Château de Hikone

Le château de Hikone (彦根城, Hikonejō) est l’un des 12 châteaux originaux du Japon. Il a ainsi survécu aux destructions volontaires de la restauration de Meiji, aux catastrophes naturelles (tremblement de terre, typhon, etc.) et aux guerres. Il est situé dans la ville de Hikone au sein de la préfecture de Shiga au Japon. L’édifice est sacré « site historique national » depuis 1951. C’est l’un des 5 seuls châteaux nippons dont le donjon principal est d’époque.

Il s’agit de l’endroit le plus exploré de la localité, à l’ouest du Japon. Il est affectionné par les touristes étrangers comme japonais pour son architecture raffinée et ses contrastes blancs et noirs. Sa visite convient pour toute la famille. Préservé de toute dégradation et reconstruction intégrale, le lieu exhale l’authenticité. L’enceinte originale a été achevée en 1622.

Histoire

Comme la plupart des châteaux japonais, celui de Hikone s’articule autour d’un donjon principal. Il est bâti en 1575. Il fait alors partie du château d’Otsu. Le clan Li décide de le transférer dans la ville de Hikone. Le fils Li Naokatsu achève la construction deux décennies plus tard, en 1622. L’édifice majestueux est exploité au titre de centre administratif du domaine. À cette époque, le clan Li est très influent dans la gouvernance du Japon. Plusieurs postes à hautes responsabilités sont occupés au sein du shogunat Tokugawa.

Les relations avec le pouvoir se dégradent peu à peu. Le dernier seigneur féodal (daimyo) de Hikone, Li Naonori, est mécontent du traitement inhospitalier accordé à son fief. Il devient l’un des premiers appuis de la cause impériale. Il assiste à la guerre de Boshin et encourage plus ou moins tacitement l’empereur.

Lors de la restauration de Meiji, Li Naonori est conforté en sa qualité de gouverneur impérial de Hikone. Quand la politique nationale décrète le démantèlement de toutes les fortifications de l’époque féodale au Japon, l’incroyable se produit : une requête directe de l’empereur épargne le château de Hikone ! Cette obligeance éclaircit en grande partie pourquoi l’emplacement est si authentique de nos jours. C’est l’un des seuls à jouir de sa réalisation originale.

La première partie du XXe siècle est le théâtre de plusieurs perturbations. Les premières rénovations sont entreprises. En 1934, les terrains accueillent plus de 1000 cerisiers yoshino. Le clan Li accorde à la ville de Hikone le site du château en 1944. Lors de la Seconde Guerre mondiale, il est programmé de détruire intégralement la ville le 15 août 1945. Les Américains sont en train de projeter le raid aérien. Soudain, la fin du conflit a lieu à midi le jour même du bombardement. L’opération est annulée.

Le donjon principal du château de Hikone est nommé trésor national en 1952 par le ministère japonais de la Culture. D’autres structures plus typiques reçoivent le statut de « bien culturel important » :

  • l’écurie (馬屋, Umaya) ;
  • la tourelle (天秤櫓, Tenbin Yagura) ;
  • la tourelle de la porte du tambour (天秤櫓, Taikomon Yagura) ;
  • la tourelle Sawachiguchi Tamon (二の丸佐和口多聞櫓, Ninomaru Sawachiguchi Tamon Yagura) ;
  • la tourelle à trois étages (西の丸三重櫓及び続櫓, Nishinomaru Sanju Yagura).

La deuxième moitié du XXe siècle est marquée par diverses réparations majeures. Le donjon principal (ou tenshu) est restauré de 1957 à 1960. Les tourelles sont réédifiées entre 1960 et 1968. Le palais du daimyo est rénové en 1987 en tant que musée du château de Hikone. Certaines faiblesses sont raccommodées entre 1993 et 1996.

Le site est sélectionné en 2006 comme l’un des 100 meilleurs châteaux du Japon. Il séduit plusieurs milliers de touristes chaque année, étrangers comme japonais.

Pourquoi visiter le château de Hikone ?

Situé dans l’ouest du Japon, le site protégeait les environs de Kyoto. Il est stratégiquement positionné pour dominer la circulation sur le grand lac Biwa (à seulement 1 km). L’architecture monumentale conjugue plusieurs styles en une unique bâtisse. Le donjon à trois étages est modeste, mais déploie une allure singulière.

Le château de Hikone se constitue de deux douves d’eaux concentriques. Elles bordent une colline de plus de 100 m appelée le mont Kinki. On dénombre trois sections identifiables :

  • l’enceinte kane no maru (sud-est) ;
  • l’enceinte nishi no maru (nord-ouest) ;
  • honmaru (cour intérieure au centre).

Les matériaux de construction manipulés pour ériger le site proviennent d’autres bastions. L’intégralité des fortifications appartenant au clan Li a été récupérée à Hikone.

Des douves sèches sont positionnées, avec des ponts. Elles permettent de contrecarrer une hypothétique invasion en freinant les assaillants. Leurs faces sont défendues par des pierres. Une rampe en spirale sur un pont en bois peut être aisément démolie en cas d’attaque. Certaines tourelles peuvent être inspectées de l’intérieur.

Bien que l’édifice paraisse plus modeste que les autres châteaux nationaux, le visiteur est confronté en permanence à de nouveaux secrets. C’est en ouvrant l’œil que l’on constate des fentes dissimulées dans les murs. Elles offrent aux archers de tirer leur flèche sur les ennemis. L’architecture élaborée est admirablement conservée.

Lorsque l’on monte les escaliers raides à l’intérieur du donjon du château, on peut gagner le dernier étage. Celui-ci prodigue une vue impressionnante sur le parc et la ville voisine.

Le musée est l’attraction principale de la visite. Il se situe au pied de la colline. C’est une reconstruction partielle d’anciens édifices du palais. On remarque plusieurs pièces de tatamis, des jardins, des couloirs et des bureaux gouvernementaux. Tout a été rebâti dans les années 1980 avec beaucoup de minutie.

Des salles d’exposition ordinaire présentent aux touristes les trésors de la famille Li. On examine aussi des armes, des cuirasses, des instruments de musique, des documents antiques ou des kimonos. Les éclaircissements sont fournis en japonais et en anglais. C’est une formidable approche pour découvrir l’histoire du site, si vous n’êtes pas en compagnie d’un guide.

Le domaine ne fait pas exception à la règle tacite des châteaux japonais : au printemps, les dizaines de cerisiers sont en fleurs. Un spectacle saisissant de pétales roses se déploie. L’éclosion survient en général une semaine plus tard que dans la ville de Kyoto. Les visiteurs s’agglutinent dans le jardin Genkyuen, placé à la base du château.

Enfin, comme dans certains temples et sanctuaires, une grande cloche sonne plusieurs fois par jour. Elle est souvent entretenue par le personnel. Elle sert à donner l’heure, bien que certains Japonais aient une considération plus spirituelle envers elle.

Informations pratiques

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Adresse
1-1 Konkicho, Hikone, Shiga 522-0061, Japon
+81 749 222 742
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Tarif
  • 800 yens (château et jardin)
  • 1200 yens (château, jardin et musée)
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Horaires
8 h 30 à 17 h
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Date de fermeture
Pas de jours de fermeture
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Temps de visite
Entre 1 et 3 heures

Photos