Population Environ 1,47 million d’habitants, dont 309 000 à Naha, le chef-lieu (septembre 2026)
Climat Subtropical : 17 °C en moyenne en janvier, 29 °C en juillet à Naha
Accès Environ 2 h 30 à 3 h d’avion depuis Tokyo, 2 h depuis Osaka
Fréquentation Record de 10,9 millions de visiteurs sur l’exercice 2025

Où se trouve Okinawa ? Les îles de l’archipel

La préfecture d’Okinawa occupe la partie sud de l’arc des Ryūkyū, entre la mer de Chine orientale et l’océan Pacifique. Elle se divise en trois grands ensembles :

  • Les îles d’Okinawa, autour de l’île principale (Okinawa-hontō), qui représente plus de la moitié de la superficie et concentre l’essentiel de la population. On y rattache les îles Kerama, l’île de Kume et, plus à l’est, les îles Daitō.
  • Les îles Miyako, à environ 300 km au sud-ouest, réputées pour leurs plages et leurs ponts au-dessus d’une mer turquoise.
  • Les îles Yaeyama, les plus proches de Taïwan : Ishigaki, Iriomote, couverte de jungle, Taketomi et son village traditionnel, et Yonaguni, l’île la plus occidentale du Japon.

Pour situer l’archipel par rapport au reste du pays, consultez notre article sur la géographie du Japon.

L’histoire d’Okinawa

Le royaume de Ryūkyū (1429-1879)

En 1429, le roi Shō Hashi unifie les trois principautés de l’île principale et fonde le royaume de Ryūkyū. Pendant plus de quatre siècles, ce petit État prospère grâce au commerce maritime : vassal tributaire de la Chine, il sert de carrefour entre la Chine, la Corée, le Japon et l’Asie du Sud-Est. Sa capitale, Shuri, mêle influences chinoises et japonaises dans une culture originale.

En 1609, le domaine japonais de Satsuma (l’actuelle Kagoshima) envahit le royaume. Ryūkyū garde une indépendance de façade et continue de payer tribut à la Chine, mais il est désormais contrôlé par Satsuma. En 1879, le gouvernement de Meiji abolit le royaume et crée la préfecture d’Okinawa : c’est le Ryūkyū shobun. Le dernier roi est installé à Tokyo, et une politique d’assimilation commence, notamment contre les langues locales.

Le trône du roi de Ryūkyū dans la salle principale (Seiden) du château de Shuri, avant l'incendie de 2019
Le trône du Seiden du château de Shuri, avant l’incendie de 2019. Photo : CEphoto, Uwe Aranas, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

La bataille d’Okinawa (1945)

Le 26 mars 1945, les forces américaines débarquent dans les îles Kerama, puis, le 1er avril, sur la côte ouest de l’île principale. S’ensuivent près de trois mois de combats acharnés. Les combats organisés prennent fin le 23 juin 1945, après le suicide du général Ushijima, qui commandait les troupes japonaises.

Selon les estimations de la préfecture d’Okinawa, reprises par le gouvernement japonais, le bilan s’élève à 200 656 morts : 65 908 soldats venus du reste du Japon, 28 228 militaires et auxiliaires originaires d’Okinawa, environ 94 000 civils d’Okinawa et 12 520 Américains. Au total, plus de 120 000 habitants de l’île ont péri, soit environ un quart de la population de l’époque. Les civils ont été pris entre deux feux, utilisés par l’armée japonaise, et parfois poussés à des suicides collectifs. Le 23 juin est aujourd’hui le Jour du souvenir à Okinawa, et le mémorial du parc de la Paix d’Itoman porte les noms de toutes les victimes, quelle que soit leur nationalité.

Pour replacer cette bataille dans la guerre du Pacifique, lisez aussi nos articles sur la bataille d’Iwo Jima et le bombardement de Hiroshima.

27 ans d’administration américaine

Après la guerre, Okinawa reste sous administration américaine, alors que le reste du Japon retrouve sa souveraineté en 1952. Les États-Unis y construisent de grandes bases militaires, qui servent pendant la guerre de Corée puis celle du Viêt Nam. On y roule à droite et on y paie en dollars. L’archipel ne revient au Japon que le 15 mai 1972, et il ne repasse à la circulation à gauche qu’en 1978, lors de l’opération « 730 », racontée dans notre article sur la conduite à gauche au Japon.

