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Histoire

Geisha : l’article pour tout comprendre (2020)

Geisha : l’article pour tout comprendre (2020)

La geisha est un véritable symbole, au Japon comme dans le monde entier. Elle suscite la fascination de tous depuis de nombreux siècles. Ces femmes, artistes du divertissement et en spectacle font parties du raffinement associé au pays du soleil levant. Nous vous proposons un article complet sur la geisha, et différentes questions que vous pouvez avoir.

Geisha : définition générale

Une geisha (芸者), aussi appelée geiko (芸子/芸妓) ou encore geigi (芸妓) est une artiste et une dame de compagnie, qui consacre sa vie à la pratique artistique raffinée des arts traditionnels nippons. Elle a pour mission de remplir des tâches liées au divertissement et à l’accompagnement, pour une clientèle très aisée. Ce sont donc des artistes extrêmement talentueux, qui se basent sur une formation exceptionnelle, fruit de plusieurs années de dur labeur. Une geisha est aujourd’hui élevée au rang de véritable. L’apprenti geisha se nomme maiko.

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Elle a ainsi plusieurs cordes à son arc : danseuse, joueuse de shamisen (un instrument de musique traditionnel nippon), chanteuse, connaissances appuyées des arts traditionnels japonais. En bref, elle incarne le comble du raffinement, et dans une certaine mesure elle apparait comme ultime gardienne d’une culture ancestrale s’évanouissant progressivement sous le poids des années.

Contrairement à ce qui est pensé par certains occidentaux, une geisha n’est pas une prostituée. Il a fallu plusieurs officialisations des gouvernements nippons, le premier débutant en 1779, pour définitivement clore le débat. Celui-ci indiquait par exemple que seules les prostituées patentées avaient le droit d’avoir des relations sexuelles avec leurs clients, et non les geishas. Dans l’ensemble, le métier est extrêmement codifié, et les services sexuels ne sont pas répandus. D’ailleurs, en 1842, la réforme Tenpo proscrit totalement la prostitution, et de nombreux quartiers ou établissements de plaisir sont priés de fermer. Si certains rouvrent dès 1851, les Japonais ont conscience de la différence entre une prostituée et une geisha.

Il faut cependant admettre qu’à une certaine époque, il était possible d’obtenir des faveurs sexuelles de la part d’une geisha. Cela se vérifiait particulièrement dans les établissements de moindre qualité, de moindre réputation. La virginité était même mise aux enchères (mizuage), comme le voulait une certaine tradition. Et à l’instar des prostituées, un rite de passage à l’âge adulte était célébrée.

Quelques anecdotes relatives aux geishas des villes thermales japonaises (onsen) sont notamment relatées : le « jeu de la petite rivière » consistait pour les danseuses à relever progressivement leur kimono, comme si elle traversait une rivière de plus en plus profonde. Cette pratique a aujourd’hui disparu, mais elle est reprise de manière mal intentionnelle par certaines prostituées maquiller en geisha. Les principales cibles sont les touristes étrangers, qui ne font pas systématiquement la différence. C’est pour cela que l’expression « onsen geisha » désigne aujourd’hui ces prostituées se faisant passer pour des geishas.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, et plus particulièrement lors des deux dernières années, les geishas sont envoyées dans les usines pour travailler et ainsi soutenir l’effort de guerre.

Geiko en démonstration
Une geisha en démonstration

Le métier de geisha a débuté avec l’ouverture des maisons de thé en 1712. Celles-ci étaient concentrées dans certains quartiers de plaisir, et des professions ont été créées pour l’occasion. À l’époque, il s’agissait de personnes pour distraire les clients, les invités, à la manière des bouffons du Moyen Âge en Europe. Il n’est donc pas surprenant d’apprendre que les premières geishas étaient en réalité des hommes, rodés à l’art du divertissement. Officiellement, le métier de geisha est enregistré depuis 1779 de manière officielle.

