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Coronavirus au Japon : Tokyo annonce 180 nouvelles contaminations

masque coronavirus

Le coronavirus poursuit sa propagation au Japon. Plus de 180 nouveaux cas de coronavirus ont été confirmés à Tokyo ce jeudi 9 avril, ce qui représente une augmentation quotidienne record.

Cette hausse a battu le précédent record de 144 cas enregistré hier. Le nombre total de cas dans la capitale s’élève désormais à plus de 1 500. Afin d’éviter une aggravation de la pandémie, le Japon a déclaré l’état d’urgence à Tokyo et dans six autres préfectures. Les habitants sont vivement encouragés à limiter leurs déplacements non essentiels tandis que certaines entreprises doivent fermer pour empêcher une nouvelle escalade de la pandémie.

Au fur et à mesure que le coronavirus se propage au Japon, les patients rétablis, leur famille et leurs collègues sont stigmatisés et font l’objet de traitements discriminatoires. Ce phénomène est un aspect récurrent dans la société nippone, et particulièrement quand les gens sont confrontés à de nouvelles menaces pour la santé, comme la lèpre et les effets des accidents nucléaires par exemple.

Un sexagénaire qui se trouvait à bord du Diamond Princess, bateau de croisière qui a été mis en quarantaine en février près de Tokyo, relate qu’il a entendu des rumeurs selon lesquelles il “propageait le virus en se promenant dans le quartier”, en rentrant chez lui dans la préfecture d’Osaka.

L’état d’urgence est déclaré

Le Premier ministre Shinzo Abe a déclaré l’état d’urgence au Japon, en réaction à la flambée de cas de contamination par le coronavirus. Cette déclaration est valable au minimum un mois.

Les principales villes telles que Tokyo et Osaka sont ciblées. Le décret d’urgence se fonde sur une version remaniée d’une loi promulguée en réaction à une pandémie de grippe précédente. Une telle déclaration est inédite au Japon.

Cette déclaration de l’état d’urgence, est la première du genre au Japon : elle réduit les droits individuels en autorisant les gouverneurs des préfectures à demander une action spécifique pour empêcher la propagation du virus. Ceux des préfectures couvertes par la proclamation ont la faculté de faire en sorte que les résidents ne sortent pas de chez eux sauf pour aller travailler ou acheter de la nourriture, comme en France. Les écoles, cinémas, grands magasins, entre autres, sont susceptibles de faire l’objet d’une ordonnance de fermeture ou d’une demande de fermeture.

Le gouvernement national peut utiliser des terrains ou des immeubles pour y construire des installations médicales d’urgence, et ce sans le consentement des propriétaires. Les pouvoirs lui permettent en outre de prendre des mesures coercitives allant jusqu’à l’expropriation de produits médicaux, de masques et autres équipements de ce type.

Dans la capitale, le nombre de cas de coronavirus a augmenté considérablement, puisque 143 nouveaux cas ont été enregistrés le 5 avril, ce qui constitue un record sur une seule journée. Yuriko Koike, gouverneure de Tokyo, et Hirofumi Yoshimura, gouverneur d’Osaka, ont tous les deux demandé au gouvernement de se prononcer sur un état d’urgence.

Le bilan continue de s’alourdir ce dimanche 5 avril

Plus de 4 000 personnes au Japon ont été testées positives au coronavirus pour le moment. Ce dimanche, plus de 130 nouvelles infections par des coronavirus ont été recensées, soit le taux d’augmentation le plus élevé jamais enregistré, selon les responsables du gouvernement métropolitain.

Ce bilan succède aux 118 cas signalés dans la capitale japonaise ce samedi, où l’augmentation quotidienne a dépassé pour la première fois la centaine. Moins de personnes sont apparues dans les rues des grandes villes du Japon dimanche en raison de la demande des autorités de rester chez soi. À Shinjuku, un quartier populaire de Tokyo, les principaux grands magasins et les boutiques de vêtements ont dû fermer leurs portes.

Au parc du château d’Osaka, situé dans l’ouest du Japon, quelque 3 000 cerisiers sont en pleine floraison. Habituellement, l’endroit est rempli de gens qui organisent des pique-niques pour apprécier les fleurs. Toutefois, cette année, il est vivement déconseillé de s’y rendre.

Depuis le 14 mars 2020, Shinzo Abe, Premier ministre du Japon, a la possibilité de déclarer l’état d’urgence à tout moment. Pourtant, la décision que beaucoup réclament n’a toujours pas été prise. L’état d’urgence est défini par le gouvernement comme « une situation dans laquelle la capacité de fournir des soins médicaux atteindra sa limite et où la vie et la santé des personnes seront mises en danger si des mesures ne sont pas prises ».