Les bases américaines, un sujet toujours brûlant

Au 1er janvier 2026, Okinawa accueille 31 installations militaires réservées aux forces américaines. Elles couvrent 8,2 % du territoire de la préfecture et 14,4 % de l’île principale, et représentent 70,3 % de la superficie des installations américaines à usage exclusif au Japon, alors que la préfecture ne pèse que 0,6 % du territoire national.

Le dossier le plus sensible est le transfert de la base aérienne de Futenma, en pleine ville de Ginowan, vers Henoko, sur la côte est, où l’État remblaie la mer depuis 2018 malgré l’opposition de la préfecture. La situation a changé en 2026 : le 13 septembre, Genta Koja, soutenu par le PLD et ses alliés, a été élu gouverneur face au sortant Denny Tamaki, opposé au projet. Entré en fonction le 30 septembre, le nouveau gouverneur a annoncé qu’il acceptait le transfert à Henoko, tandis que les opposants poursuivent leur mobilisation.

Que voir à Okinawa ?

Le château de Shuri et le patrimoine de Ryūkyū

Les Gusuku et sites associés du royaume de Ryūkyū sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2000. Ils regroupent neuf sites : le château de Shuri, le jardin Shikinaen, le lieu sacré de Sēfa-utaki, le mausolée royal de Tamaudun et les ruines des châteaux de Nakijin, Zakimi, Katsuren et Nakagusuku, ainsi que la porte de pierre de Sonohyan-utaki.

Le château de Shuri, ancien palais royal, a été détruit pendant la guerre, reconstruit en 1992, puis de nouveau ravagé par un incendie le 31 octobre 2019. La reconstruction de sa salle principale, le Seiden, touche à sa fin : la cérémonie d’achèvement est prévue le 22 novembre 2026 et l’ouverture au public le 23 novembre. Le chantier, d’environ 12 milliards de yens, a bénéficié de dons venus de tout le Japon et de l’étranger.

Naha et Kokusai-dōri

À Naha, la rue Kokusai-dōri, longue d’environ 1,6 km, concentre boutiques de souvenirs, restaurants et bars. Juste à côté, le marché public de Makishi permet de choisir son poisson au rez-de-chaussée et de le faire cuisiner à l’étage. Le quartier de poterie de Tsuboya est à quelques minutes à pied.

La rue Kokusai-dōri, principale artère commerçante de Naha
Kokusai-dōri, à Naha, en 2023. Photo : Zairon, Wikimedia Commons, CC BY 4.0.

L’aquarium Churaumi

Situé dans le nord de l’île, à Motobu, dans le parc de l’Exposition océanique, l’aquarium Churaumi est l’un des plus grands du monde. Son bassin principal, le « Kuroshio Sea », contient 7 500 tonnes d’eau derrière une vitre de 60 cm d’épaisseur et abrite des requins-baleines et des raies manta. En 2007, l’aquarium a réussi pour la première fois au monde la reproduction de raies manta en captivité. Comptez environ 2 heures de voiture depuis Naha.

Un requin-baleine dans le grand bassin de l'aquarium Churaumi d'Okinawa
Un requin-baleine dans le bassin « Kuroshio Sea ». Photo : pelican, Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0.

Plages, îles et nature

  • Les îles Kerama : à moins d’une heure de bateau rapide de Naha, elles forment un parc national depuis 2014, célèbre pour la transparence de son eau, la plongée et l’observation des baleines à bosse en hiver.
  • Le cap Manzamo, à Onna : des falaises surplombant la mer, dont la forme évoque une trompe d’éléphant.
  • Le nord de l’île (Yanbaru) et Iriomote : leurs forêts subtropicales sont inscrites depuis 2021 au patrimoine mondial avec les îles d’Amami-Ōshima et de Tokunoshima. Elles abritent des espèces endémiques comme le râle d’Okinawa et le chat d’Iriomote.
  • Miyako et Ishigaki, pour des plages plus sauvages et des fonds marins exceptionnels.
Les falaises du cap Manzamo, à Onna, sur la côte ouest de l'île d'Okinawa
Le cap Manzamo, à Onna. Photo : CEphoto, Uwe Aranas, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Dernière nouveauté, le parc à thème Junglia, ouvert le 25 juillet 2025 dans le nord de l’île, mise sur des attractions en pleine nature. Il a accueilli environ un million de visiteurs la première année, un résultat inférieur aux attentes selon son exploitant.

