Doujin – Dojinshi : un manga ecchi, hentai ou porno ?

Scene avec un doujin dans un anime

En France, on considère généralement le doujin comme un manga érotique. Il est intéressant de savoir que le dojinshi est progressivement devenu un abus de langage en Occident. En japonais, il s’articule autour de trois kanjis (同人誌), pour signifier littéralement « la même personne ».

Le dojinshi n’est pas du « hentai papier »

En fait, cette expression englobe l’ensemble de la création amatrice et libre ainsi que la communauté de consommateurs d’une certaine activité : il peut donc s’agir de mangas, de la littérature ou encore des jeux vidéo. Pour cette raison, on retrouve parfois les termes doujin-game ou dôjin-soft dans un certain nombre de domaines. Et oui, doujin est un véritable abus de langage que le monde occidental a bien ancré dans ses mauvaises habitudes.

Concernant le « shi », il s’agit de la contraction de « zasshi » qui désigne « magazine ». Ainsi, si l’on rassemble ces éléments, le dôjinshi désigne la publication de manga amateur au sein de plusieurs publications dédiées. Au Japon, la plus connue est certainement le Shônen Jump, qui fait paraître des dizaines de mangas hebdomadairement.

  • 同人 (doujin) : « même personne », désigne un groupe de personnes ayant des intérêts communs.
  • (shi) : diminutif de 雑誌 (zasshi), qui signifie magazine.
  • Doujinshi (同人誌) : magazine ou publication autoédité qui s’adresse à un groupe spécifique de personnes.

Maintenant que cela est dit, nous comprenons donc que le dojinshi ne s’adresse pas exclusivement aux contenus à caractère sexuel. Il est important d’avoir à l’esprit que ce contenu est bel et bien utilisé et abordé par certains auteurs, mais pas par tout le monde. Il est également capital de savoir que le contenu adulte n’est pas toujours produit par des amateurs, et que des professionnels peuvent en créer.

Pour autant, la grande majorité des doujins ne consiste pas en la création d’œuvres originales, mais plutôt en une parodie ou un hommage à d’autres œuvres déjà très populaires. Le genre érotique est l’une des représentations les plus utilisées. On pense notamment aux gros shonens (Naruto, Dragon Ball, One Piece ou Bleach) qui ont tous déjà été détournés en parodie érotique : scènes sexuelles entre des protagonistes, fanfictions ou publications qui visent à élucider une zone de flou du manga avec du contenu explicite.

D’après l’article Wikipédia, on considère généralement que la moitié au moins de tous les dōjinshi sont des hentai (porno), yaoi (gay entre deux hommes) ou yuri (scènes érotiques ou non entre deux femmes). Ne perdons également pas de vue que la pornographie représente une demande très forte et que beaucoup d’auteurs y voient un moyen facile d’obtenir de l’exposition en traitant de manière parodique d’une œuvre très connue. Par exemple, si une personne veut rechercher des représentations de scènes adultes entre deux personnages de Dragon Ball, il tombera peut-être sur un auteur qui se lancera dans la création d’une parodie du genre. En tout cas, l’internaute aura beaucoup plus de chances de le faire que si l’auteur asiatique avait lancé une histoire originale.

Dans la vidéo ci-dessous, découvrez des cosplays (déguisements) à l’occasion d’une édition du Comiket.

Le doujin n’est pas forcément amateur

Il existe un certain nombre de mangakas qui publient à la fois des œuvres classiques et des dojinshi. Cela permet d’avoir une plus grande liberté et plus de confort pour les publications. En effet, au Japon, publier un tome de manga est extrêmement périlleux : les délais sont courts, la critique est omniprésente et détermine souvent le futur du projet, qui peut s’arrêter du jour au lendemain.

Le lieu de rencontre au Japon pour discuter et acheter des dôjin, c’est le Comiket (il y a aussi la Dōjin Work). Il s’agit d’une convention bisannuelle, qui se tient aux alentours de Tokyo chaque été et chaque hiver pendant trois jours. De nombreux auteurs et acteurs de l’industrie sont présents, et partent à la rencontre des fans et des clients. La première édition a eu lieu le 21 décembre 1975, avec une trentaine de stands pour 700 visiteurs. Aujourd’hui, le public se chiffre en centaines de milliers de personnes, 430 000 au C70 et les stands par centaines. Aujourd’hui, le Comiket se tient en été, à la mi-août ainsi qu’en hiver (décembre).

Il est aujourd’hui estimé que plus de 1000 conventions de doujinshi se tiennent au Japon chaque année. Bien sûr, des conventions se déroulent également dans d’autres pays. Beaucoup de ces conventions ne se limitent pas à un seul genre et abordent plusieurs catégories. Au contraire, certaines visent spécifiquement une certaine catégorie de public, par exemple les adorateurs des personnages (ou fétichisme) avec des oreilles de chat « cat ears » en anglais.

Ci-dessous, retrouvez quelques exemples de mangakas connus qui ont pratiqué, un jour ou l’autre lors de leur carrière, cette activité :

  • Les quatre femmes du collectif CLAMP (Chobits, xxx Holic, Card Captor Sakura) étaient des dessinatrices de dôjinshi
  • Kōshi Rikudō (Excel Saga) a débuté comme un auteur de doujin
  • Ken Akamatsu (Love Hina) dessine régulièrement du doujinshi sous le pseudo Awa Mizuno
  • Nanae Chrono (Peace Maker Kurogane) a notamment dessiné des versions yaoi (gay) de Naruto
  • Yoshitoshi Abe (Ailes Grises / Haibane renmei) publie plusieurs œuvres sous forme de dojinshi, afin de ne pas se soumettre à l’exigence d’un éditeur

On peut également citer plusieurs autres artistes qui sont très célèbres, mais qui ne sont pas connus en tant qu’auteurs de mangas.

  • Nacho Fernandez et Alvaro Lopez, les créateurs de la série Dragon Fall
  • Fred Gallagher (créateur de Megatokyo ou Warmth)
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