À l’époque, ils se nommaient « hôkan » (bouffon). Les premiers représentants se trouvaient dans les endroits où le gouvernement avait autorisé la prostitution. À la manière des bardes européens, il servait à animer des événements par des conversations légères, quelques tours amusants et des chansons. En 1751, la première femme geisha de profession est apparue. Rapidement, le métier s’est féminisé : en 1780, il y avait déjà beaucoup plus de femmes que d’hommes, et en 1800 le terme ne servait qu’à désigner les femmes.

Le métier de geisha n’a pas d’équivalent dans la culture occidentale. Pour le dépeindre et le comprendre pleinement, une déconnexion est nécessaire. Certaines adaptations européennes, comme le célèbre film Mémoires d’une Geisha ou les «  boules de geisha » sont maladroites. L’approximation dans l’approche de cette partie importante de la culture nipponne a entraîné de de nombreuses déformations culturelles.

Geisha : quel est leur nombre aujourd’hui ?

Jusqu’au début du XXe siècle, les geishas étaient considérées comme à la pointe de la mode au Japon. Pour cette raison, quand le pays du soleil levant s’est ouvert au monde, et plus particulièrement au XXe siècle, certaines geishas avaient adopté le style vestimentaire à l’occidentale. En quelque sorte, elles représentaient la boussole qui aiguillait la mode d’une société japonaise contemporaine encore à ses balbutiements.

À partir de 1800, toutes les geishas étaient des femmes, et l’officialisation du métier est datée à 1779. Il y avait quelques milliers de geishas, un chiffre qui a depuis largement diminué. En 1965, on dénombrait à Kyoto 65 maikos, 28 en 1975. Fort heureusement, il est par la suite remonté à 60 dans les années 1990, une moyenne qui se stabilise au cours des dernières années. Ces précédentes années, une centaine de maiko ont été recensées, ce qui est probablement dû au regain d’attractivité pour la profession, permis avec les nouveaux médias qui l’introduisent au grand public.

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La majorité se situe à Kyoto, une ville traditionnelle. C’est dans cette dernière que les premières représentantes ont fait leur apparition, il y a de cela plusieurs siècles. Véritable symbole touristique, des milliers d’étrangers souhaitent, chaque année, immortaliser leur visite avec un selfie comprenant une geisha. Même si elles sont habituées à cette nouvelle activité florissante dans la région, il est important de garder à l’esprit que ce ne sont pas des bêtes de foire, et que le respect doit toujours prédominer.

 Une profession onéreuse ? 

 À l’époque comme aujourd’hui, recevoir les services d’une geisha coûte très cher. D’ailleurs, il y a plusieurs siècles, il ne suffisait pas d’être fortuné pour obtenir ce que l’on souhaitait. Clients ou seigneurs locaux, il convenait d’être recommandé, introduit par des relations influentes.

La geisha offre donc des services. Pourtant, il est nécessaire de remarquer qu’elles ne sont pas nécessairement soumises. En théorie, elles ont le contrôle de leurs prestations, de leurs performances et des services. À tout moment, elles ont le choix d’interrompre la cérémonie.

Le lieu de rencontre majeur est la maison de thé. De nos jours, leurs services sont principalement demandés par des hommes d’affaires, des politiques, ou encore de riches particuliers. Mais les touristes ont, depuis plusieurs années, l’occasion de découvrir une partie de cette culture ancestrale, en particulier à travers des cérémonies du thé, des spectacles, à des tarifs relativement abordables. On note donc une certaine démocratisation de la profession, obligatoire, selon certains, pour continuer d’exister.

Quand il est question de louer les services d’une geisha, tout est facturé : le temps de présence, la diversité des services obtenus, mais également les repas, les boissons consommées, n’importe quelle dépense est prise en compte. On ne paie jamais sur place, la facture étant de toute manière bien trop excessive.

