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Près de la moitié des étrangers vivants à Tokyo ont été victimes de discrimination raciale, selon un sondage public qui a été publié ce mardi.

Sur quoi se fonde cette enquête ?

C’est dans le cadre d’une étude menée par le Centre d’information sur le racisme, sous la houlette de militants et d’étudiants universitaires, que 167 des 340 répondants ont déclaré avoir subi un traitement discriminatoire. Que ce soient des étudiants ou des adultes, ils ont expliqué le ressentir de plus en plus souvent, et notamment en ce qui concerne la barrière de la langue. Il y aurait beaucoup de Japonais qui se montreraient discriminants par rapport au fait qu’un étranger ne sache pas parler la langue de l’archipel.

Évidemment, une étude universitaire, si elle est seule, ne prouve rien. Même si l’échantillon, d’une centaine d’individus, est suffisant pour en tirer des conclusions, il est plus intelligent de la mettre en parallèle d’autres études afin de voir les résultats concrets. Ça tombe bien, puisque des sondages sont menés chaque mois au Japon, et nous pouvons nous intéresser à ceux qui datent de février et de mars, menés dans le quartier de Shinjuku à Tokyo. Dans ces dernières, ce sont les caissiers de petits magasins discounts à qui l’on a donné la parole, et ils expliquent que fréquemment, les clients japonais demandent à avoir des caisses japonaises.

img1 - Plus de la moitié des étrangers vivants à Tokyo affirme avoir été victime de discrimination

L’étude nous présente également le cas d’un Népalais, qui travaillait dans une pharmacie et qui a déclaré qu’un client lui avait dit qu’il n’aimait pas avoir un étranger travailler comme caissier, et il s’est empressé de demander avoir son supérieur afin de passer à la caisse avec un Japonais…

Mais la discrimination n’est pas la même pour tous. Les Chinois souffrent particulièrement souvent de ce type de considération. C’est un problème bien connu, au point qu’un rapport de l’ONU en 2005 faisait état d’un “profond” racisme dans le pays, et en particulier envers les personnes issues des anciennes colonies, à savoir les Chinois et les Coréens.

D’ailleurs, pour information, le Japon est également l’une des rares démocraties dans le monde à n’avoir toujours pas voté la loi contre les discours de haine. C’est pour cette raison qu’en 2013, quand des nationalistes extrémistes ont mené une série de manifestations qui visaient clairement les Coréens, les autorités n’ont pratiquement rien fait pour les en empêcher.

img2 - Plus de la moitié des étrangers vivants à Tokyo affirme avoir été victime de discrimination

La discrimination dans le logement

Une autre forme de discrimination consiste en la location d’appartement. En France, les propriétaires d’un appartement se basent majoritairement sur le salaire de la personne qui convoite la location. Mais au Japon, c’est tout autre. Quand vous êtes étranger, il est très difficile de se procurer une location d’appartement, particulièrement quand vous êtes asiatiques.

Beaucoup d’autres affirment que certaines entrées de magasins leur sont interdites. En revanche, aucun des répondants de l’enquête n’a porté l’affaire devant un bureau public chargé de ce genre de questions. Il faut donc prendre cette information avec des pincettes, car elle est de l’ordre de l’extrême.

img3 - Plus de la moitié des étrangers vivants à Tokyo affirme avoir été victime de discrimination

Que penser de cette étude, finalement ?

Ce qui est sûr, c’est que la discrimination est toujours très présente envers les étrangers au Japon. Ryang Yong Song, un représentant d’un groupe civique, souhaite lui que le gouvernement mène une enquête afin de montrer le type de discrimination à laquelle les étrangers sont confrontés au quotidien. Selon lui, il faudrait former les écoles et les employeurs à lutter de manière plus proactive contre la discrimination, et plus généralement de réformer la communication envers les étrangers, afin de ne pas en faire un problème.

Comme nous vous l’avons déjà dit dans nos colonnes, le nouveau système de visa du pays qui a commencé ce mois-ci, appelle à faire venir bien plus de travailleurs étrangers que par le passé. Si cette initiative est forcée par une pénurie croissante de main-d’œuvre, le gouvernement n’arrive pas à fournir assez de garanties aux travailleurs étrangers, et à faciliter leur séjour sur le territoire.


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