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Chaque année, des dizaines de millions de voyageurs, issus du monde entier, décollent en direction de l’archipel nippon. Au programme, diverses visites, et un séjour qui peut être soit urbain, soit plus axé sur la ruralité culturelle japonaise. Des centaines de lieux sont à découvrir sur les multiples îles composant le Japon, et de plus en plus de touristes fréquentent le pays du soleil levant. Ce n’est pas un hasard. Essayons de comprendre pourquoi et comment la nation de la plus vieille dynastie impériale au monde s’y prend.

Une destination modèle

Sur la carte du tourisme mondial, le Japon fait figure de très bon élève. En 2017, 28,7 millions de visiteurs sont venus, un chiffre en constante augmentation ces dernières années. Pourtant, si on le compare à des pays comme la France et ses 88 millions de voyageurs en 2017, le Japon est encore loin du compte. Malgré tout, l’ascension est astronomique, avec environ 500 % de fréquentation en plus par rapport au début des années 2000.

La démographie des touristes est, cependant, moins éparse. 85 % sont des voyageurs asiatiques, notamment chinois. Ces dernières années, celui en provenance de Corée du Sud diminue, en raison des conflits politiques et économiques qui opposent deux des trois géants asiatiques. Du reste, les Européens & les Nord-Américains se partagent 11 % du volume global, avec seulement 1 % de Français. Mais de plus en plus, la fascination entraine des flux venant de la métropole jusqu’à l’archipel : le tourisme est en plein essor, et jamais il n’y a eu autant de Français au Japon. 268 000 en 2017.

Un changement d’orientation pour les touristes

Pendant extrêmement longtemps, le Japon a été perçu à travers le monde comme étant la place forte de la technologie planétaire. Robot, automobile, société ultra portée sur l’intelligence artificielle, cette image a diminué depuis quelques années, même si elle demeure toujours vraie. Aujourd’hui, le tourisme a pris du galon, avec des politiques, menées par les gouvernements, de plus en plus agressives à l’égard des pays, qu’ils soient distants ou proches.

Comme le rapporte le président de l’Office national du tourisme japonais Ryoichi Matsuyama : « Les Français pensent que le Japon est un pays cher, trop loin et où il y a un problème de langue. » Ainsi, un immense chantier en matière de communication a dû être mis en place au cours de ces dernières années, afin de convaincre les voyageurs les plus frileux. Le terreau étant de très bonne qualité, avec l’influence et la fascination croissante de la culture japonaise sur des générations entières de Français. Ces trois critères, ciblés par les responsables du tourisme nippon, ont dû être peu à peu corrigés.

Alors, est-ce que le Japon est réellement un pays onéreux ? Les hôtels seraient 30 % moins chers à Tokyo qu’à Londres ou à Paris, tout comme la nourriture. Au Japon, pour 10 €, un excellent repas est accessible dans les restaurants. Cette idée reçue proviendrait des années 1980, ou le yen était une monnaie couteuse, ce qui n’est plus du tout le cas actuellement.

En ce qui concerne la destination lointaine, elle effraie de moins en moins les Français. D’ailleurs, pour des heures équivalentes, des villes comme Sydney ou Bangkok apparaissent parfois plus chères.

Puis, ultime barrière, la langue. Là encore, des progrès immenses ont été réalisés. L’une des illustrations les plus célèbres de cette gêne du japonais avec l’anglais est certainement le film de Sofia Coppola Lost in Translation. De plus en plus, les communications orales sont facilitées, notamment avec les apports de la technologie et des traductions automatiques, disponibles sur n’importe quel téléphone portable récent. Les plus jeunes Japonais se montrent également bien plus réceptifs et volontaires en ce qui concerne les échanges dans la langue de Shakespeare.

Le profil type des touristes français

Contrairement aux idées reçues, les Français sont 94 % à partir seuls au Japon. Une statistique impressionnante, qui démontre des difficultés, souvent économiques, à mettre en place et à prendre en compte dans un séjour en direction du pays du soleil levant. Dans la majorité des cas, plusieurs semaines sont programmées, afin de parcourir le Japon par au moins plusieurs agglomérations. Le voyageur type a entre 20 et 40 ans, et souhaite découvrir un pays à travers le « mont Fuji, les cerisiers et les temples », comme le regrette Ryoichi Matsuyma. 

70 % des gens vont à Tokyo, Kyoto et Osaka, les trois villes majeures. Pour les autorités nippones, le tourisme est encore trop limité à quelques secteurs. La principale problématique sera de mettre en valeur d’autres éléments, parfois culturels et dans certains cas sociaux, qui pourront amener des visiteurs à s’aventurer dans des lieux plus reculés du Japon. Pourtant, même s’ils sont moins célèbres, ils restent accessibles, notamment par le train et le bus.

Pour finir, l’attractivité du Japon est multiple, ce qui explique le tourisme en plein essor : les traditions, la nature, les villes, la cuisine, l’art, les activités extérieures, mais encore la diversité des climats. Sur l’île d’Okinawa, l’écosystème est tropical, avec des plages paradisiaques. Puis, en ce qui concerne le nord, avec Hokkaido, nous sommes face à des températures plus froides, parfois polaires. Sur les îles principales, les saisons constituent un attrait intéressant, qui permet de se démarquer des pays voisins. Les fortes périodes, correspondent fréquemment à l’éclosion des cerisiers, ne se situent pas durant l’été…

Attention toutefois à ne pas abuser du tourisme : nous avons vu que de plus en plus de sites japonais refusent leur entrée aux étrangers, et des conséquences parfois dramatiques apparaissent sur certains lieux prisés comme Nara. Plusieurs cerfs ont été retrouvés avec des kilos de plastique dans l’estomac


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