Aujourd’hui, le métier de geisha se rapproche davantage à une femme d’affaires qu’à une femme soumise se livrant à diverses prestations. Au fil de l’histoire, le métier a d’ailleurs progressivement résonné comme une prise d’indépendance des femmes sur la société. En optant pour cette voie, une Japonaise obtenait du pouvoir, de l’influence de l’argent. Elle n’avait pas non plus l’obligation d’interrompre sa carrière pour se consacrer à son foyer à plein temps.

Le kimono et la geisha

Critère tout aussi important, l’apparence est véritablement fondatrice dans la considération d’une geisha. Traditionnellement, le revêtement se compose d’un kimono de soie, décolleté dans le dos, que l’on surnomme parfois obebe. Celui-ci varie en fonction des saisons, en fonction de l’âge de la porteuse. À titre d’exemple, les jeunes femmes s’orientent davantage vers des couleurs vives, les geishas de plus de 30 ans choisissent des couleurs plus discrètes. La matière s’adapte aussi à la saison, avec une simple gaze de soie en été, puis un vêtement doublé de crêpe en hiver.

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Une ancienne geisha

D’ailleurs, la large ceinture de soie, que l’on surnomme obi fait l’objet d’une préparation très importante. Tout comme pour le kimono, il varie en fonction de l’âge, et se porte différemment. Pour les jeunes apprentis, les maikos, il remonte jusqu’aux omoplates, et descend en effleurant le sol. Pour y arriver, il faut plier l’ensemble, qui se mesure en plusieurs mètres, directement dans le dos, et nécessite une aide extérieure. Contrairement à une prostituée, le obi est un élément propre à la geisha, qui la différencie des autres professions du divertissement.

Emblématique, le kimono fait également l’objet d’un savoir-faire exceptionnel : ils sont tous fabriqués et peints à la main, ce qui explique leur prix dépassant fréquemment 5000 €. Pour l’anecdote, les kimonos que portent les geishas sont tous de la même taille. Ainsi, il convient de faire quelques retouches, pour s’adapter parfaitement à la taille de la porteuse.

Une geisha n’a pas de sous-vêtement contemporain comme une culotte, mais un couvre-hanches, appelé koshimaki. Celui-ci se présente sous la forme d’une bande de tissus fins, qui est enroulé autour des hanches. Par-dessus, une combinaison dont les couleurs doivent impérativement s’harmoniser avec le kimono.

Les chaussures de la geisha

Pour se déplacer, une geisha porte des geta. Il s’agit de sandales traditionnelles qui ont toujours été portées par les Japonais, hommes comme femmes. On retient généralement trois parties pour la composition d’une geta :

  • Le « dal » représente le corps de ces sandales. Généralement, il est composé en bois, bien qu’on trouve également des modèles en paille de riz (Zori).
  • Le « hanao » désigne la lanière caractéristique des geta. Concernant les geishas, elles utilisent fréquemment des modèles en soie, contrairement au tissu qui est massivement utilisé. Cet élément est très important, puisqu’il permet une certaine personnalisation, à la fois de motifs et de couleurs.
  • Les « ha » désignent la plate-forme des geta. C’est bien cette partie qui engendre le bruit caractéristique de ces sandales lorsque l’on marche. Généralement, on rencontre souvent deux dents sous la chaussure, mais des modèles à une seule dent existent aussi. Parfois, il n’a pas du tout.

Les chaussures de la geisha sont donc des geta en laque, en bois de saule avec une lanière en soi. Ces matériaux sont différents des modèles proposés au reste de la population, qui sont souvent composés en bois brut de paulownia. Ils arrivent de croiser des Okobo, une forme de chaussures appartenant à la famille des geta. Il s’agit de sandales en bois portés par les apprentis geisha (maiko). Elles sont plus grandes, en bois brut, avec des lanières de soi qui reprenne un code couleur : le rouge est réservé aux apprentis, le rose pour les confirmées. L’avantage des Okobo est qu’elles sont plus hautes, ce qui permet de ne pas salir les kimonos, souvent excessivement onéreux.

