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Depuis quelques mois maintenant, le premier ministre japonais a clairement adouci sa rhétorique vis-à-vis de Pyongyang. Il espère jouer un plus grand rôle dans le conflit opposant les Américains à la Corée du Nord, puisque le Japon est directement visé par la dynastie des dictateurs asiatiques. Un rendez-vous est même envisagé dans l’archipel nippon.

Pourquoi ce changement d’attitude ?

Le passif houleux entre la Corée-du-Nord et le Japon remonte à plus de 40 ans. Dans les années 1970 et 1980, de multiples ressortissants japonais ont été capturés et rapatriés en Corée du Nord, et sont, depuis, captifs. Le premier ministre japonais Shinzo Abe opère un changement radical dans sa politique, qui était jusqu’alors très guerrière vis-à-vis du régime de Pyongyang. Il se dit maintenant prêt à rencontrer Kim Jong-Un “sans condition”, dans le but d’établir des premières relations diplomatiques. En termes de politique étrangère, Shinzo Abe est généralement considéré comme quelqu’un d’impassible et de froid.

Il est plus qu’important que notre pays soit proactif dans la résolution de ce problème“, a déclaré Abe. Selon lui, c’est la seule solution afin de briser une certaine “coquille de méfiance réciproque entre un Japon et une Corée-du-Nord” de plus en plus sur les nerfs. On le voit, mais les rapprochements entre les États-Unis et la Corée du Nord n’offrent pas de résultat immédiat et de garantie de paix à court terme. Le Japon, qui subit les essais de missiles balistiques nord-coréens depuis plusieurs années, entend ne plus se contenter d’un second rôle, derrière les États-Unis.

Mais devant le fort caractère des deux figures, à savoir le premier ministre japonais et le dictateur nord-coréen, difficile d’espérer aboutir à des négociations réfléchies et paisibles. Les deux font bien évidemment passer le bien de leur pays avant toute chose, mais on sait également que la Corée-du-Nord n’est pas prête à abandonner ses programmes balistiques ou nucléaires, quitte à sacrifier sa population. En revanche, en ce qui concerne l’affaire des Japonais kidnappés dans les années 70 et 80, on peut espérer voir des rapprochements familiaux et peut-être un dénouement de l’affaire.

Qu’en pense la Corée du Nord ?

De leur côté, les dirigeants nord-coréens n’ont donné aucune indication publique quant à une éventuelle volonté de rencontrer le premier ministre japonais. L’attitude des Japonais à propos des Nord-coréens est assez ambivalente, un membre du ministère japonais des affaires étrangères avait qualifié Pyongyang de menace “sérieuse et imminente, sans précédent“, au début de l’année. Mais dans le même temps, Abe a lui adopté un ton beaucoup plus conciliant qu’à l’accoutumée, et cherche à trouver des solutions pour mettre fin à ce conflit.

La Corée du Nord, elle, a qualifié le Japon à travers son agence de presse officielle KCNA, “d’état odieux et criminel contre l’humanité”, ou encore de “pays immoral et impudent”. Comme vous l’avez compris, les relations ne sont clairement pas au beau fixe entre les deux nations asiatiques. Tokyo est d’ailleurs une des cibles préférées de Pyongyang, qui en parle sans cesse dans ses déclarations. Dans les faits, comme nous l’avons dit un peu plus haut, plusieurs missiles ont déjà été lancés sur le territoire japonais, ou du moins dans le ciel japonais. Le dernier s’était notamment arrêté en pleine mer, après avoir survolé un morceau d’une des quatre îles principales japonaises.

L’attitude du premier ministre japonais n’est d’ailleurs pas anodine dans le contexte politique international actuel. Le dirigeant nord-coréen élargit de plus en plus son cercle diplomatique, notamment en rencontrant dernièrement le dirigeant russe Vladimir Poutine. Mais il s’est également concerté avec Donald Trump, le président chinois Xi Jinping également son homologue sud-coréen. Pour ne pas couler et perdre de l’influence, le Japon se doit de réagir et de se mettre à la table des négociations. Reste à savoir si les Nord-coréens sont prêts à écouter, est difficile d’imaginer qu’ils feront preuve de bonne foi…

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1 COMMENT

  1. […] Les autorités estiment que ce missile pourrait être un modèle mer-sol balistique, tiré à partir d’un sous-marin. Cela fait plusieurs années que les autorités de Kim Jong-un travaillent sur ce genre d’arsenal militaire. Shinzo Abe, le Premier ministre japonais a condamné avec fermeté cet énième essai. Selon lui, “ce tir de missile balistique viole les résolutions du conseil de sécurité de l’ONU”. L’homme, qui peine à exprimer son influence dans ce conflit, souhaitait, l’année dernière, rencontrer le dirigeant coréen. […]

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