Une culture à part

  • Les langues ryūkyū : la langue d’Okinawa, celles de Miyako, de Yaeyama ou de Yonaguni sont des langues à part entière, apparentées au japonais. L’UNESCO les classe parmi les langues en danger.
  • La musique et la danse : le sanshin, luth à trois cordes tendu de peau de serpent, accompagne les chants populaires, et l’eisa, danse au tambour, célèbre les ancêtres pendant l’Obon.
  • Le karaté est né à Okinawa, à partir des arts martiaux locaux et chinois. La préfecture en a fait le 25 octobre son « Jour du karaté ». Découvrez son histoire dans notre article sur les arts martiaux japonais.
  • L’artisanat : tissus teints bingata, poterie yachimun et les fameux shīsā, ces lions-chiens gardiens posés sur les toits et à l’entrée des maisons.
  • La gastronomie : gōyā champurū (sauté de margose amère), Okinawa soba, porc sous toutes ses formes, raisin de mer (umibudō), taco rice (inventé en 1984 à Kin, près d’une base américaine) et l’awamori, l’alcool de riz local.

Le mythe de la longévité, à nuancer

Okinawa a longtemps été citée comme l’une des « zones bleues » du monde, où l’on vit centenaire. C’était vrai pour les générations nées avant la guerre. Mais les modes de vie ont changé : selon les tables de mortalité de 2020, l’espérance de vie des hommes d’Okinawa n’est plus qu’au 43e rang sur 47 préfectures, alors qu’ils étaient premiers en 1980 et 1985. Les femmes restent 16e.

Quand partir à Okinawa ?

Période Ce qu’il faut savoir
Mars-avril Doux et ensoleillé, début de la baignade sur certaines plages. Attention à la Golden Week (fin avril-début mai), très chargée.
Mai-juin saison des pluies : en moyenne du 10 mai au 21 juin. Elle a duré de début mai à fin juin en 2026.
Juillet-septembre Plein été, mer à près de 30 °C, mais saison des typhons : en moyenne 7,7 typhons par an s’approchent d’Okinawa, surtout en août et septembre.
Octobre-novembre Encore chaud, moins de monde, typhons plus rares. Une très bonne période.
Décembre-février Environ 17 °C, peu propice à la baignade, mais idéal pour les visites, l’observation des baleines (janvier à mars) et les cerisiers, qui fleurissent dès la mi-janvier.

Pour comparer avec le reste du pays, voyez notre guide quand partir au Japon et notre article sur les typhons au Japon.

Conseils pratiques

  • Y aller : de nombreux vols relient Tokyo (Haneda et Narita) et Osaka à l’aéroport de Naha, situé à une trentaine de minutes du centre. Les compagnies à bas coût desservent aussi l’archipel.
  • Se déplacer à Naha : le monorail Yui Rail, long d’environ 17 km et prolongé en 2019 jusqu’à Tedako-Uranishi, relie l’aéroport, le centre et le château de Shuri.
  • Explorer l’île principale : la voiture de location est presque indispensable, les transports en commun étant limités hors de Naha. On roule à gauche, et il faut une traduction officielle de son permis français : voyez notre guide pour faire traduire son permis et notre article sur la location de voiture au Japon.
  • Rejoindre les autres îles : bateaux depuis le port de Tomari pour les Kerama, vols intérieurs pour Miyako et Ishigaki.
  • Le JR Pass ne sert à rien à Okinawa : il n’y a ni ligne JR ni Shinkansen dans l’archipel.

Questions fréquentes

Okinawa fait-il partie du Japon ?

Oui. C’est une préfecture japonaise depuis 1879. Elle a été administrée par les États-Unis de 1945 à 1972, puis rendue au Japon le 15 mai 1972.

Combien d’îles compte Okinawa ?

La préfecture compte 160 îles, dont 47 sont habitées.

Quelle est la meilleure période pour aller à Okinawa ?

Avril, octobre et novembre offrent le meilleur compromis entre chaleur, mer agréable et faible risque de typhon. Pour la baignade en pleine chaleur, juillet reste idéal, à condition d’accepter le risque de typhon.

Pourquoi y a-t-il autant de bases américaines à Okinawa ?

Elles datent de la bataille de 1945 et des 27 années d’administration américaine. Leur position stratégique, proche de Taïwan et de la Chine, explique leur maintien après 1972.

Pour préparer votre séjour, consultez aussi notre guide du premier voyage au Japon et notre article sur le budget d’un voyage au Japon.

Sources

Article mis à jour le 9 octobre 2026.

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