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Le maquillage de la geisha

Nous en venons alors au maquillage : quand une maiko porte un rouge à lèvres uniquement appliqué à la lèvre inférieure, une geisha a les lèvres entièrement teintes. Cette distinction permet de différencier simplement l’expérience entre deux femmes. Le visage, lui, est entièrement fardé de blanc. Pour bonifier sa durée, une couche d’huile spéciale est employée. Contrairement à jadis où le maquillage contenait du plomb, ce qui occasionnait ensuite des problèmes de peau, la recette a quelque peu changé. Tout comme la tête, la nuque est maquillée de blanc. Ce n’est pas tout, puisque les sourcils, le contour des yeux et d’autres éléments physiques peuvent être tracés avec un bâtonnet de charbon, à la manière traditionnelle. La préparation peut durer plusieurs heures.

À noter : plus une geisha vieillit, moins elle applique de maquillage. En outre, les représentantes qui ont plus de 30 ans n’en portent quasiment plus au quotidien, mais bien seulement lors des occasions particulières.

La coiffure de la geisha

La coiffure d’une geisha reprend le chignon traditionnel japonais, tiré à l’arrière. En plus de cette coupe de cheveux qui nécessitent une préparation très fastidieuse, les coiffures sont toujours décorées d’accessoires ornementaux, que l’on appelle kanzashi. On en retrouve beaucoup sur les apprentis geisha, qui décorent cette partie hautement visible avec des petits emblèmes de fleurs ou d’animaux. Pour les femmes plus expérimentées, ces accessoires se font moins visibles, et surtout moins flamboyants. Il est nécessaire de comprendre que chacun des détails et des éléments d’une tenue de la geisha, coiffure et compris, en dit long sur son statut et son niveau d’apprentissage. Également, ses cheveux varient selon les saisons et les événements de l’année.

La réalisation appartient désormais au coiffeur, qui l’effectue chaque début de semaine. Elles leur est donc impossible de dormir, sans un repose-nuque spécial, nommé takamakura. Puisque ces chignons tirent énormément sur le cuir chevelu, beaucoup d’anciennes geishas ont une calvitie. Aujourd’hui, ce phénomène est de moins en moins important, du fait que certaines utilisent dorénavant des perruques, quand d’autres commencent leur activité bien plus tard.

Le danna, protecteur de la geiko

Chaque geisha bénéficie d’un protecteur financier. Il est caractérisé par le mot « danna« , qui signifie également « mari ». Cette profession a parallèlement évolué au fil du temps. Autrefois, il s’agissait d’un riche propriétaire, s’appuyant régulièrement sur une forte influence politique. Le haut statut social et la richesse pouvait en effet compenser l’entretien onéreux d’une geisha. La relation avec cette dernière était horizontale, puisqu’il était un client.

C’est la patronne de l’établissement auquel appartient la geisha qui peut conclure l’accord avec ce « danna ». En échange d’une rente mensuelle, d’une protection et de nombreuses offrandes, l’homme reçoit les droits de la geisha. En retour, la geisha de lui offrir la priorité sur les autres clients et il est nécessaire qu’il donne son accord pour toute décision importante. Par exemple, si l’un des autres clients souhaite inviter la geisha en dehors du cadre professionnel, il sera averti. Le choix incombe.

Il s’agit là d’un arrangement verbal, qui peut tout à fait être résorbé. Jusqu’au XXe siècle, presque toutes les geishas se devaient d’avoir un danna pour pallier aux dépenses quotidiennes. Rappelons que les pourboires laissés par les clients ne suffisaient pas. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, seule une geisha sur cinq bénéficie d’un protecteur.

Du point de vue de l’engagement, une évolution est observable. Auparavant, la geisha est la concubine de son danna. Dorénavant, seule la fonction de protection demeure, en échange de certaines priorités. Les rapports sexuels ne sont plus obligatoires, et la vie privée de la geisha est relativement protégée. Elle a le choix.

