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Ce sont les directeurs de l’université japonaise en questions qui ont annoncé ce nouveau critère de recrutement. Si quelques débats éclatent au Japon, il faut bien comprendre le contexte de cette décision : c’est principalement dans le cadre de la campagne antitabac générale en prévision des JO 2020 que cette mesure a été prise.

Comment arriver à une telle mesure ?

C’est d’abord le porte-parole de l’université de Nagasaki, Yusuke Takakura, qui a déclaré à l’AFP qu’il “avait cessé d’embaucher du personnel enseignant qui fume“, malgré que de bons candidats prometteurs, mais fumeurs, aient proposé leurs services. Dans le même temps, l’université a fait savoir qu’elle interdira également sans commune mesure le fait de fumer sur le campus, à partir du mois d’août. Pour les étudiants qui ont du mal à abandonner la cigarette, une clinique spéciale sera ouverte sur place, avec un médecin spécialisé dans les troubles psychosomatiques. Les enseignants et les étudiants qui fument seront encouragés à voir le médecin.

Nous sommes arrivés à la conclusion que les fumeurs ne sont pas aptes au secteur de l’éducation“. Si cette décision est brutale, elle ne semble pas contrevenir aux lois juridiques sur la discrimination au Japon. Les médias locaux s’y sont intéressés, et ont déclaré qu’il s’agissait de toute façon de la première université gérée par l’État à introduire une telle condition d’emploi. Il y a peu de temps, le gouvernement de la ville de Tokyo a adopté de nouvelles règles antitabac strictes, toujours dans le but de préparer les JO de 2020.

Les responsables de l’université ont également déclaré que des dérogations à la règle seraient par exemple autorisées, à condition que les candidats en question promettent de renoncer à la cigarette une fois en fonction. Annoncée dès le 19 avril 2019, cette pratique s’inscrit donc dans la lignée des mesures antitabac en vue des J.O. de 2020 à Tokyo, mais également des efforts du secteur privé qui met en œuvre des règles antitabac depuis des années.

Quelle est la situation des fumeurs de cigarettes au Japon ?

Ces dernières années, les pays développés ont mis en place plusieurs restrictions par rapport aux fumeurs de tabac. Un peu partout dans le monde, des limitations sont désormais bien instaurées, par exemple l’interdiction de fumer dans les bars, les restaurants, ou bien une autorisation seulement en terrasse. Sur ce point précis, le Japon est depuis longtemps considéré comme une exception dans les pays développés, car fumer est autorisé dans de nombreux lieux de restauration comme ceux cités ci-dessus. Mais les nouvelles lois de Tokyo instaurées l’année dernière interdisent désormais de fumer dans les restaurants de la capitale, et ce peu importe leur taille. Tout comme leurs homologues européens par exemple, les restaurants ont la possibilité d’installer des zones fumeurs séparées à l’intérieur, mais les clients n’ont en revanche pas le droit de boire ni d’y manger.

Pour information, 17,7 % des Japonais étaient fumeurs en 2018. Cela comprenait 29,4 % des hommes et 7,2 % des femmes. En ce qui concerne les établissements d’éducation, il est interdit de fumer dans les écoles, et c’est de la maternelle au lycée. Il existe toutefois plusieurs espaces qui peuvent être aménagés et réservés pour les fumeurs en dehors des universités et des hôpitaux, à proximité.

L’OMS avait d’ailleurs attribué au Japon la note la plus basse pour ses efforts en matière de lutte contre le tabagisme passif. En plus des restaurants et des bars, il est souvent possible au Japon de fumer dans les boîtes de nuit, dans les karaokés, à l’intérieur des pachinkos, des salles d’arcades et même dans certains wagons de train (ce dernier point étend voué à disparaître avant les J.O. de 2020, également). Si l’on compare les données récoltées du Japon sur ce critère précis avec ses voisins la Chine et la Corée du Sud, le Japon est un très mauvais élève. De manière générale, comme nous l’avons dit, tous les établissements scolaires au Japon ont déjà interdit la cigarette, les restaurants commencent, mais il y a également certaines entreprises qui ont décidé de ne pas recruter de fumeurs.

Quoi qu’il en soit, cette mesure entrera en vigueur à partir du mois d’août prochain. Tout enseignant ou élève qui portera des cigarettes ou un briquet à partir de mai sera déjà pénalisé. Aujourd’hui, les fumeurs représentent environ 8 % du personnel enseignant de l’université.


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