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Mondialement, le sujet est très controversé. Nombreux sont les pays qui condamnent cette pratique, et a fortiori le Japon, essentiellement depuis que la nation a abandonné l’organisation de conservation des baleines(CBI), au début de l’année. Mais qu’en pensent réellement les Japonais ?

Dans les faits, puisque le Japon n’est plus membre de la CBI, il lui est impossible d’aller pêcher dans les eaux internationales. Ainsi, les spécimens de baleines qui seront traqués doivent impérativement se situer dans les eaux commerciales nippones.

Une relative faible curiosité

Au début de l’année, les Japonais n’étaient guère concernés par cette question d’ordre culturel et politique. La viande de baleine est en fait relativement rare au Japon, même si elle est consommée dans quelques cantines scolaires. Il faut remonter à l’occupation américaine, après la Seconde Guerre mondiale, pour en trouver les premières origines véritables. Les autorités américaines avaient en outre encouragé les Japonais à puiser dans la viande de baleine sur les marchés des produits alimentaires, car elle représentait alors une source de protéines bon marché. Pourtant, à l’heure actuelle, une grande majorité de la nouvelle génération ne l’a jamais consommée.

Le chiffre a, depuis, considérablement diminué. Il est estimé qu’en 1962, 233 000 tonnes de viande de baleine étaient ingurgitées. C’est bien loin des 3000 tonnes de 2016. Ces données ont été publiées par le gouvernement nippon, et repris par le très fiable New York Times. De ce fait, les Japonais n’ont guère été choqués d’apprendre que le régime allait se retirer de la CBI, et recommencer une chasse commerciale à la baleine. Il y avait même un certain enthousiasme de la part d’une catégorie sociale, qui considérait que cette viande était associée à un héritage culturel perdu depuis une trentaine d’années.

La réaction étrangère

Le Japon est sous les feux des projecteurs depuis l’année dernière, en raison des prochains JO qui arriveront en 2020 à Tokyo. Cette année, la Coupe du monde de rugby, phénomène moins important, mais tout de même notable, a également attiré l’œil d’une bonne partie de la planète. Ainsi, le Japon a eu droit à son lot de considérations négatives, en particulier en ce qui concerne la question de la pêche à la baleine. Le monde entier a condamné férocement ce virage, en évoquant notamment les règles en rigueur de protection des animaux.

Certains organismes, comme la Sea Shepherd Conservation Society, se sont lancés dans des manœuvres politiques afin de dénoncer le retour au Japon de la chasse à la baleine. Pour eux, le pays du soleil levant fait partie des « derniers pays pirate de la chasse à la baleine », ce qui constitue selon eux un « mépris arrogant du droit international de la conservation ». Le son de cloche est le même partout, France y compris. La principale inquiétude réside dans la peur de voir le nombre de spécimens traqués augmenter de façon vertigineuse. L’espèce étant fragile, les associations de protections des animaux s’indignent.

Pourtant, certains Japonais se sont progressivement insurgés des réactions étrangères, estimant qu’elles n’avaient pas lieu d’être. Depuis que le Japon a quitté la CBI, ce que le pays décide de mettre en place dans ses eaux nationales ne devrait regarder que lui. C’est en tout cas l’avis de plusieurs citoyens, qui se sont peu à peu emparés de la question, tout en la considérant de plus en plus comme étant une preuve d’impérialisme international. Certains y ont même décelé du racisme. C’est un argument qui revient sans cesse depuis 2001, tout en mentionnant également que la Norvège et l’Islande, deux autres pays chasseurs de baleines, sont beaucoup moins épargnées que le Japon.

En étudiant le problème, on se rend très vite compte qu’il est vrai que ces deux pays nordiques sont toujours partisans d’une certaine chasse commerciale à la baleine. Leurs activités n’ont jamais cessé, même si elles doivent se conformer aux règles en vigueur. Si le sujet a été abordé dans l’actualité pendant plusieurs mois de l’année, c’est en raison du revirement de politique nippon, qui a décidé de quitter la CBI. En général, très peu de Japonais sont de farouches partisans de la chasse à la baleine. Et depuis que le pays et mise en épingle par la presse internationale, certains habitants de l’archipel le considèrent comme étant une question culturelle et politique, et que défendre ce sujet épineux revient à soutenir le Japon contre des puissances étrangères.

La pêche à la baleine, une activité d’avenir ?

Pour le moment donc, une sorte d’animosité mutuelle est en cours. Si à l’annonce de la reprise de la chasse commerciale à la baleine, l’Australie s’est notamment positionnée comme « extrêmement déçue », personne n’est dupe : le Japon n’a jamais réellement arrêté de chasser la baleine. Le pays usait simplement d’une faille du moratoire mis en place en 1986, qui autorise à un seul titre la chasse à la baleine : à des fins scientifiques. L’opinion y reste attachée, puisque le Japon demeure le plus grand pays baleinier du monde. Un sondage de 2014 révèle que 60 % des Japonais soutiennent la chasse à la baleine. Cela concerne aussi bien les personnes qui n’ont jamais ingéré de chair de l’animal, à hauteur de 50 %.

Le journal Le Monde remémore qu’avant 1986, les Japonais en consommaient environ 2,3 kg par personne et par an. Aujourd’hui, la situation a bien changé, mais l’ensemble est devenu un enjeu diplomatique, où il ne faut pas plier devant la pression extérieure. C’est d’ailleurs l’objet d’une condamnation le 31 mars 2014, où la cour internationale de justice avait ordonné au Japon de cesser impérativement toute pêche de baleine dans l’océan Antarctique. Pour les représentants nippons, cela avait été perçu comme une atteinte culturelle.


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