Quelques particularités de la geisha

Durant l’ère Heian (794- 1185), les geishas se teignaient les dents. Cette pratique, connue sous le nom de « ohaguro« , que l’on traduit par « dents noires » s’étendait également aux femmes mariées. On ne sait pas exactement pourquoi les femmes avaient entrepris cette curieuse pratique. La théorie qui revient le plus et que cela permettait de se différencier des animaux. La pratique a peu à peu disparu au fur et à mesure que le Japon s’est ouvert à l’Occident : elle a choqué les étrangers, puis a été interdit par les gouvernements du Japon. Pour ne pas oublier cette coutume ancestrale, les maikos de Kyoto se noircissent les dents à l’occasion du Sakkô. Il s’agit d’une période de plusieurs semaines qui ponctue leur carrière.

Une geisha doit impérativement rembourser les frais de formation qu’elle accumule pendant les années. Pour cette raison, son métier ne lui rapporte aucun pécule durant les premières années, la plupart du temps, aujourd’hui comme autrefois. Par la suite, elles ont le choix de continuer au sein de l’établissement, ou bien de se lancer dans une activité autonome. Mais si elles adoptent cette dernière option, elles doivent assumer des coûts exorbitants en matière de costume, d’habillement et d’organisation.

À l’inverse d’il y a plusieurs siècles, les geishas n’entrent aujourd’hui plus dans les maisons spécialisées dès leur enfance, pour subvenir aux besoins familiaux. Il s’agit aujourd’hui d’un choix entièrement autonome et volontaire, qui se fait souvent à 17 ou 18 ans. Cependant, l’apprentissage s’étend sur plusieurs années, et il demeure complexe.

Les geiko et les aspirantes geiko vivent dans des maisons spéciales (okiya) dans les quartiers de geiko. A Kyoto, les jeunes filles y déménagent le plus souvent à l’âge de 15 ans pour y recevoir des cours de communication et d’hospitalité ainsi que divers arts traditionnels japonais. Au terme d’une formation et d’un examen introductif, les élèves talentueuses et résolues deviendront maiko (apprenties geiko), puis geiko quelques années plus tard.

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Selon la geisha Mineko Iwasaki, une geisha doit avoir la délicatesse d’une fleur ainsi que la force et la souplesse d’un saule. Si elles sont contraintes d’avoir des connaissances sur une grande multitude de sujets artistiques et culturels, certaines peuvent se spécialiser dans la danse, ou encore dans le jeu d’un instrument à vent ou de percussions.

La formation

Nous avons rapidement évoqué la formation d’une geisha, et l’âge de son entrée dans la pratique. Voyons désormais comment se déroule cet entrainement.

Pour la plupart, les geishas et les maikos se lèvent aux alentours de 10 heures pour se préparer à prendre leur petit-déjeuner. Elles prendront leur repas avec les autres geishas et maiko dans leur okiya vers 10h30. Ensuite, elles se prépareront pour leurs activités de la journée. À 11h, les cours commencent au kaburenjo. La durée de chaque leçon est souvent de 50 minutes pour laisser le temps aux geishas et aux maikos de passer à la leçon suivante. Au programme : danse, cérémonie du thé, calligraphie et divers instruments de musique tels que le shamisen. Le shamisen est une composante incontournable des danses des geishas dans la mesure où il est souvent le principal accompagnement de leurs mouvements. Le shamisen est une sorte de guitare à trois cordes qui se joue avec un plectre.

