Qui va succéder au Premier ministre japonais Shinzo Abe? Portrait des candidats

Shinzo Abe, premier ministre japonais, est en train de mener son troisième mandat à la tête du gouvernement nippon. Vraisemblablement, ce sera son ultime fonction en tant que personnage de premier plan au Japon, et des noms d’éventuels successeurs commencent à fleurir un peu partout dans la presse locale pour le remplacer au sein de son parti. FuransuJapon vous propose aujourd’hui un tour d’horizon complet sur ces derniers en vue des élections de 2021.

Koizumi Shinjiro, la “Rockstar”

Des années 1960 aux années 1980, soit l’apogée du PLD, soit le parti libéral-démocrate, il y avait une véritable lutte pour prendre la lumière au sein de ce dernier afin de se positionner comme candidat inéluctable pour les élections à venir. Fonctionnement on ne peut plus normal dans un parti sévère cherchant à trier sur le volet le plus rapidement et efficacement possible le domaine de l’interne afin de ne pas devoir répondre d’aucune guerre intestine une fois embarqué dans une campagne électorale.

Aujourd’hui, cependant, l’un des candidats à la direction du parti est Koizumi Shinjiro, âgé de seulement 37 ans. Très jeune, son âge pose problème et bouleverse les normes traditionnelles du LPD et de la politique japonaise en général. Koizumi est d’ailleurs membre de la chambre des représentant et en est à son quatrième mandat, mais ne bénéficie d’aucune expérience dans le cabinet ministériel. En dépit de ces contreparties évidente, les récents sondages le place ne tête avec l’ancien secrétaire général du LPD, Ishiba Shigeru.

Au sein du parti politique, certains estiment que Koizumi manque d’ancienneté, mais il est également aidé par son passif familial. Son père est l’ancien ministre Koizumi Jun’ichiro, resté en poste pendant plus de cinq ans et demi entre 2001 et 2006. Son taux d’approbation du public était d’ailleurs extrêmement élevé. Mais son grand-père est également important au sein de l’histoire politique japonaise, étant par le passé directeur général de l’Agence japonaise de la défense dans les années 1960. Enfin, son arrière-grand-père, Koizumi Matajiro était ministre de la communication avant la Seconde Guerre mondiale. Alors, en ce sens, Koizumi correspond bien au profil type du “politicien héréditaire” dont les Japonais raffolent. 

Si l’on évoque le personnage en lui-même, sa relative beauté plait à l’archipel, son aisance en public ainsi que ses prises de paroles durant son enfance l’ont amené à une popularité certaine. En soi, le personnage ne manque pas de substance.  Directeur de la division d’agriculture au sein de son parti, il a notamment contribué à lancer d’audacieuses réformes, pour réduire l’influence de grands groupes sur le secteur agricole. Voué à la réforme de la sécurité sociale et à la réhabilitation fiscale, il s’attache à vouloir proposer la gratuité des garderies et à l’éducation de la petite enfance grâce à son système d’”assurance enfants”.

Ishiba Shigeru, le poids lourd de la politique japonaise

Membre de la Chambre passe pour son onzième mandat, c’est  le candidat le plus naturellement traditionnel qui s’impose dans les votes pour la prochaine élection. Ishiba est en effet le chef de sa propre faction, bien qu’elle soit assez petite avec 20 membres, mais il a occupé plusieurs postes au sein du Cabinet ministériel. En matière de politique, il a une expérience conséquente et il se targue également d’avoir une expertise certaine concernant la sécurité nationale, de par son poste de directeur de l’Agence de défense puis au sein du ministère de la défense. Tout comme Shinzo Abe, il souhaite une révision en profondeur de l’Article 9 de la Constitution, qui exige au Japon de renoncer à la guerre.

Alors, l’expérience du cabinet Ishiba lui vaut d’être considéré comme un poids lourd certain. Il a également dirigé le ministère de l’Agriculture, des forêts et de la pêche et a servi en tant que ministre de la “revitalisation régionale”. De plus, il a été nommé en tant que secrétaire générale du LPD. En bref, le personnage est classique, conservateur et national pour la politique japonaise. 
En 2018, c’est lui qui lutte avec Shinzo Abe pour le poste de Premier ministre. Parmi les membres de la Diète (dont les votes pèsent le plus lourdement lors d’une élection), il n’a cependant recueilli que 18 % des suffrages, mais en dehors de ce secteur il a remporté plus de 45 % par les membres  du parti.

Néanmoins, les perspectives d’Ishiba lors de la prochaine élection du parti en 2021 ne sont pas aussi prometteuses que son long curriculum vitae et sa forte notoriété pourraient le laisser penser. Beaucoup de candidats issus d’une multitude de factions semblent vouloir tailler leur part du gâteau…

Kishida Fumio, ou le “dilemme”

Kishida Fumio (membre de la chambre basse pour le neuvième mandat), actuellement président du Conseil de la recherche sur les politiques du LDP, est une autre dirigeante de la faction, mais qui a évité tout conflit avec Abe. La faction de Kishida revendique une descendance directe du vénérable Kōchikai, d’où sont nés de nombreux leaders conservateurs du Japon.

Kishida a occupé le poste de ministre des Affaires étrangères d’Abe de 2012 à 2017, malgré des différences idéologiques fortes. C’était d’ailleurs l’ancien rival de ce dernier au sein de son propre parti. 

En attendant patiemment dans les coulisses, Kishida a progressivement perdu son influence politique et son élan dynamique qu’il possédait en 2015. Aujourd’hui, il est dans les sondages tombé sous Koizumi et Ishiba. Enfin, les gens se demandent si en 2021, il choisira de se positionner comme relais politique de Shinzo Abe, ou de tenter un coup de poker différent.

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