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Shinzo Abe et Suga Yoshihide

Société

3 décisions à attendre de Suga Yoshihide, le nouveau patron du Japon

Depuis ce 14 septembre 2020, Suga Yoshihide est en passe de devenir le prochain premier ministre du Japon. À 71 ans, cet homme politique vient de remporter les élections du parti libéral-démocrate, ultime étape avant de s’emparer de la plus haute fonction du pays. Cela fait suite à la démission de Abe Shinzo, pour des raisons de santé. Dans cet article, nous vous avons listé les trois éléments à attendre de Suga, la nouvelle figure du Japon. Selon ses principes, l’homme insistera davantage sur l’aspect économique, en poursuivant la politique de son prédécesseur.

Inutile de rappeler que Suga est un fervent défenseur de Shinzo Abe, l’actuel premier ministre du Japon. C’est même l’un de ses principaux soutiens, depuis sa prise de fonction en 2011. Quand Suga s’est déclaré candidat le 2 septembre dernier, il a expliqué vouloir continuer et améliorer la politique de Shinzo Abe. La plupart des observateurs ont estimé qu’il n’y aurait aucun revirement ou choix tranchant, dans le mandat à venir. Les mesures d’assouplissement monétaire, les diverses relances budgétaires qui sont en vigueur depuis plus de huit ans seront vraisemblablement maintenues en place. Pourtant, c’est bien elles qui ponctionnent la majorité du budget nippon.

3 — Un renforcement des économies locales

Peu de gens le savent, mais Suga n’est pas issu d’une famille de politiciens. C’est pourtant le cas de la plupart des bureaucrates nippons. L’homme de 71 ans a grandi en tant que fils de cultivateurs de fraises, dans la modeste préfecture d’Akita. Pendant sa longue carrière dans les offices japonais, il est souvent revenu sur sa période qui a véritablement bouleversé sa vie. Grand amoureux des racines profondes que noue un individu avec sa terre natale, il a toujours milité pour relancer les économies locales. En 2008, il inaugure un programme permettant aux Japonais de la région de choisir l’administration locale qui percevra leur taxe d’habitation.

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Dans le même thème, Suga est fréquemment revenue sur la trop grande centralisation de certaines instances au Japon. C’est pourquoi lui souhaite davantage de banques régionales, pour contrebalancer une trop importante concentration à Tokyo. L’homme n’a de cesse de souligner la nécessité de consolider les économies de l’ensemble des préfectures, à l’heure où le déclin démographique bat son plein. Les zones rurales sont davantage touchées que les grandes villes telles que Tokyo ou Osaka.

En tant que Premier ministre, on peut s’attendre à des mesures fortes portant sur les entreprises de petite et de moyenne taille. Les diverses régions du Japon bénéficieront de plus d’aides, en échange d’un plus grand développement. Plus que jamais, l’homme souhaite renforcer les économies locales, au détriment d’une centralisation dans les deux plus grandes villes du pays.

2 — Une réduction des prix

Si son apparence austère ne le laisse pas penser, Suga est un homme qui souhaite la réduction de budget dans plusieurs branches de la société. À plusieurs reprises, il s’en est notamment pris aux entreprises de télécommunications. Le principal reproche concerne les tarifs pratiqués, bien supérieurs à plusieurs pays développés. Si vous habitez au Japon, vous en avez sûrement fait l’expérience. À aucun moment, une entreprise comme Free n’est intervenue pour casser les prix. Par le passé, l’homme souhaitait une réduction du tarif pour les téléphones portables allant jusqu’à 40 % du prix actuel. Le principal défi sera la mise en place de cette loi est qu’elle irait à l’encontre des objectifs fixés par le précédent gouvernement. Pour rappel, le but est d’atteindre une inflation de seulement 2 %.

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Tout cela pourrait être notamment contrebalancé par une augmentation des taxes sur la consommation. Au Japon, la sécurité sociale est au bord de la rupture, en raison du vieillissement de la population. En tant que numéro deux du gouvernement, il a déjà indiqué que les taxes n’interviendraient pas d’ici la prochaine décennie. Mais désormais, rien n’est moins sûr : avec le coronavirus, la situation est encore plus critique.

1 — Numérisation du Japon

Partout dans le monde, le Japon est perçu comme un pays à la pointe de la technologie. Dans le quotidien des Japonais, il est vrai qu’elle est utilisée de diverses manières : dans les restaurants, dans les industries, dans l’immobilier ou encore dans les services publics. Toutefois, la numérisation est devenue une priorité absolue depuis le début de l’épidémie. On le voit, la société verticale nipponne peine à répondre à la demande suscitée par la pandémie de coronavirus et les confinements qui sont liés. Les infrastructures informatiques locales ne sont pas suffisamment connectées et ouvertes à la population. Qu’il s’agisse des systèmes de candidature en ligne, des examens en ligne, de la paperasse plus classique ou financière, le Japon est à la traîne.

Pour cela, Suga s’est dit en faveur d’une réorganisation et d’une unification des institutions gouvernementales. La politique numérique devrait prochainement être gérée par une seule agence, en vue d’une application plus effective. Concrètement, on devrait assister à la disparition de certains services, pour un résultat simplifié, unifié sous la même enseigne et plus lisible pour le citoyen lambda…

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