Pour le déjeuner, les geishas font une pause de 13 à 14 heures. Au cours de cette heure, la plupart vont rentrer dans leur okiya pour y déjeuner voire faire un arrêt dans un petit café local pour y prendre une collation. À partir de 14h, et ce jusqu’à 16h, plusieurs leçons ont lieu, principalement pour les maiko. Les geishas prennent généralement leurs cours le matin, en raison de leur ancienneté, ce qui leur laisse l’après-midi libre pour les visites. Chaque geisha et maiko est tenue de rendre hommage à l’okaasan de l’ochaya où elle a été reçue la nuit précédente, et de les remercier de lui avoir autorisé de travailler avec elle. Le retour à l’okiya intervient à 16h pour permettre aux geishas de se préparer aux rendez-vous de la soirée. Dans un premier temps, elles mangeront un repas léger ou un en-cas étant donné que les geishas ne sont pas autorisées à manger pendant un okiya, contrairement à leurs hôtes. Enfin, elles se maquillent pendant 20 à 30 minutes. Par la suite, une habilleuse se présente et aide chacune à s’habiller, puisque leur kimono et leur obi sont très difficiles à porter toute seule. Une habilleuse peut habiller une geisha ou une maiko en seulement 5 minutes.

La soirée commence à 18 heures. Les geishas et les maiko doivent être présentes avant même que la fête ne commence. La durée d’un ozashiki dépend de la somme qu’une personne est prête à débourser, mais elle est généralement de 1h30. Dans le cas où la geisha ou la maiko ne participe qu’à une seule fête au cours de la soirée, il est possible d’accompagner ses clients dans un bar local et d’y être payé pour son temps.
Comme les derniers ozashiki se terminent vers minuit, les geishas et les maikos ne rentrent dans leur okiya qu’entre 1h30 et 2h du matin. La première chose qu’elles font à leur retour est de prendre un bain et de se démaquiller. Pour la plupart, les geishas et les maikos ne dorment pas avant 3 heures du matin. Le jour suivant, après 7 heures de sommeil, elles recommencent de nouveau. Généralement, le programme est identique chaque jour, mais certains enseignants donnent moins de cours le dimanche.

Quelle est leur salaire ?

C’est une question qui revient assez souvent. Ces artistes sont assez énigmatiques, ont des prestations singulières et suscitent bon nombre d’interrogations ! Mais alors, combien gagnent-elles chaque mois ? Sont-elles riches ? Comme vous pouvez vous en douter, tout dépend de leur expérience, de leur formation et de leur niveau d’expertise. Mais voici quelques indicateurs :

Les Maiko (apprenties geishas) ne reçoivent aucun salaire, car elles sont en formation. L’okiya (maison d’hébergement des maiko) prend tout en charge, à commencer par la nourriture, les taxis et le logement, jusqu’au kimono et aux cours. Chaque mois, les maiko obtiennent une petite allocation.

Les geishas perçoivent une rémunération complète pour leur travail, mais leur revenu mensuel dépend du nombre d’heures travaillées. Le revenu des geishas, tout comme celui des artistes de théâtre, fluctue énormément en fonction de leurs compétences et de leur popularité. Cela peut aller de 3 000 à plusieurs dizaines de milliers d’euros par mois pour une geisha populaire. Celle-ci peut en outre recevoir des cadeaux de ses clients, tels que des kimonos en soie très chers, des pierres précieuses dépassant les 5 chiffres.

De manière générale, on peut dire qu’une geisha gagne un salaire de 250 000 yens par mois.

Film sur le sujet

Mémoires d’une Geisha : en 2006, ce film a bouleversé le cinéma mondial en devenant un véritable phénomène. L’histoire se déroule quelques années avant la Seconde Guerre mondiale, où Chiyo est arraché à sa famille pauvre pour travailler comme servante dans une maison de geisha. On suit alors toute l’initiation à la pratique durant de nombreuses années, au cours de laquelle elle devra triompher de pièges et d’épreuves en apparence insurmontable. Le film a reçu 7 prix et 9 nominations.

L’actrice, chinoise, porte merveilleusement le film. Il faut avouer que la réalisation est très hollywoodienne. Le film est en anglais, avec des actrices chinoises, et certains ne retrouvent tout simplement pas la magie du pays du soleil levant. On retiendra surtout un magnifique livre d’images visuelles qui charmeraient n’importe qui. Vous pouvez voir la bande-annonce ci-dessous.