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Jumpei Yasuda, journaliste japonais et ancien otage en Syrie, s'excuse d'avoir impliqué le gouvernement

Phénomène assez incroyable d’après nos convictions occidentales. Si en France, les anciens otages sont accueillis héroïquement à leur libération, à l’instar d’Ingrid Betancourt, ce n’est pas le cas au Japon. En effet, après un premier retour assez terne des habitants de l’archipel, le journaliste est même allé jusqu’à s’excuser.

Des excuses publiques

Jumpei Yasuda est un journaliste freelance qui couvrait les différents conflits existant en Syrie. Il a, vendredi, présenté ses excuses au gouvernement japonais, pour « les avoir impliqués dans ses efforts pour sauver la Syrie ». Ces déclarations chocs témoignent de l’importance du lien entre être humain et nation au Japon. Le journaliste est néanmoins resté catégorique sur l’importance de fournir une couverture d’actualité concernant cette zone majeure de conflit.
« Je suis désolé d’impliquer le gouvernement japonais dans l’affaire » a déclaré le principal intéressé de 44 ans. Lors de cette première conférence de presse depuis son retour, énormément de journalistes, confrères, étaient présents pour recueillir ses propos. Pour ce qui est de la position officielle du gouvernement, le Japon estime que se rendre dans des pays ravagés par les diverses guerres, civiles ou militaires, est une erreur risqué. Ainsi, le fait que ce journaliste se soit rendu dans une zone de conflit importante marque une controverse et clive la population japonaise. Est-ce une bonne chose de couvrir tous les conflits du monde, ou bien il faut faire l’impasse sur certains, comme la Syrie ? Ce journaliste est contre cette dernière proposition et souhaite promulguer l’information à tous, malgré les risques.
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Détention

Devant ces centaines de journalistes, Yasuda a déclaré que sa capture s’est produite en Syrie peu après avoir traversé la frontière avec la Turquie, à pied, en juin 2015. Depuis plus de 3 ans donc, ce journaliste était aux mains de ses ravisseurs. Sa motivation pour se rendre en Syrie était selon lui : « pour en savoir plus sur le groupe militaire Etat Islamique ».
Pendant plus de deux heures et demie, il est notamment revenu sur ses conditions de détention, et les violences qu’il a subies aux mains du groupe islamiste qui le retenait. Cependant, il n’a jamais été au courant de l’affiliation exacte et de l’identité de ses ravisseurs.
Yasuda a été transféré à plusieurs reprises depuis juin 2015. Le traitement qu’il subissait était variant de tolérable dans le meilleur des cas, jusqu’à proche de la torture. Il a ainsi décrit qu’il avait été battu, empêché de bouger ou d’émettre un seul bruit pendant des jours, ou encore victime d’un isolement complet. Pour avoir une chance de se déplacer une fois dans la journée, il s’est même converti à l’Islam. Devenu musulman, il a pu prier chaque jour et ainsi avoir un peu de répit.
Plus tard dans sa conférence de presse, le journaliste japonais nuance ces conditions dramatiques en racontant qu’à d’autres moments de sa captivité, ses conditions se sont améliorées : autorisé à regarder la télévision, à tenir un journal privé et, plus important, obtenir la promesse qu’il n’allait pas être tué.
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Le regard des Japonais : l’avis de Yasuda

« C’est naturel que les gens critiquent et examinent ce que j’ai fait en allant en Syrie. Il était difficile pour le gouvernement japonais de me secourir, et je suis le seul responsable de ce qui m’est arrivé » déclare Yasuda.

Malgré cette déclaration, il souligne toujours l’importance des journalistes reporters qui couvrent les conflits, et ce depuis plus d’un siècle. Les guerres dans le monde doivent être couvertes et c’est absolument nécessaire que les gens soient témoins et informés de ce qui se passe. En 2003, Yasuda s’était déjà engagé pour couvrir la guerre en Irak. En 2004, il avait été détenu dans les banlieues de la capitale Bagad, mais avait été libéré trois jours plus tard.
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Quoi qu’il en soit, Yasuda est hospitalisé depuis le 25 octobre afin de suivre un traitement spécialisé. Le gouvernement japonais a nié avoir payé une rançon pour obtenir sa libération. Le conflit continu de diviser les Japonais, qui sont – pour le moment – toujours dans une nation pacifiste.

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