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L’Europe demande au Japon d’assouplir ses restrictions de voyage

Japon avion

Chaque jour, le Japon recense des dizaines de cas de contamination de coronavirus. Si la situation est évidemment bien meilleure comparée à celle des États-Unis ou du Brésil, elle reste très préoccupante. La population nipponne, la plus vieille du monde, fait l’objet d’une attention toute particulière de la part des virologues. Cela n’a pas empêché les compagnies aériennes européennes de faire pression sur le gouvernement afin d’alléger les restrictions aériennes en matière de tourisme.

L’Europe fait pression

« Les restrictions ne semblent pas vraiment fondées, et certaines entreprises européennes craignent que de nouvelles restrictions puissent être imposées de manière arbitraire à l’avenir ». C’est avec ces mots que Michael Mroczek, le président du European Business Council, s’est exprimé sur la situation japonaise.

Nous sommes donc en présence du principal lobby européen des affaires au Japon, qui fait directement pression sur le gouvernement pour assouplir les restrictions de voyage. Rappelons que ces dernières doivent limiter la propagation du coronavirus, qui a jusqu’alors été relativement bien contenu au pays du soleil levant.

À la date du 22 juin 2020, le Japon n’a toujours pas rouvert ses frontières. Tous les vols touristiques qui étaient prévus pour le mois de juin ont été annulés. On ne sait pas encore si le mois d’août sera également concerné, à la grande peine des compagnies aériennes. Des dizaines de milliers de voyageurs sont toujours dans le flou, alors même que d’autres pays comme la Grèce ou l’Italie ont décidé de rouvrir leurs portes.

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Des règles « pas vraiment fondées »

Selon Michael Mroczek, les règles extrêmement strictes que le Japon a mises en place sont beaucoup trop sévères. En allant plus loin, il a estimé que beaucoup d’entreprises européennes possédant leur siège en Asie pourraient déménager ailleurs. La situation en Corée est similaire. Il se dit soucieux du sort des hommes d’affaires, qui ne peuvent voyager nulle part.

Mais bien évidemment, le tourisme international, qui génère des milliards d’euros chaque été est indirectement abordé. Plus de 111 pays et régions sont interdits de séjour au Japon, ce qui comprend, logiquement, la France.

Comme nous vous l’avions rapporté il y a quelques semaines, les discussions sont en cours pour alléger les restrictions de voyage pour certains pays. Cela comprend la Nouvelle-Zélande, l’Australie, la Thaïlande et le Vietnam. Bref, des pays proches du Japon, qui bénéficieront d’un assouplissement progressif et prioritaire des règles. Un quota de 250 personnes, des hommes d’affaires principalement, sera prochainement mis en place.

Une situation déloyale

L’affaire n’est pas qu’une question de sous. Toujours selon M.Mroczek, les hommes d’affaires européens et japonais ne sont pas sur un pied d’égalité. « J’ai également entendu un important fabricant de cosmétiques dire que les dirigeants européens basés ici au Japon ne peuvent pas voyager en Europe avec leurs clients ou rencontrer des clients en Europe, alors que leurs homologues des entreprises japonaises peuvent simplement monter dans l’avion et retourner en Europe. »

Selon lui, le Japon devrait songer à laisser les résidents permanents et de longue durée rentrer au pays du soleil levant. Toutes les précautions doivent être prises. Rappelons que les étrangers ne représentent qu’environ 2 % de la population.

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La question des lobbys étrangers faisant pression sur le gouvernement japonais est relativement nouvelle. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le Japon a entretenu des liens financiers avec l’Occident. Cependant, c’est bel et bien depuis l’accord d’exportation (vin, beurre) datant de février dernier que l’influence européenne s’est gonflée.

Pour le moment, le gouvernement japonais n’a pas souhaité réagir. D’ailleurs, les réactions au sein même du gouvernement sont multiples. À la question de savoir si les frontières pourraient être potentiellement assouplies prochainement, un ministre avait récemment déclaré « qu’il n’en savait rien ». Affaire à suivre…