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Six fois. Le tout nouvel empereur du Japon s’est adonné à six représentations et autant de petits discours afin de s’adresser pour la première fois au peuple japonais. Au total, des dizaines de milliers de personnes ont fait la queue pendant des heures afin de contempler la nouvelle figure la plus symbolique de l’archipel. Même s’ils avaient pu l’apercevoir par le passé, c’est depuis l’abdication de son père la première fois que Naruhito s’adressait à ses sujets en tant qu’empereur. Revenons sur son premier discours.

Abordons déjà le personnage à l’aide une rapide présentation : 59 ans, jeune et dynamique, souriant. C’est de cette manière qu’est apparu l’empereur de l’ère Reiwa. Ce samedi, sur le balcon du palais impérial à Tokyo, il s’est présenté en compagnie de l’impératrice Masako, sa femme, et le reste de sa famille impériale. À l’occasion, ce sont des milliers de Japonais qui ont brandi en l’air une marée de drapeaux rouges et blancs, donnant lieu à un spectacle époustouflant. D’autres, comme un symbole de modernité démesurée, ont pris des milliers de photos sur leurs téléphones.

Changement d’époque, changement d’empereur, tout est à refaire dans les cœurs des Japonais. La transition est d’ailleurs très douce et merveilleusement orchestrée par le précédent empereur Akihito. Dans un court discours, Naruhito a déclaré à la foule qu’il était “ravi et profondément reconnaissant” de prendre ses fonctions. Il souhaite d’ailleurs à tous les Japonais “une bonne santé et un bonheur inégalable”. Après s’être exprimé directement aux personnes, il a rapidement développé en exprimant ses vœux les plus sincères pour le pays, le Japon. Dénué de pouvoir politique, il ne peut qu’espérer, et c’est ce qui en ressort de son premier discours : un meilleur développement dans le futur, un travail de plus en plus communicatif avec d’autres pays à la recherche de la paix dans le monde. L’empereur sera le premier exemple de sa lignée à être si international dans sa façon de penser : lui-même a été formé à Oxford.

En bref, ce spectacle s’est répété six fois ce jour-là, chaque heure. La famille impériale apparaissait alors sur le balcon, ce qui permettait à un nombre de plus en plus grand et imposant de voir et surtout d’entendre leur nouveau monarque. Pour l’occasion, des centaines d’agents de police ont formé un dispositif de sécurité impressionnant.

Tout cela fait suite à l’abdication de l’empereur Akihito, qui a décidé à 85 ans de se retirer de sa position symbolique. C’est le premier empereur à faire ainsi depuis 200 ans. Alors, en tant que fils aîné, Naruhito a accédé au trône du chrysanthème lors d’une petite cérémonie ce mercredi. Tout cela marque l’entrée dans la nouvelle ère, Reiwa (qui signifie belle harmonie). Également, l’ensemble des Japonais va passer dans un nouveau système de calendrier traditionnel, où 2020 sera la seconde année. L’événement de ce samedi était la première occasion de se rassembler entre Japonais, et de célébrer ce nouveau passage temporel historique.

Selon un sondage de Kyodo News, quatre Japonais sur cinq ressentent déjà de l’affection pour leur nouvel empereur. Également, il permet de se rendre compte qu’une proportion similaire soutiendrait une femme qui monterait sur le trône dans le futur. Cela démontre bien que les Japonais sont prêts au changement constitutionnel, puisque ce n’est actuellement pas possible en vertu de la législation japonaise. Dans l’état actuel des choses, la famille impériale est composée de 18 membres, pour seulement trois héritiers. Par exemple, Naruhito et Masako ont une fille, la princesse Aiko (17 ans), qui n’est pas éligible. Se réduisant de plus en plus, le changement constitutionnel semble obligatoire afin de faire perdurer la tradition impériale au Japon.

Pour rappel, les empereurs japonais étaient autrefois considérés comme des dieux, officiellement et officieusement. Depuis la constitution rédigée par la plume des États-Unis, après la Seconde Guerre mondiale, le rôle de l’empereur a été réduit à un symbole de l’État et de l’unité du peuple. Il est donc beaucoup plus facile actuellement de rédiger un changement de constitution qu’auparavant. De plus, les émissions, les reportages et les livres se multiplient ces dernières années, ce qui a grandement informé l’opinion publique japonaise sur les problèmes de successions impériaux. La démocratisation du Japon, qui demeure tout de même un pays très conservateur, permet également aujourd’hui d’aborder le thème de l’intronisation des femmes dans la discussion des droits impériaux.


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