Château de Matsue

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Le château de Matsue (松江城, Matsuejō) est l’un des 12 châteaux d’origine au Japon. Sa tour principale a survécu jusqu’à ce jour aux incendies, au tremblement de terre, aux politiques de démolition de l’ère Meiji et aux conflits. Il est situé à Matsue, dans la préfecture de Shimane. Ses couleurs obscures lui valent parfois les surnoms de « château noir ». Il est aussi appelé « château du pluvier », car sa structure évoque un oiseau déployant ses ailes.

L’édifice a été bâti entre 1607 et 1611 par Horio Yoshiaru, le premier daimyo (seigneur de guerre) de Matsue. Le site est une pépite qu’il faut absolument explorer. Il se présente sous sa forme originale en bois et non en une classique reconstruction moderne en béton. Sa hauteur frôle les 30 m.

Histoire

Après qu’il ait été achevé en 1611, le château de Matsue est affecté à une branche du clan Matsudaira (descendants directs des Tokugawa au pouvoir) en 1638. La localisation du site est avantageuse à bien des égards : il est juché au sommet d’une colline. Il est bordé de douves et de murs épais. Il est apte à résister à des assauts répétés.

Sa date de construction tardive lui épargne les griefs des batailles. Les dégradations ne sont pas occasionnées par les coups de canon, mais par les années qui s’accumulent et les intempéries japonaises. Matsudaira Naomasa (le petit-fils de Tokugawa Ieyasu) devient seigneur du château. Le règne s’allonge sur plus de 10 générations (234 ans).

La restauration de Meiji sonne le glas des installations féodales japonaises. L’ordre de démolition est donné pour tous les châteaux. Celui de Matsue est abandonné en 1871 et deux ans plus tard, l’instruction d’abolition est promulguée. Les bâtisses sont tous vendus pour 4 à 5 yens (d’époque). La tour du château est écoulée pour 180 yens, mais Katsube Honemon, un riche fermier du district d’Izumo, et Gonpachi Takagi, un ancien seigneur féodal, s’allient pour sauvegarder le patrimoine. Tous les bâtiments annexes sont rasés.

En 1927, le château est cédé à la ville de Matsue. Elle l’introduit dans un vaste projet et l’inaugure au public en tant que parc. On y développe la culture. Le terrain est nommé site historique par le gouvernement japonais en 1934. Un an plus tard, la tour principale est consacrée trésor national.

Après les bombes de la Seconde Guerre mondiale et de lentes années de détérioration, le château exige une reconstruction rigoureuse. Elle est amorcée en 1950 et s’achèvera en 1955. La configuration délicate de l’endroit, articulée autour d’une grande tour de guet de six étages, ne simplifie pas les démarches.

Le château de Matsue est peu à peu apprécié à sa juste valeur. Il passe de « trésor national » en 1935 à « bien culturel important » en 1950 (changement de législation). Finalement, le 9 juillet 2015, il est consacré trésor national culturel du Japon. C’est aussi l’un des 100 meilleurs emplacements du Japon à parcourir pour les fleurs de cerisier (sakura). Progressivement, les touristes japonais comme étrangers l’introduisent dans leur itinéraire.

Pourquoi visiter le château de Matsue ?

Seuls 12 châteaux d’époque ont réchappé de la restauration de Meiji et aux différents désagréments de l’histoire. Le château de Matsue est le seul de la région de Sanin. C’est le 2e plus grand monument de ce type au pays du soleil levant, le 3e plus haut et le 6e plus ancien. Sa condition de miraculé lui adjuge une affection non dissimulée des habitants locaux.

L’apparence extérieure demeure imposante. Les couleurs ténébreuses détonnent avec le bleu du ciel et les alentours verdoyants. Bien que la bâtisse ne semble exposer que cinq étages, il y en a un sixième en réalité. Les quelque 30 m de hauteur assènent une formidable première impression. Cela est conforté par les décorations du toit :

  • les shachihoko (鯱) situées sur le toit du donjon (animal marin à tête de tigre) ;
  • le gable de style irimoya (入母屋破風), sorte de couronnement triangulaire qui coiffe l’édifice ;
  • les gargouilles onigawara (鬼瓦), ici d’aspect chimérique sans cornes pour repousser les forces maléfiques ;
  • des fondations apparentes en pierre solide de style nozurazumi (野面積み).

L’enceinte du château s’appelle le parc Shiroyama. On peut accéder gratuitement aux 30 ha disponibles. Divers sentiers offrent de passer sous les murs de pierre escarpés du château. On peut emprunter les coteaux boisés, circuler le long des douves et prendre de jolies photos. Les amateurs de promenades tranquilles apprécieront. Lors des mois de mars et d’avril, le parc s’affuble d’une robe blanche et rose avec ses quelque 200 cerisiers en fleurs. Bien des Japonais se rassemblent en groupe sur les flancs du château.

L’intérieur de l’édifice est tout aussi impressionnant. Les meubles et les divers planchers sont en bois foncé. Il est exigé de retirer ses chaussures à l’entrée. Cela peut apparaître gênant, mais c’est une nécessité pour sauvegarder le bois ancestral.

L’esthétique mystérieuse de la demeure frappe d’entrée le visiteur. La couleur noire n’est pas peinte, mais recueillie avec un enduit d’une confection à partir de kakis non mûrs et macérés pendant cinq ans. On éprouve toute l’authenticité de la structure préservée au fil des années. Le poids des siècles se ressent sur le bois. Cela produit une meilleure impression que dans bon nombre d’autres châteaux japonais qui assument une configuration en béton.

Chaque partie a été imaginée pour le combat. On découvre des zones ishiotoshi (qui servaient à lancer des pierres sur les ennemis), des tsukeyagura (des tours attachées) et des meurtrières. Un vaste puits de 24 m de profondeur et un entrepôt ont été édifiés pendant les périodes de siège. Les escaliers, parfois étroits, sont façonnés pour se prémunir des incendies. Leur polissage et leur décomposition sont à épier en détail.

Le dernier étage est imaginé dans le style Boro. La philosophie nipponne est analogue à ce que l’on trouve dans le château de Matsumoto. Une sorte de tour d’observation est accessible. Elle offre de scruter un panorama à 360° autour du domaine, sans angle mort. C’est l’occasion de prendre de l’altitude sur la ville de Matsue et le lac Shinji.

Des vitrines d’exposition intérieure font partie de la visite. Elles retracent à travers un diorama le parcours des ennemis, la structuration des systèmes défensifs, les raisons de l’emplacement du château… On aperçoit des épées, des casques et des armures qui appartenaient aux samouraïs en temps de guerre. Les explications sont accessibles en japonais et en anglais. C’est une visite ludique pour l’ensemble de la famille.

Après la consultation du donjon principal et du parc, on peut profiter d’une excursion en bateau fluvial autour des douves. Ces modestes embarcations partent toutes les 20 à 30 minutes. C’est une expérience unique qui est à tester. La croisière coûte 1200 yens pour les touristes étrangers, 1500 yens pour les Japonais.

Informations pratiques

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Adresse
1-5 Tonomachi, Matsue, Shimane 690-0887, Japon
+81 852 214 030
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Tarif
  • 680 yens (château uniquement, 470 yens pour les touristes étrangers)
  • 1100 yens (pass château avec le musée Hearn et la résidence des samouraïs)
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Horaires
8 h 30 à 18 h 30 (jusqu’à 17 h d’octobre à mars).
L’accès se termine 30 minutes avant la fermeture.
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Date de fermeture
Pas de jours de fermeture.
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Temps de visite
Entre 1 et 2 heures.

Photos

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