Japon : création d’une base de données contre les prédateurs sexuels baby-sitters

Le gouvernement japonais souhaite aller de l’avant dans la lutte contre les crimes sexuels commis pendant l’activité de baby-sitting. Pour ce faire, une base de données spécifiques sera mise en place dès les prochains mois. Elle ciblera toutes les personnes condamnées pour agression sexuelle, et les empêchera catégoriquement de continuer à travailler avec des enfants.

Une base de données pour éviter les contacts

Ce projet vise essentiellement à empêcher toute personne avec un casier relatif à une agression sexuelle à travailler avec des enfants, à l’insu des parents, mais aussi des autorités municipales locales. Propulsée par le ministère japonais de la Santé, la première phase du plan devrait commencer en avril 2021. Cette initiative est motivée par une récente affaire qui a scandalisé une partie du Japon : deux hommes se sont inscrits pour faire du baby-sitting, alors qu’ils avaient déjà agressé sexuellement des personnes et notamment des plus jeunes. Ils ont récidivé sur les enfants dont ils avaient hérité la garde. Bien entendu, les parents n’étaient pas au courant de leur passif judiciaire.

Au Japon, les baby-sitters sont tenues par la loi de s’inscrire auprès de la préfecture de la ville dans laquelle ils travaillent. Ces obligations sont valables dans n’importe quels cas de figure, que ce soit un travail indépendant ou par l’intermédiaire d’un employeur. En revanche, une personne qui déménage dans une autre ville peut tout à fait hériter de son statut de baby-sitters sans pour autant dévoiler l’intégralité de son passif. Cela est possible, car il n’y a pas encore de système sécurisé et centralisé permettant aux municipalités locales de partager des informations sur les personnes qui gardent des enfants.

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Une base de données qui pourraient être partagées avec d’autres autorités

Connaître les coupables sexuelles, pour une petite ou une lourde infraction, intéresse d’autres secteurs au Japon. Pour le moment, cette base de données est destinée à être utilisée uniquement par les municipalités locales. Le ministère de la Santé, en revanche, entend bien la mettre à disposition d’autres agences qui sont en contact avec des inconnus : les employeurs, des opérateurs, ou n’importe quel secteur en ayant besoin.

Il se murmure même qu’une partie de cette base de données soit accessible au grand public. Bien sûr, toutes les informations ne seront pas disponibles, afin d’éviter d’éventuelles représailles ou des chasses à l’homme individuelles qui entraîneraient le chaos. D’après le quotidien japonais, on devrait retrouver des ordonnances administratives seulement, les détails de l’agression sexuelle ne seront pas renseignés pour des questions de confidentialité.

Enfin, rappelons que le secteur de la garderie et du baby-sitting est plus que jamais sur le devant de la scène. Avec le vieillissement de la population et la démocratisation du travail de la femme, beaucoup plus de demandes de garderie sont effectuées chaque année. Les crèches ont du mal à répondre aux besoins croissants en matière de garde d’enfants, et le secteur du privé se développe rapidement. Le gouvernement nippon souhaite augmenter la part de femmes actives, pour passer de 77 % à 82 % d’ici 2025. On estime que 12 000 enfants n’ont pas pu s’inscrire dans une crèche, en raison du manque de disponibilité en avril.

Source : JapanToday (quotidien japonais)

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