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Nous l’attendions, et les officiels japonais ont annoncé ce mardi la traduction officielle du nom de la nouvelle page de l’histoire du Japon qui s’ouvrira dès le 1er mai 2019.

Belle harmonie“. Avant que l’héritier Naruhito ne prenne le trône du Japon, toutes les instances devront se conformer à cette nouvelle appellation et mettre à jour leur base de données. C’est par ce sens officiel poétique que sera désignée la prochaine phase de règne.

L’ère de Reiwa commencera dès le 1er mai, un jour après que l’empereur Akihito, actuellement âgé de 85 ans, ait abdiqué et remis le trône à son fils aîné. Le Japon est actuellement en effervescence, tant l’importance culturelle de la famille impériale est majeure. Dans les journaux, on ne parle quasiment que de ça, et le processus de passation de pouvoir, totalement inédit, suscite divers problèmes dans les instances officielles. Si l’événement est préparé depuis des mois, force est de constater que la frénésie demeure totale.

Le Premier ministre Shinzo Abe s’est donc exprimé sur le choix des deux kanji (caractères) utilisés pour écrire le nom de cette nouvelle période. Il faut donc remonter à un ancien livre japonais datant du milieu des années 700, qui décrivait sous des traits poétiques les fleurs de prunier. Le nom de l’ouvrage est Manyoshu, et suggère que la culture est née et est nourrie car les cœurs des gens sont magnifiquement rassemblés. C’est dans cette philosophie que les instances japonaises ont souhaité désigner la prochaine ère qui va s’ouvrir.

Un fonctionnaire du ministère des affaires étrangères a donné la traduction officielle mardi, en expliquant que l’ère désignait donc “belle harmonie”. Et plusieurs voix s’élèvent déjà, certains experts expliquent qu’il y a peut-être même un sens caché : “Rei” désigne davantage aujourd’hui “ordre”, “commandement”, “dicter”. Le ton serait donc bien plus autoritaire que poète.

En 1864 d’ailleurs,”Reitoku” avait été proposé et utilisé donc le même premier caractère pour désigner “Rei”. Mais à l’époque, cette proposition avait été rejetée par le shogunat de Tokugawa. Kazuto Hongo, un historien l’université de Tokyo, estime plutôt qu’il faut y voir un entre-deux. C’est un peu comme s’il était ordonné aux Japonais de parvenir à la paix, plutôt que de penser l’avoir acquise, comme ce serait le cas aujourd’hui…


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