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Aujourd’hui, les réseaux sociaux sont complètement entrés dans la vie de la majorité d’entre nous. Que ce soit pour suivre l’actualité, pour exprimer ses opinions sur un tas de sujets, ou encore pour simplement servir de réseau social avec ses amis, nous échangeons et participons en permanence sur Internet. Les étudiants japonais sont comme nous, et utilisent aussi bien Twitter que Facebook.

Scruter les réseaux sociaux…

Mais imaginez un instant que votre école ou votre organisme vous demande vos informations détaillées sur réseaux sociaux ? En particulier, comment réagiriez-vous si votre lycée vous demandait de donner vos noms d’utilisateurs ? On peut imaginer que pour la majorité, ce serait très gênant.

Cette histoire s’est véritablement déroulée dans un lycée au Japon. Un utilisateur japonais de Twitter, @asanansonsi, qui est actuellement en deuxième année, s’est confié sur Internet. Il a longuement témoigné à propos des pratiques de son école, afin de mettre un maximum de personnes au courant d’une procédure qu’il juge aberrante.

Tout consiste en un formulaire qui ne contient que des questions de base. Si l’angle est bien celui des réseaux sociaux, les cases à cocher et les espaces à compléter sont de l’ordre du général, par exemple « utilisez-vous Twitter ? ». Et tout devient un peu plus obscur aux questions qui suivent, qui demandent d’aller plus loin en donnant, d’abord, le nombre d’amis que les étudiants ont sur chaque plate-forme. Après cette première phase de questions, le lycée va donner un formulaire à ceux qui ont répondu « oui » à la question « utilisez-vous tel réseau social ? ». Et il sera bien plus direct, car sous couvert de « problèmes causés par les médias sociaux », l’école inscrit noir sur blanc qu’elle va effectuer de véritables patrouilles sur Internet. Elle demande même de noter explicitement les noms d’utilisateurs que chacun utilise sur ses réseaux sociaux.

… où sont les limites ?

Après la publication de ce témoignage sur Internet, beaucoup se sont indignés en expliquant que ce genre de procédure ne respectait pas la vie privée des étudiants. De plus, en se sachant surveillés, les utilisateurs vont consciemment et inconsciemment réduire leur liberté de parole et d’expression. Enfin, ils seront bien plus vulnérables aux sanctions, puisque l’historique de leur conversation sur les réseaux sociaux sera observable par la direction de l’école, qui pourra prendre des décisions en conséquence de la moindre critique.

L’école souhaite appliquer un règlement à la lettre. Elle a d’ailleurs déclaré que “les étudiants ne peuvent pas utiliser de comptes sur ces réseaux sociaux différents de ceux qu’il inscrit sur sa feuille. Si vous êtes surpris en utilisant un autre compte, vous serez renvoyé de l’école“.

Pour le moment, l’utilisateur de Twitter en question a simplement mis son compte Twitter en mode privé, ce qui le rend inaccessible à tous ceux qui ne sont pas acceptés par ses soins.

Si nous sommes encore loin de ce genre de procédure en France, on peut s’interroger quant à la limite des pouvoirs de ce type d’établissement. Le monde vit dans un climat de tension permanente, et les gens sont de plus en plus enclins à troquer un bout de leur liberté privée pour obtenir un peu plus de sécurité. Mais dans un établissement qui concerne les mineurs et les personnes en plein apprentissage de la vie de ses valeurs, ce genre d’initiative est bancal, et on peut remercier le témoignage de cet internaute japonais qui a mis au jour cette pratique dans certains des lycées japonais.

Dans un pays où le taux de suicide chez les adolescents est le plus élevé au monde, certains spécialistes dressent un lien direct avec le système éducatif japonais qui prend de plus en plus l’apparence d’un goulot d’étranglement. Les règles strictes s’appliquent d’ailleurs à l’école, et dans la vie quotidienne.

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