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Pourquoi les Japonais sont-ils si disciplinés ?

Femmes japonaises

Quand on se tourne vers le Japon et ses habitants, plusieurs choses nous frappent. Indéniablement, la discipline dont la majorité fait preuve est assez marquante, du moins pour un Français. Dans cet article, vous trouverez plusieurs éléments de réponse, afin de tenter d’expliquer cette particularité de la culture japonaise.

Une culture traditionnelle

La discipline du peuple japonais s’explique en grande partie par l’éducation, ainsi que les habitudes et normes dans les relations et les groupes au Japon.

La culture traditionnelle japonaise se fonde sur le système civil confucéen. Toute relation est basée sur la distinction entre les supérieurs et les inférieurs ; ce qui explique pourquoi les cartes de visite sont souvent la première chose échangée lors d’une rencontre. Le supérieur a le droit d’être écouté et obéi, mais il a aussi l’obligation de veiller aux besoins de son inférieur. La personne de rang inférieur a l’obligation d’obéir, mais peut s’attendre à ce qu’on s’occupe d’elle de manière appropriée. Par conséquent, la discipline commence tôt et se poursuit tout au long de la vie, tout comme le respect de l’ordre civil. Si ce système est très complexe, des relations simples le structurent : homme contre femme, âge contre jeunesse, patron contre travailleur, etc. Tout est hiérarchisé.

Une autre facette de l’organisation est la vision traditionnelle de la famille en tant que groupe (hiérarchique, l’homme le plus âgé étant le plus haut et la femme la plus jeune étant souvent la plus basse ; là encore, c’est un système complexe qui évolue progressivement). Personne n’agit jamais seul, mais toujours en tant que représentant de la famille. La même chose est vraie pour toutes les autres organisations de la vie : amis, école, entreprise, quartier, groupe de loisirs, etc.

Le fait de ne pas se distinguer est très important pour les Japonais en raison de la société de groupe du Japon. Le Japon n’a pas une culture qui embrasse les individualités. Il faut s’intégrer et respecter un groupe d’individus. Toute personne représente en public l’ensemble des groupes auxquels elle appartient, si bien que l’action civile est particulièrement limitée et réglementée. Tout cela fait du Japon l’une des nations les plus sûres du monde, mais à cause de la complexité du système, dont le langage et le comportement sont à peine perceptibles, il est très difficile d’en faire partie.

Il existe une blague selon laquelle, lorsque trois Japonais partent en voyage, ils choisissent un chef pour les diriger : c’est un bon exemple de consensus de groupe.

En troisième lieu, il convient de faire la distinction entre le public et le privé. Les éléments ci-dessus concernent la vie publique. En privé, il y a beaucoup de liberté. Il est possible d’enfreindre de nombreuses règles tant que les actions sont inconnues ou ignorables. En revanche, si les indiscrétions deviennent publiques, l’individu est puni par chaque groupe que l’action a couvert de honte, voire de manière civique si les lois en vigueur ont été enfreintes. Avec le changement qui s’opère au Japon, certains de ces éléments ne s’appliquent plus de manière générale, mais ils sont toujours profondément présents.

Le cas des écoles publiques

Hormis leur code vestimentaire, les écoles japonaises n’ont pas de concierges. Les étudiants sont tenus de rester après l’école et de passer du temps chaque jour à nettoyer les sols et à nettoyer les toilettes. Ainsi, les élèves sont sensiblement plus respectueux de l’environnement au Japon, car ils savent qu’ils doivent nettoyer tous les dégâts qu’ils ont eux-mêmes causés. Cela s’applique fatalement à la discipline.

Il est rare que les écoles japonaises engagent des enseignants remplaçants. Si un enseignant est malade, vous devez vous asseoir tranquillement à votre bureau et étudier. Dans la cantine également, les élèves doivent servir la nourriture préparée sur place et doivent manger jusqu’à la dernière miette.

Pendant leurs premières années d’école, les élèves ne passent pas d’examens. Elles servent à inculquer les bonnes manières et les règles de politesse, ainsi que des connaissances de base comme la lecture et l’écriture. L’une des énormes différences entre les étudiants japonais et français se situe dans les trois premières années de l’école publique. Les professeurs japonais s’efforcent de ne pas forcer les choses, mais de pousser leurs élèves à se taire, à écouter attentivement et à se concentrer calmement sur ce qu’ils font en cours à ce moment-là. Il en ressort une plus grande discipline vis-à-vis des consignes, mais une moins bonne réflexion personnelle.

Dans le système éducatif japonais, l’accent est mis sur un environnement de classe calme qui permet une concentration en silence. Quand un ou plusieurs élèves perturbent ce calme, les enseignants sont passés maîtres dans l’art de « serrer les vis », en démontrant le fait que la mauvaise conduite blesse d’abord les autres. La honte est une menace souvent brandie, et qui a des conséquences énormes au Japon.

Pour finir, il est important de rappeler que tous les Japonais ne sont pas disciplinés. Certains le sont plus que d’autres. Néanmoins, ce trait de caractère, associé au respect des hiérarchies est vital pour quiconque souhaite travailler et vivre au Japon. Vous l’aurez compris en lisant cet article, la discipline se retrouve un peu partout au Japon, que ce soit dans les rapports, dans la culture et dans les comportements.

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