Carte du coronavirus au Japon, par préfecture

Graphiques de l’évolution du coronavirus au Japon

Pour la première fois depuis le début de l’épidémie, au moins 118 nouveaux cas de coronavirus ont été recensés à Tokyo ce samedi 4 avril, selon un responsable du gouvernement métropolitain. Le nombre de contaminations a fortement augmenté ces dernières heures et les habitants sont priés de rester chez eux tout le week-end. L’état d’urgence n’est toujours pas déclaré par Shinzo Abe, Premier ministre japonais. L’inquiétude grandit dans l’ensemble des préfectures nipponnes.

On apprend également que le Japon réfléchit à la possibilité de fournir le médicament antigrippal Avigan aux nations qui luttent contre le virus. « Une trentaine de pays ont soumis des demandes au Japon par voie diplomatique pour obtenir l’Avigan », selon le chef de cabinet Yoshihide Suga lors d’une conférence de presse. Ce médicament conçu par un groupe pharmaceutique de la société Fujifilm Holdings Corp. semble pouvoir traiter avec succès le COVID-19. Samedi dernier, le Premier ministre Shinzo Abe a annoncé que son gouvernement appuierait le développement de médicaments et de vaccins — dont l’Avigan — en vue de lutter contre le coronavirus.

Au cours des dernières heures, les critiques se sont multipliées à l’encontre de Shinzo Abe en raison de son intention de distribuer deux masques en tissu à chaque foyer japonais (environ 50 millions). Beaucoup contestent l’efficacité de l’initiative tandis que certains la ridiculisent en la qualifiant d’« Abenomask », qui veut dire « masque d’Abe » et qui est un jeu de mots sur la politique économique de l’Abenomics, sa marque de fabrique. Pour beaucoup, c’est un gaspillage d’argent des contribuables.

Abe s’est engagé à ce que 700 millions de masques soient disponibles chaque mois au Japon. Toutefois, nombreux sont ceux qui, dans cette industrie, ont pris leurs distances vis-à-vis de cette promesse : « Si chaque citoyen utilise un masque par jour, nous aurons besoin de 900 millions chaque semaine ». La population du Japon dépasse les 126 millions d’habitants.

300 000 yens vont être donnés aux petits ménages

Le Premier ministre Shinzo Abe et le Parti libéral démocrate (au pouvoir) se sont entendus vendredi pour que le gouvernement accorde 300 000 yens (2 560 €) en espèces aux ménages souffrant d’une baisse de leurs revenus en raison de la propagation du coronavirus. C’est à la suite d’une réunion avec Abe que le chef du LDP, Fumio Kishida, a révélé cet accord aux journalistes.

Selon les officiels, environ 10 millions des 58 millions de ménages japonais sont susceptibles d’être éligibles à ce plan d’aide financière. Il constitue un élément clé du budget d’urgence prévu par le gouvernement, dont la mise en place est prévue pour le mardi 7 avril. Les pouvoirs publics ne fixeront pas de limite de revenu pour le versement de l’argent, qui ne sera pas imposable. Abe a indiqué que le gouvernement fournirait de l’argent liquide « dès que possible » aux ménages, mais aussi à des petites et moyennes entreprises dont les recettes ont chuté.

Selon lui, le montant total alloué sera nettement plus élevé que les 56,8 billions de yens débloqués en avril 2009 à la suite de la crise financière mondiale de l’année précédente.

Les collectivités locales japonaises sont invitées à aider les personnes qui présentent de légers symptômes liés au coronavirus de récupérer à la maison ou à l’hôtel, selon le ministère de la santé. Cette mesure est destinée à économiser des lits d’hôpitaux au profit des cas plus sévères. On assiste depuis peu à une augmentation rapide du nombre de nouvelles contaminations, principalement à Tokyo. Selon le ministère de la Santé, les personnes les plus à risque de développer des symptômes sévères, comme les personnes âgées, les femmes enceintes et les personnes souffrant de problèmes médicaux latents, ne sont pas concernées.

Ce jeudi 2 avril, le nombre d’infections par le coronavirus dans le monde a dépassé le million, et plus de 51 000 décès ont été recensés. La pandémie ne cesse de progresser. Au total, 3 483 personnes ont été testées positives à la date du 2 avril 2020 au Japon.

Le nombre de cas commence à flamber

La ville de Wuhan, en Chine, a été le foyer d’une importante épidémie de COVID-19. Au début du mois de mars, les 80 000 cas de la Chine dépassaient de loin le reste du monde. Quelques milliers de cas en Corée du Sud ont suscité la crainte d’une augmentation rapide et importante. En revanche, les autres pays ne recensaient au maximum que quelques centaines de cas. Depuis, tout a évolué, et les principaux foyers se situent en Europe, désormais. En Espagne, la barre des 10 000 morts a été franchie. Mais le Japon connait, avec du retard certes, une flambée des cas de coronavirus.

L’augmentation est plus importante depuis la fin mars. Si le pays a mis 65 jours pour atteindre 1 000 cas confirmés, il n’en a fallu que 11 de plus pour en atteindre 2 000. Pour l’instant, le Japon compte moins de cas que de nombreux pays occidentaux, mais il convient de ne pas se réjouir. Six mois supplémentaires pourraient entraîner une épidémie majeure comparable à celle des États-Unis, de l’Italie, de l’Espagne ou de l’Allemagne. Les gouvernements locaux appellent les habitants à éviter les espaces mal ventilés, les espaces où il y a beaucoup de monde ou encore ceux où les gens sont entassés les uns contre les autres. Les initiatives en faveur d’une plus grande distance sociale sont susceptibles de réduire le risque de croissance spectaculaire des infections.

Jeudi 2 avril, au moins 97 nouvelles infections ont été confirmées à Tokyo par le coronavirus, soit la plus forte augmentation quotidienne à ce jour selon le gouvernement. La capitale vit une récente flambée du nombre de cas. Cette statistique fait suite aux 66 cas recensés mardi et 78 mercredi, et fait passer le nombre total de cas confirmés à Tokyo à 684. À travers tout le pays, 277 personnes ont été récemment déclarées positives pour le virus, établissant lui aussi un record en une journée. Des invitations au confinement ont été présentées. Elles concernent des zones proches de la capitale, telles que les préfectures de Kanagawa, Saitama et Chiba, ainsi que d’autres régions du Japon.

Le Japon a actuellement confirmé plus de 3 200 cas, dont environ 700 en provenance du Diamond Princess, un bateau de croisière qui a été mis en quarantaine plus tôt cette année près de Tokyo. Plus tôt dans la journée de jeudi, M. Abe a déclaré que les nouvelles infections à coronavirus au Japon n’avaient pas atteint un “seuil suffisant” pour déclencher l’état d’urgence…

Une fillette de moins d’un an dans un état grave

Le coronavirus continue de se répandre au Japon. Si les médecins ont réussi à la réanimer, la fillette de moins d’un an reste dans un état très grave. Elle est actuellement en soins intensifs à l’hôpital de l’Université de Yamanashi.

Mercredi 1 avril, une fillette de moins d’un an a été emmenée d’urgence à l’hôpital, après que son cœur ait cessé de battre. Il a ensuite été constaté qu’elle était infectée par le coronavirus, selon le gouvernement de la préfecture de Yamanashi. « Elle est dans un très mauvais état. Sa vie est sans doute en danger », a déclaré un responsable de l’hôpital.

Les 44 membres du personnel médical de l’hôpital, y compris les médecins qui ont soigné le bébé, doivent s’isoler pendant deux semaines. La contamination du bébé n’était pas soupçonnée au moment où elle a été amenée. Trop peu de mesures préventives ont été prises sur le moment.

Le gouvernement municipal de Fukuoka affirme que le bébé a manifesté des symptômes légers tandis que sa mère n’a aucun symptôme. Les deux femmes habitent dans le quartier de Minami, avec le père de la femme âgé d’une soixantaine d’années. Sa contamination par le coronavirus a été confirmée le 28 mars dernier. La préfecture voisine de Kumamoto a recensé deux personnes quinquagénaires et septuagénaires porteuses du COVID-19. Ces dernières vivent respectivement dans les quartiers Minami et Nishi de la ville de Kumamoto.

Le Premier ministre japonais a annoncé au début du mois d’avril que le Japon avait interdit l’entrée de 49 autres pays, dont les États-Unis, le Canada, toute la Chine, la Corée du Sud et sept pays d’Asie du Sud-Est. Cela porte à 73 le nombre total de pays dont l’entrée au Japon est interdite. Le gouvernement a durci les restrictions en matière de visas et exige une quarantaine de quinze jours aux visiteurs et aux rapatriés en provenance de pays que le Japon considère comme dangereux.

Shinzo Abe a rappelé les conclusions présentées par un groupe d’experts lors d’une réunion tenue au début du mois. Il a souligné que le nombre de nouveaux cas de coronavirus est en forte progression au Japon et que le système médical est de plus en plus sous pression.

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